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 Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]

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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 13 Fév - 10:56

L’enquête se poursuivait, même sans l’appui du Conseil du Village Puzzle, qui avait sans doute monnayé ou arrangé ses affaires en toute discrétion en prenant quelques précautions d’usage. Le tout en vendant sa population consciemment, ce qui enrageait le jeune voyageur. De l’Intendant, tué par une pièce kamikaze, il avait retenu un nom et un lieu : Kid Pumpkin, ancien bûcheron de la Forêt des Rêves. N’ayant que cet indice sous la main et des questions encore à poser, il se décida à retourner sur la zone du chantier du métro qui avait avancé, et bien avancé, loin après la partie forestière qu’il avait défendue autant qu’il pouvait. Revenir sur les lieux lui rappela des souvenirs émouvants, les petits habitants, les ouvriers, les problèmes sur le chantier, et à la fin, la rencontre avec celui qu’il estimait comme étant le Roi de la Forêt des Rêves, Mugen en personne. Ce dernier lui avait donné en remerciement la Graine qui lui permettait de comprendre sans savoir les plantes, leurs effets...l’intuition de l’herboriste inscrite dans son corps, dans son œil, un cadeau fabuleux pour un voyageur qui ne connaissait rien à la nature. Il revenait donc non pas en terrain conquis, mais en zone connue, reconnue et décryptée maintenant avec un œil tout à fait nouveau. Son t-shirt marqué "Bulbi Bulbi" semblait lui aussi dans son élément.


Il s’enfonça dans l’immense Forêt onirique, et se promena toute la nuit. Le silence épais de la forêt, les chants divers des créatures, le calme des ruisseaux, le ruissellement chantant des torrents embellissaient son esprit, qui fut chassé des zones noires des réflexions autour de la guerre. Encore une nuit douce et paisible, perdu au milieu de la végétation tranquille. C’était un bonheur que Joy trouvait maintenant tellement rare qu’il s’en abreuvait plutôt deux fois qu’une. Il fit des pauses aux cimes des arbres qu’il atteignait en volant. Il prit le temps de quelques siestes pour déguster des baies qu’il savait, d’instinct, sucrées, salées, du moins comestibles et non dangereuses. Il suivit des troupeaux d’immenses cerfs, biches, faons portant des ailes aux sabots, des troupeaux de sangliers change formes et caméléons, qui disparaissaient sur les feuillages pour mieux réapparaître au galop près de grands lacs secrets, cascades fabuleuses et cachées du reste du monde, où la Forêt vivante venait boire en totale cohésion. Il vit passer des animaux disparus, des êtres sereins malgré la présence d’un visiteur, et il sentit aussi, parfois, un regard passer sur lui, le surprendre, puis tout disparaissait. Il était seul. La verdure l’accueillait bien volontiers, et la nuit passa de cette manière, avec une certaine tendresse secouée par le vent, parfois, entre les cimes. Il se réveilla au moment où il prenait son envol avec des écureuils en partance pour la partie sud de la forêt, plus chaude et plus riche en nourritures, s’il avait bien saisi les gestes des animaux.


La nuit suivante, changement d’ambiance. Il arriva dans une ville de cabanes perchées entre les branches d’arbres gigantesques, millénaires au moins. De grandes habitations en bois, des ponts tenus par quelques cordes, des troncs sculptés en escaliers en colimaçon, des stands au bas des arbres, et des belvédères sublimes aux cimes de la ville. Les créatures venaient de partout, étaient de toutes les tailles et semblaient s’entendre parfaitement bien. Après une heure de visite, Joy comprit que la ville s’organisait en quartiers selon les arbres habités, leurs natures, ce qu’ils produisaient par eux-mêmes, des fruits, des baies, des plantes, des bourgeons qui pouvaient servir à tout, tout au long de l’année. Certains arbres étaient si gros que leurs branches avaient été recouvertes de terre, afin de permettre la culture de quelques champs faisant pousser des légumes. La ville, de cette manière, vivait en parfaite autarcie, et n’avait rien à quémander au reste du monde. Isolée et pourtant très énergique, bricoleuse, manuelle, inventive, cette ville forestière était un trésor au milieu de cette nature. Des tyroliennes, des ascenseurs, des systèmes de poulies, un circuit de téléphériques en bois permettaient d’aller absolument partout quelque soit la hauteur de l’endroit désiré. Tout simplement bien pensé et ingénieux. En prenant une chambre dans une cabane pour la nuit, Joy apprit que l’endroit s’appelait le Clos Framboise, le Clos car les druides de la Forêt se sont répartis partout en Clos, sorte d’endroits centralisant une immense zone de forêt vierge. Framboise, du nom du fruit qui poussait surtout dans la ville, et qui était devenu une spécialité. Chaque ville de la Forêt portait ainsi un fruit symbole, comme une mascotte. Pratique, se disait le voyageur en s’endormant dans un rocking chair surplombant toutes les cimes, et il se réveilla au bout de cette deuxième nuit.


La troisième nuit, il fit le tour de la ville en demandant aux gens s’ils connaissaient un dénommé Pumpkin. Après un détour par deux mauvaises adresses, il tomba sur un type qui le connaissait de l’école élémentaire arboricole, un vieux tisserand de fibres de bois qui s’appelait Cab. Le matheux se rendit dans sa fabrique et lui parla pendant quelques instants. Il prit des renseignements intéressants, notamment le lieu de naissance de Pumpkin. Ce dernier avait habité les premières années de sa vie au Clos de la Pêche Blanche, un endroit où les barrals, les arbres aux troncs blancs et aux feuilles rouges et vivez, étaient préservés. Il apprit également que le surnom de Kid Pumpkin venait d’une baie mangée un jour par le bonhomme. Petit, il avait fricoté dans une affaire d’empoisonnement par la sève, et les mafieux de l’époque l’ont obligé à tester un potiron grandi à la sève de fruits sauvages aux effets aléatoires. Le gamin en mangea la totalité, et arrêta de grandir à jamais, tout en grandissant mentalement bien sûr. Kid Pumpkin, la face d’ange et les yeux de démon, avait remué ensuite ciel et terre de toute la Forêt pour retrouver les mafieux, et il se vengea d’une manière si particulière que personne n’osait plus en parler. Il avait repris les affaires autour du trafic de bois clandestins, et s’était fait un nom dans les milieux les plus louches. L’enfant qui valait une forêt, disait son ami d’enfance.

Avant de partir, il apprit également quelque chose d’intéressant sur la Forêt des Rêves. Les habitants, sur les longues distances, avaient l’habitude de se déplacer selon une technique bien précise, appelée le Souffle. En réalité, pour Joy qui observa longuement le bonhomme lui montrer le déplacement, ça ressemblait aux déplacements de Tarzan dans le dessin animé Disney, mais il fallait avouer qu’on avançait nettement plus vite. Il vit à ce moment une troupe de soldats revenant vers la ville en se déplaçant de cette manière, et comprit qu’il lui faudrait apprendre cette technique pour approcher Pumpkin, comme le bonhomme le lui laissait entendre.

Après deux jours, il avait les premières notions. La glissade, l’arrêt net, la gestion des appuis. C’était au final un peu comme le surf, mais il fallait laisser glisser sa peau sur les troncs, faire confiance aux arbres, avoir tous les sens concentrés sur la vitesse d’exécution, et réagir en un quart de seconde pour modifier sa trajectoire. Il s’aida bien sûr de son pouvoir pour partir, et quitta le Clos Framboise avec de la nourriture en stock et deux bouteilles de liqueurs de framboise artisanales, qui lui donneraient sans doute bien du courage pour le voyage qu’il entreprenait. Les déplacements se firent presque sans encombres, mais il arriva d’un coup dans ce qu’on lui avait indiqué comme étant la partie difficile : le Clos des Prunes Darkweb, un petit coin de paradis d’obscurité due aux troncs noirs, aux feuilles blanches, où on se croyait dans une nuit imposante, uniquement éclairée par les rares feuilles luminescentes. Des voyageurs voulant vivre au calme en totale autonomie s’étaient installés depuis des années, selon les habitants du Clos Framboise. Et en effet, Joy arriva au milieu de la nuit devant un camp entouré de guirlandes végétales faites en feuilles luminescentes, et vit des voyageurs habillés n’importe comment lui envoyer des balles de feuilles pour l’observer, le scruter.




- Décline ton identité, le jeune !
- Joy Killamanjiro.
- Classement ?
- Attendez, ça a changé...euh 289 ligue M.
- Houla, non, ça va pas le faire. On est des pacifiques nous.
- Je suis juste de passage, je cherche un mafieux qui habite bien plus loin dans la Forêt. On m’a donné des victuailles aussi pour vous…
- De la part de ?
- Euh je ne sais pas, on m’a juste donné euh...deux bouteilles de liqueurs de framboise.
- Le Clos Fram, les gars ! On accepte ?
- Allez quoi, laissez-moi passer.
- Hum...bon approche...doucement…laisse une bouteille pour nous et va voir El Sam !




Le matheux s’avança et fut entouré par une douzaine de personnes. Des voyageurs uniquement. IL les observa, et il fut invité à entrer dans une ombre gigantesque. Un rideau s’ouvrit, et une forte lumière l’éblouit immédiatement. S’habituant petit à petit à la lumière, il vit une vingtaine de voyageurs, une quarantaine de créatures dans une immense tente très éclairée avec des feuilles tombant d’une énorme saule violet et lumineux. De petites tentes s’entassaient ça et là, devant des feux de camps, des tables installées comme pour un banquet, de grandes piscines, des panneaux de bois indiquant les toilettes, et des escaliers et des toboggans étaient sculptés dans l’arbre violet. Un spectacle incroyable. Une ville planquée dans le noir le plus total, au fin fond de la forêt.

Il fut amené devant un voyageur qui le toisa de haut en bas. D’après la description, Joy reconnu immédiatement le portrait dressé par sa mère d’un ancien de la ligue Special, Samuel, un ancien sniper réputé d’Armacity y’avait bien une dizaine d’années. Il avait dans une guerre décimé les rangs des officiers et avait terminé par le Roi, le tout en moins d’une minute, avec tir en rafales. Une balle, un mort, c’était à l’époque sa devise. Une légende, le Roi du Tir. Que faisait-il dans un endroit pareil ? En retraite sans doute...




Samuel:
 




- Joy Killamanjiro, tu as le visage de ta mère. J’espérais rencontrer le dernier né d’Andrew…
- On m’a parlé de vous, le Roi du Tir…
- Un temps bien lointain. Appelle-moi Sam maintenant, j’ai pris ma retraite des ligues, des combats et...des assassinats commandés.
- Compréhensible. Charmant coin, quoique lugubre.
- Le Clos de la Prune est parfait si on veut échapper volontairement à son passé. Si mes racines sont bien renseignées, tu cherches quelqu’un qui a effectué le même trajet que moi, encore plus loin dans la Forêt, n’est-ce pas ? Je te réponds de suite : je ne sors plus trop de la Yourte Noire, qui est un refuge pour tous les voyageurs voulant vivre au calme, loin des agitations mondaines, les retraités des ligues, comme moi, ou juste les malchanceux dont la phobie était ridicule...et qui ont besoin d’être protégés des voyageurs comme toi…
- Je ne vous ferai aucun mal.
- Tu ignores le mal que tu fais, comme moi à l’époque. C’est normal, la volonté de la jeunesse est enthousiasmante. Je l’ai dit à ton frère, Gabriel, quand il est venu en stage ici. A-t-il trouvé la réponse à la question qu’il se posait à l’époque ?
- Je ne sais pas, on ne se parle pas beaucoup de Dreamland…
- Je vois, je vois. Dommage. Alors, mes racines m’ont parlé d’un nom qui circule de nouveau. Le Kid des barrals, tu le cherches...comme d’autres ici. C’est une créature qui aurait pu régner sur ce Royaume, tu sais. S’il n’avait pas fait les mauvais choix…
- Vous le connaissez ?
- Je l’ai croisé une fois, lors de mon installation ici. La Yourte Noire fut le théâtre de notre affrontement. Je l’ai blessé d’une balle à l’épaule, et il n’est jamais revenu demander quoi que ce soit sur le terrain du Clos surnommé la Prune Darkweb. J’y ai installé des ordinateurs que j’essaie de brancher sur les végétaux...je suis ingénieux informatique et ici je tente des trucs, tu sais.
- Est-ce que vous pouvez m’apprendre à mieux me déplacer avec le Souffle ?
- Je le pourrais, mais pas cette nuit. Nous fêtons deux naissances, viens donc te joindre à la fête. Des racines que j’ai sur place, Pumpkin n’est pas encore rentré dans la Forêt des Rêves, tu as encore le temps. Viens donc manger avec la Yourte, tu verras, on sait accueillir ceux qui le méritent, et ceux qui le réclament.
- Hum...si vous avez des informations que je n’ai pas, alors je vous fais confiance.
- Voilà bien un enfant Killamanjiro ! Athénaïde et la confiance, que de souvenirs…




Le matheux s’installa sur un tapis qui donnait sur un énorme feu de camp au centre de la Yourte Noire. Le toit était percé pour laisser passer la fumée, bien sûr, et Joy vit de nombreuses entrées et systèmes d’aération perfectionnés pour que tout le monde puisse vivre sous cette énorme tente noire. On fit passer des plats raffinés, uniquement végétaux, issus de la Forêt et surtout du Clos de la Prune. De l’alcool coulait à flots, de la bière aux grumeaux de fruits confis, de la bière aux fruits rouges, des vins de table aux raisins multicolores, des énormes plats de couscous mijotés pendant des heures, rendant chaque légume explosif en bouche, des saveurs magiques envahissaient les papilles du voyageur. Il prit de l’eau et vit un ruisseau couler soudainement devant tous les convives : on avait dévié un ruisseau, et il venait directement pour que tous les mangeurs puissent plonger leurs verres dans le lit transparent de l’eau...tout simplement incroyable.



Puis vinrent le temps des jeux, des discussions, des chansons, des danses traditionnelles, des danses plus contemporaines, des improvisations théâtrales, des joutes et des récits incroyables. Samuel raconta une de ses aventures passées et tout le monde applaudit. Puis on demanda aux nouveaux venus – ils étaient trois en comptant Joy de montrer un talent particulier. Le premier, un voyageur ayant la phobie des pompes à essence, cracha du feu depuis son corps, de manière assez déroutante et impudique. Le second, un autre voyageur ayant la phobie des stylos bics, réalisa la Yourte Noire en maquette, uniquement avec des stylos bics, ce qui l’épuisa totalement et l’endormit dès la fin de la réalisation. Puis vint le tour de Joy. Il hésita à faire la bête de foire en montrant l’étendue de ses capacités mathématiques, puis finalement, décida de rentrer dans l’ambiance. Il demanda une guitare et gratta les cordes pour en vérifier l’accord. Il demanda à un jeune voyageur d’arrêter de taper sur des peaux de bêtes, et il activa son pouvoir. La musique était mathématique, et il en aurait besoin pour parvenir au bout de la chanson, dont les paroles lui avait été apprises par Maria et Scarlet. Il avait pensé pouvoir impressionner cette dernière en apprenant toute la chanson, mais il n’avait jamais osé se lancer devant elle. Cette fois, tout était en tête, et Peter rigolerait bien demain en entendant l’anecdote...Joy commença la chanson, et la magie de la Yourte Noire l’enveloppa dans un moment unique, transcendant, et Dreamland disparut pour mieux renaître dans sa voix à peine modifiée par les formules.

Au naturel.



Dernière édition par Joy Killamanjiro le Dim 19 Fév - 8:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Dim 19 Fév - 0:52

- Général Sphinx, puis-je m'exprimer en toute sincérité ?

Le masqué toisa le jeune homme en uniforme de météor qui lui faisait face. Harvey avait tout du subordonné exemplaire : respectueux et serviable, il suivait les ordres qu'on lui donnait sans rechigner et ne s'exprimait que lorsque des éclaircissements se faisaient nécessaires. Depuis que le Sphinx avait été promu général, il avait su trouver en lui le soutien dont il avait besoin au sein des météors pour se remettre de la solide gueule de bois que la trahison de Liam lui avait collée.

- Bien sûr, te fais pas prier.
- Eh bien, cela fait maintenant plusieurs jours que j'entends des rumeurs ?
- Ah oui, de quel ordre ? Et puis, plus important, provenant de qui ?
- Comme vous le savez, j'ai récemment été affecté à l'escouade du général Stors. Vu que je ne sers sous les rangs des météors que depuis quelques mois, je n'avais pas eu l'occasion d'avoir d'autres supérieurs et de côtoyer d'autres soldats que ceux qui servent sous vos ordres...
- Viens au fait, Harvey.
- Eh bien, les hommes de Stors disent que vous n'êtes plus vous-même depuis quelques temps. Ils disent...
-Oui ? l'encouragea le masqué.
- Je ne fais que rapporter leurs paroles, général. Ils disent que vous êtes fou...
-Et qu'en penses-tu, Harvey ? l'encouragea le masqué.
- Je ne vous ais pas connu durant la période où vous étiez simple soldat mais vous semblez parfois... absent. Comme si vous agissiez par nécessité plutôt que par réelle motivation... Mais vous êtes mon général et vous estimez autant la vie de vos hommes que la vôtre. Vous nous avez souvent sauvé la vie, ne serait-ce que lors de notre dernière mission à Elfila. Ma vie vous appartient déjà. (Il fit une pause.) Je tenais à vous le dire, déclara le jeune homme avec sa façon de parler bien à lui, un brin grandiloquente par moment.

Le Sphinx s'affala sur le tatami qui recouvrait le sol. Il se trouvait dans l'une des salles d'entraînement dont disposaient les météors et venait d'achever sa cinquantième série de mille pompes. Il tendit le bras afin d'attraper sa bouteille d'eau qui gisait sur le sol, terrassée elle-aussi par toute cette série d'exercices que le masqué s'infligeait lorsqu'il n'était pas en mission.

-Merci pour ta franchise. J'en déduis que je peux compter sur toi, Harvey ?

Il se leva et attrapa une serviette avec laquelle il entreprit d'essuyer la sueur qui inondait son corps. Dissimulé derrière son masque, ses yeux aux pupilles de couleur ambrée sondaient le visage du jeune soldat, à la recherche de la moindre trace de doute. Le jeune homme semblait déterminé et soucieux de lui plaire, ce qui était une bonne chose.

Le Sphinx se sentit soudainement las. Il n'avait que vingt-deux ans et se retrouvait général de l'une des armées les plus puissantes de Dreamland, avec toutes les intrigues et responsabilités que cela impliquait. Et il se trouvait obligé de manigancer afin de couvrir ses traces et de faire gagner quelques centimètres de liberté à la laisse qui lui entourait la gorge.

Les météors se moquaient des Voyageurs affiliés à un Seigneur, déclarant qu'ils étaient des esclaves à la solde de leurs maîtres. Mais, au final, les météors étaient eux-mêmes à la solde des Juges et le sort de ceux qui décidaient d'aller à l'encontre des ordres n'était pas enviable...

Le Sphinx repensa au sort de Liam et secoua la tête : il exagérait. Liam ne s'était pas contenté de désobéir des ordres mais avait carrément trahi la confiance des météors. Silva s'était juste contenté de faire ce que le masqué aurait dû avoir les couilles de faire et il n'avait aucun droit de lui en tenir gré.

Mais les sentiments étaient bien plus difficiles à contrôler que les gestes.

- Bien sûr que vous pouvez compter sur moi ! s'exclama le jeune homme, avec un grand sourire.

- J'ai un service à te demander.

Le masqué transforma ses cheveux et ses ongles en une nuée de phalènes qui se mirent à dessiner des mots dans l'air, afin de parler en toute discrétion avec Harvey. Il y avait pas mal de météors capable d'écouter les conversations à distance mais ceux capables du don de longue vue n'étaient pas présents dans les environs : les petits espions ailés du masqué s'en étaient assurés.

Ainsi, il expliqua au jeune météor qu'il comptait passer plusieurs nuits voire semaines dans la seconde zone afin de rendre service à un jeune Voyageur qu'il connaissait peu mais qu'il estimait. Il avait donc besoin que Harvey réserve l'une des salles d'entraînement de la base durant une semaine en faisant croire que le Sphinx lui avait demandé de l'aide pour entamer un entraînement draconien.

Il lui demanda également d'emprunter le stock de Tampons de Sauvegarde qu'ils avaient récupéré lors de l'une de leurs missions à Gameland. Ces artefacts de rang C permettaient au Voyageur qui les utilisait de mémoriser sa position à Dreamland afin que, d'une nuit à l'autre, il réapparaisse à l'endroit où il avait utilisé le tampon. Ces tampons étaient particulièrement utiles pour les missions d'envergure dans des royaumes particuliers tels que le Labyrinthe ou la Tour de l'Oracle et ils avaient donc été réquisitionnés à ces fins.

Mais le masqué projetait de les employer à des fins personnels. Officiellement, afin de ne pas perdre de temps dans des trajets inutiles et de passer 100% de son temps dans la salle d'entraînement que Harvey réserverait pour lui. Ainsi, personne n'y rentrerait et personne, hormis son subordonné fidèle, ne saurait que le masqué n'y avait plus mis les pieds depuis des semaines. Officieusement, afin de voyager pendant plusieurs semaines dans un dédale végétal.

- J'ai besoin que tu m'aides à m'entraîner afin de développer de nouvelles capacités. Cependant, un entraînement aussi draconien risquerait de te coûter la vie. Te sens-tu prêt à la risquer pour moi ?
- Puisque vous l'avez sauvée, ma vie à Dreamland vous appartient. Je serais votre partenaire d'entraînement.

* Et plus, si vous le permettez... *

Loin de connaître les pensées secrètes de son subordonné et les véritables raisons de son dévouement inconditionnel, le masqué laissa échapper un sourire satisfait.

♦♦♦

Le masqué pestait. Il avait préparé son expédition du mieux qu'il pouvait en réunissant la totalité des informations qu'avaient les météors sur la forêt des rêves. Résultat : quelques maigres croquis qui montraient, ci-et-là, l'emplacement de cités sylvestres appelées "Clos" et différenciées par le fruit les définissant. L'un d'eux, d'après les témoignages que constituaient quelques minces rapports de mission, constituait un grand danger pour la majorité des escouades de météors : le Clos des Prunes. Il y avait-là un rassemblement de Voyageurs et le dernier recruteur zélé qui s'y était rendu dans le but d'apporter du sang neuf aux rangs des rebelles oniriques... n'était jamais rentré pour faire son rapport.

Bref, le masqué savait où il n'allait pas mettre les pieds. Il comptait également éviter les zones peuplées et c'est la raison pour laquelle il était actuellement en train de pester contre les racines. Sa destination ? Le Clos Grenade, une ancienne cité sylvestre qui était désertée depuis qu'un gang de Voyageur Killers en avait fait leur QG après avoir expulsé les créatures qui y habitaient. Les rapports indiquaient que pas grand monde y vivait depuis que les VK étaient partis, le lieu étant considéré comme maudit.

Cependant, pour atteindre cette endroit sans passer par des zones habitées, il fallait traverser les Grands Bois : une zone dangereuse où se trouvaient de nombreuses espèces ravies de troquer leurs proies habituelles pour un Voyageur savoureux. L'endroit parfait pour un vétéran qui souhaitait passer incognito.

Durant sa première nuit au royaume végétal, il fut confronté à la première "réelle" épreuve qu'avait à lui offrir le labyrinthe sylvestre. Il était passé d'un sous-bois aux trop nombreuses racines à une espèce de zone bien plus ombragée, où les arbres ne laissaient passer que trop peu de lumières et où le gazouillis des oiseaux avait disparu, plongeant la zone dans un silence oppressant, où on entendait le faible grésillement de quelques insectes. Pour noircir encore plus le tableau, les pas du général produisait des craquements. Un rapide regard en coin au tapis végétal révéla la source de ces bruits : des ossements rendus fins du fait de leur ancienneté.

Plus il avançait et plus la taille des os croissait. Lorsqu'il dépassa un crâne qui évoquait celui d'une espèce de mammouth, le masqué se mit à suer à grosses gouttes. Il était loin d'être une fiotte mais l'ambiance n'était pas guillerette et le fait d'être seul, même avec un pouvoir envié par bien de Voyageurs, ne le rassurait pas des masses.

Il finit par apercevoir une espèce de serpent brunâtre filer à toute vitesse entre les arbres. Cela le rassura car les crochets de la plupart des serpents (et leur venin) se dissoudraient sans le moindre problème dans son sang. Puis, lorsque le serpent réapparut pour s'enrouler autour de son torse, il réalisa son erreur. Il ne s'agissait pas d'un quelconque reptile mais plutôt d'une épaisse liane brune, qu'il ne parvint pas à desserrer, même avec sa force herculéenne. La liane le traîna le long des arbres, jusqu'à l'amener près d'un arbre bien plus épais que les autres et dont le tronc était d'un rouge sanguin.

Le masqué l'ignorait mais il venait de faire connaissance avec le terrifiant Carnassier et sa meilleure amie, la Liane Etrangleuse. À présent, l'appendice à la force indicible le soulevait très haut dans les airs afin de lui faire atteindre le haut de l'arbre vorace et de lui donner une vue sur la centaine de dents en bois qui en composaient l'intérieur du tronc évidé. Lorsqu'il avalait des créatures, le Carnassier les réduisait en charpie puis les digérait pendant que la Liane se chargeait d'expulser les ossements afin de les disposer dans le sol, près des racines, dans le but de lui fournir davantage de nutriments.

En terme de force brute, le masqué ne pouvait pas lutter contre la monstruosité végétale qui avait dévoré bien plus que son poids en VK. Mais en terme d'astuce... Ayant décidé que la farce n'avait que trop durée, le masqué se décomposa en une nuée d'insectes et se dispersa dans l'air, laissant la douce brise qui soufflait dans le sous-bois l'emporter loin du danger. Il n'avait pas de temps et d'énergie à perdre pour pouvoir prétendre avoir triomphé du gardien de cette zone-là et se recomposa quelques centaines de mètres plus loin.

Il avait atteint une partie moins lugubre de la forêt, une partie bien plus lumineuse car les arbres se faisaient de plus en plus rare jusqu'à ce qu'il atteigne une espèce de clairière totalement déserte, que le soleil caressait de ses doux rayons. Totalement déserte ? Non, il y avait une espèce de gigantesque baobab en son centre et le masqué se dit que ce cadre idyllique serait idéal pour arrêter ses pas pour cette nuit-ci. Il utilisa donc l'un des Tampons de Sauvegarde sur sa main droite, et s'allongea dans l'herbe pour attendre son réveil.

♦♦♦

Apparaître pour sa deuxième nuit dans un cadre aussi enchanteur donne le sourire et de nouvelles forces au Sphinx. Après le climat oppressant qu'il venait de vivre la nuit précédente, c'était une vrai délivrance de marcher sur cette herbe fraiche. Il continua de se diriger vers l'Est, se rapprochant du baobab.

Et ce fut l'Armageddon.

En quelques dixièmes de seconde, l'arbre disparut. Les réflexes inhumains du masqué lui permirent tout juste de se jeter en arrière et de tomber en boule, bras croisés autour de la nuque, en position fœtal. Le souffle d'une formidable explosion balaya toute la zone, rasant l'herbe fraiche sans lui causer de dommages mais décomposant dans un nuage de particules tout ce qui dépassait les un mètre de hauteur.

Cette fois-ci, le Boomobab avait fait fort et c'était une rangée d'arbres de plus qui avaient disparu dans le néant, ne laissant que quelques souches que les insectes et l'herbe finiront par dévorer.

Le masqué n'avait pas eu le temps de se jeter entièrement au sol et ses jambes avaient fauchée. Résultat des courses, il était devenu cul-de-jatte et l'hémorragie lui avait fait perdre conscience au milieu de la flaque de sang que sa mésaventure avait causé et que l'herbe buvait, avide, comme une centaine de pailles vert pomme.

Et pour ne rien arranger, sa peau se décollait et glissait le long de sa peau tandis que ses yeux étaient entièrement blanc, rendus aveugles par l'explosion.

De sa bouche jaillit le cocon salvateur et son corps se reconstitua petit à petit, tandis qu'il reprenait ses esprit. Il lui fallait tout de même une bonne dizaine de secondes pour se souvenir qui il était, et où il était.

* Putain, c'est quoi cette bombe atomique végétale ? *

Un bref regard l'informa que l'arbre était lui aussi en train de se régénérer. En effet, ce n'était que la partie visible du Boomobab qui explosait, son système vital se trouvant sous terre, à l'abri sous des racines aussi dense et solides que le plus performant des blindages en plomb.

L'idée de tenter de passer par la voie des airs caressa l'esprit du Sphinx mais il eut une idée et il choisit d'y confier sa vie. Vu qu'il n'avait pas le temps de rejoindre l'autre côté de la clairière, il se mit à ramper en espérant que ça passerait. L'arbre gigantesque se mit à gonfler, gonfler, gonfler, jusqu'à finalement exploser de nouveau.

Cette fois-ci, le masqué s'y attendait et se cramponna au sol, en s'y pressant comme une victime d'un bombardement nucléaire. Il parvint à tenir, se mit debout et commença à courir. Une douleur intense le saisit alors qu'il réalisa que sa chair se collait à ses vêtements et qu'il suintait... du sang. Ignorant la douleur, il poursuivit son sprint jusqu'au moment où un regard jeté en arrière lui indiquait que l'arbre commençait à atteindre une taille bien trop respectable.

Il s'allongea de nouveau au sol, ignorant la douleur qui menaçait à tout moment de lui faire perdre connaissance. Il vomit du sang, tapissant l'herbe avec son fluide vital. Le souffle revint, puis plus rien. Il se redressa et se remit à courir, avec beaucoup moins de grâce qu'à l'accoutumée. Il avait l'impression d'avoir ingurgité deux bouteilles de Vodka cul-sec d'affilée. Il tomba au sol et perdit conscience, les cycles d'explosion se renouvelant au-dessus de sa tête.

L'herbe se pressa autour de son corps, avide de goûter sa chair et son sang. Seulement, toute l'herbe qui était touchée par son sang finissait par disparaître en volutes de fumée, victime de la puissante corrosion que produisait son hémolymphe.

Le temps s'écoula et le masqué reprit conscience, faillit se redresser et se rappela in extremis la situation. Il se pressa donc au sol, attendit, se releva, fit quelques pas, tituba, s'écroula, se releva une nouvelle fois, marcha de nouveau d'un pas lourd, remarqua qu'il s'était trompé de direction, se réorienta, vomit dans l'herbe, tituba encore, tomba...

La progression fut très ardue et il mit bien une heure de plus pour parcourir cent malheureux mètres. Il arriva de l'autre côté des arbres à bout de force, priant pour ne pas tomber sur une quelconque créature qui se contenterait d'achever ses restes. Puis, il se rappela qu'il arrivait que les explosions soit suffisamment fortes pour emporter davantage de rangées d'arbres et il poussa son corps à ses limites, trouvant la force de ramper davantage.

Faire l'effort de sortir le tampon de sa poche et de le plaquer contre sa main lui fit l'impression d'un acte hors du commun. Puis il vomit une nouvelle fois et finit par sombrer dans l'inconscience, le masque plein d'un mélange visqueux de sang et de matière orangeâtre.

Lorsque son réveil sonna, pour la première fois depuis longtemps, le masqué se sentit soulagé.

♦♦♦

Durant cette troisième nuit, le Sphinx avançait à une allure redoublée, désireux de rattraper le retard causé par l'épisode du Boomobab. Il subit quelques assauts de Voyageurs Killers isolés mais rien de bien sérieux, juste de quoi satisfaire ses pulsions meurtrières après avoir été souillé la nuit précédente par un arbre tout droit sorti de Kirikou et la sorcière.

Il y eut également un épisode avec des Crapoteux, des espèces de crapauds géants qui dégageaient des vapeurs toxiques mais la toxicité du Sphinx était bien plus élevé et il eut l'impression de vivre une véritable promenade de santé en comparaison avec ses récentes péripéties.

Il arriva rapidement au Clos Grenade, qui n'était peuplé que de quelques créatures et Voyageurs qui concluaient quelques transactions secrètes et certainement illégales à l'abri des regards, à l'intérieur des ruines des habitations abandonnées par leurs propriétaires plusieurs décennies auparavant. Le Sphinx s'en dénicha une qui était vide et s'y adossa, tandis qu'il envoyait ses phalènes patrouiller à plusieurs kilomètres à la ronde. L'objectif des insectes : trouver Joy.

♦♦♦

Cela faisait deux jours que le Sphinx s'entraînait en solitaire afin de s'occuper pendant que ses espions ailés ratissaient le secteur lorsque l'un d'eux trouva enfin le jeune contrôleur. Il prenait du bon temps à l'endroit que le masqué avait décidé d'éviter : le Clos des Prunes. Le Sphinx lui envoya tout un bataillon de phalènes qui avaient pour but de lui délivrer ce message, dans un ballet aérien qui composerait des mots :

- Bouge ton cul, mec, ça fait plusieurs jours que j't'attends. Je suis du côté du Clos Grenade, si tu sais pas où c'est les phalènes vont te guider. Et viens seul, on sait jamais...

Le Sphinx avait encore le goût acre de son propre vomi dans la gorge et, même s'il appréciait beaucoup Joy, l'histoire pour laquelle le jeune homme avait besoin de son aide avait intérêt à être intéressante.

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Dim 19 Fév - 11:54

All the leaves are brown (all the leaves are brown)
And the sky is grey (and the sky is grey)
I've been for a walk (I've been for a walk)
On a winter's day (on a winter's day)
I'd be safe and warm (I'd be safe and warm)
If I was in L.A. (if I was in L.A.)






Tout se passait super bien. Joy, tirant sur des calumets de la paix version forestière menait la belle vie, la vie tranquille, et prenait quelques soirées bien posées dans le Clos des Prunes. Il avait rejoint d’ailleurs la chorale du Clos, les cuisines pour les repas du matin qu’il finissait avant de se réveiller, les jardiniers et autres vignerons coulés droits dans la prune, les couturières et adeptes du maquillage forestier et respectueux de la nature environnante ; il était en train d’apprendre à coder en javasève, un script utilisé sur les ordinateurs du Clos qui, étant connectés, créaient des sites de méditatives transcendantales, conseillaient des régimes à base de racines, de plantes, de fruits et de hamburgers en matière végétale, donnaient des indices de confiance des événements en cours et refusaient la marche à la guerre du monde. Encore un peu et il aurait pu commander du boulgour en ligne et clamer dans un vlog suivi par quelques alteroniristes que la marche à la guerre était une hérésie se basant sur des théories capitalistes. Monde de meeeeerde ! C’est ce qui s’appelait une intégration réussie, et il lui arrivait de penser que s’il n’avait pas été ce voyageur grande gueule sans talonnettes et sans ce pouvoir qui lui permettait de réaliser de grandes choses, il aurait peut-être fini là, dans une société paisible vivant en autarcie. Samuel, le patron de la Yourte 0 % de matières grasses et bon pour le transit intestinal, avait créé un petit paradis pour ceux qui voulaient passer à la fois des nuits paisibles, mais qui vivaient au sein du Clos un modèle de société qui les faisait aussi rêver dans le monde réel. Après discussions, il y avait là des chefs d’entreprises, des femmes au foyer dépressives et débordées par leurs familles, des jeunes idéalistes à l’image du matheux, deux trois traders qui spéculaient en ligne sur l’affaissement des marchés du chocolat noir équitable – en raison du lien coloré avec le Royaume Obscur...Il y avait des artistes, des chômeurs, des ouvriers, des manutentionnaires, des caissières, des conducteurs de taxis, des institutrices, qui cohabitaient bien souvent à la fois avec leurs peurs aux applications douteuses (comme l’invocatrice de dentifrices), qu’ils apprenaient à développer dans des cours de « cohésion personnelle » comme disait Samuel ; à la fois avec les créatures issues de la Forêt des Rêves, et celles rencontrées au fil des voyages. Des exilés politiques, anciens soldats, fugueurs, fugueuses, amoureux impossibles et simples profiteurs, parfois. Tout ce monde formait une communauté dont la générosité ne sortait pas de la Yourte, protégée fermement par Samuel et les trois quatre voyageurs qui s’occupaient de la surveillance, pour que le rêve soit rendu possible chaque nuit.


Le voyageur des mathématiques dût se résoudre à partir, malgré tout. Les quelques jours passés sous la Yourte lui firent prendre conscience du bon temps à prendre dans Dreamland, et de tous les discours entendus, retenus, de la part de tous les camps, il savait maintenant quoi en penser. L’un n’empêcherait jamais l’autre, le monde des rêves était si vaste qu’il permettrait toujours, à jamais, l’implication totale et la détente parfaite, la force l’horreur la furie les morts et les folies du monde avec la douceur la beauté la générosité les rires et finalement les créations dans le respect des uns et des autres. Il suffirait, à chaque fois, de savoir quand lever le pied, où aller, à qui parler – l’exploration de ce monde devenait donc plus que jamais nécessaire, on pouvait même dire vitale ! Il partir avec des prunes lunaires, une variété exceptionnelle de prunes à la peau blanche, au jus noir, et au goût si intense qu’on ne pouvait en manger qu’une par nuit. Développée par les jardiniers et Samuel, elle apportait un revenu intéressant quand ils la vendait au Royaume des Gourmets, et ce revenu était toujours distribué entre les créatures, qui géraient l’intendance pratique au jour le jour, comme l’approvisionnement ou le matériel.





- Passe nous voir quand tu veux, Joy. Tu fais partie du Clos maintenant.
- Merci Samuel, c’est un coin de paradis que tu as là. J’espère qu’on se reverra pour que j’y passe plus de temps.
- Viens pour la fête du Soleil Noir, c’est dans deux mois, et tous les autres Clos viennent nous visiter, on échange nos produits locaux, et généralement on fait un énorme banquet d’une semaine, non-stop. J’ai tenu cinq jours la dernière fois.
- Ça me semble intéressant, je viendrai...sur ce, portez-vous tous comme du bois de charme.



Il reprit sa route pour atteindre son objectif. La Forêt des Rêves était tellement immense qu’il ne savait pas bien quand il atteindrait la raison de sa venue, quand il aurait à en découdre avec Kid Pumpkin, ni même s’il était encore dans la zone forestière. Il hésita à reprendre sa course en déplacements arboricoles, et décida de marcher dans le sous-bois, sur l’humus, surtout parce qu’on l’avait prévenu : après le Clos des Prunes arrive Banania Clos-Session, un espace tenu par les singes de la Forêt des Rêves, et du genre pas commodes du tout. Il faudrait éviter de passer par les hauteurs qu’ils habitent, et selon leur humeur du moment, et selon leur programme quinquennal des naissances, il ne fallait surtout pas les déranger pendant les séances de procréations multiples. Les termes invitaient à imaginer beaucoup de choses, ce que refusa de faire le jeune voyageur. Il passa une nuit supplémentaire et se réveilla. Il demanda des précisions à sa mère sur la Forêt des Rêves, et d’un coup de sommeil forcé elle vérifia ses informations concernant les singes de la Forêt des Rêves. Rien de particulier les concernait en ce moment, et Joy eut donc le feu vert pour avancer la nuit suivante avec une confiance plus sereine, plus active, ce qui le fit tracer.


Il s’arrêta à un moment devant un verger disposé, contrairement à la forêt, de manière rigoureuse et précise, avec des fruits multicolores. Sans doute un champ de cultures précises, il savait qu’il y en avait dans le coin. Les fruits l’attiraient, ils ressemblaient à de gros fruits du démon, et il n’y avait personne à l’horizon, aucun bruit précis sinon celui des animaux divers, des lutins et de quelques arbres arthritiques qui gémissaient de douleur. Il croqua dans un fruit juteux et vit une paire d’ailes lui pousser aux talons, il se mit à s’envoler à travers les branchages et se retrouva dans le ciel. Il comprit assez rapidement pourquoi on ne volait pas beaucoup à la Forêt des Rêves. Des grands rapaces, vivant sans doute sur les cimes, tournaient dans le ciel, et foncèrent sur lui dès qu’ils le virent. Il utilisa son pouvoir pour changer sa direction, et un ballet aérien se forma entre lui et les rapaces, qui accélérèrent drastiquement, jusqu’à mettre le voyageur en difficulté, même s’il riait de les esquiver avec des formules toujours placées avec une longueur d’avance. Puis, les ailes disparurent, et il se mit à léviter tranquillement.


Pour un temps seulement, car une pluie de cailloux vint assaillir les oiseaux, et un gorille de taille moyenne, le torse tatoué de deux mains blanches, humaines, apparut dans le ciel et croqua un oiseau qui mourut sur le coup. Les autres oiseaux de proie, les vautours notamment, le poursuivirent en gueulant, et Joy suivit leur exemple. Il arriva dans une cabane en bois devant laquelle le gorille se battait avec un vautour et après un crochet du droit qui fit tomber le prédateur, les autres s’envolèrent sans demander leur reste. Le gorille commença à déplumer l’oiseau et à préparer une broche qu’il enfonça d’un coup de connaisseur dans le…





- Bah reste pas là, le jeune, va me chercher la sauce soja.
- What.
- Kesse tu comprends pas ?
- Vous allez vraiment bouffer ça ?
- J’suis allergique aux bananes, du coup j’suis un viandeux. C’est choquant ?
- Non non, et pas de...viande pour moi, merci.
- Tu t’appelles ?
- Joy. Joy Killamanjiro.
- Ok Joyjoy Killamanjiro, moi c’est Jude.
- Juste Joy.
- Juste ou Joy ?
- Ah non, je ne ferai pas ce sketch maintenant avec toi !




Le matheux contempla la baraque au sommet d’un arbre immense. En penchant la tête vers le bas, il pouvait voir toute une ville en contrebas, dans le milieu de l’arbre, à au moins un ou deux kilomètres du sol. Il était sans nul doute arrivé au Clos des Bananes, Banania Clos-Session comme l’avait appelé Samuel. Les singes, de tous les genres, étaient en effet plutôt calmes, à ce qu’il pouvait en juger à cette distance. Il remarqua que le Clos portait assez bien son nom, car si aucune banane ne semblait pousser dans les environs, d’énormes caisses, à côté de chaque maison, contenaient des montagnes de bananes. Les clichés avaient la vie dure, mais après tout, on était dans Dreamland, non ? Joy s’installa dans un hamac comme s’il était un peu chez lui, tandis que son hôte, Jude, faisait cuire le vautour qui prenait des muscles au fur et à mesure de la cuisson.





- Ces vautours vont à la salle céleste de musculation, pour rester toujours en l’air, et aussi pour choper nos bébés. Du coup on est quelques uns à leur rendre la pareille, tu vois.
- Pourquoi tu m’as aidé ?
- Je ne t’ai pas aidé, je chassais. Je pensais te bouffer d’abord, j’ai cru que t’étais un des leurs, mais super gros. Bon, tant pis hein ! Tu viens d’où ?
- Mathematica, et après ça, un peu partout.
- Tu es classé ?
- Ouais, pas trop mal.
- Ça c’est trop cool. J’aimerais être un voyageur juste pour être classé. J’ai déjà voulu intégrer les Meteors, j’adore les grades et les uniformes, mais il paraît que je correspondais pas « au profil ». Tu trouves pas que c’est du délit de faciès ?
- Tu dis ça parce que tu es….euh…
- Une créature ! Parfaitement !
- Ah oui...oui en effet...c’est véritablement un scandale oui...ahem…
- HEY JUDEEEE !
- Oh, salut, Sarah !




Une jeune orang-outang arriva sans prévenir et prit une cuisse énorme du vautour, l’enfourna dans sa gueule et croqua dans les os en se passant la langue dessus. Elle déposa dans la foulée un baiser sur la joue du jeune gorille, qui tressaillit. Elle salua Joy se présenta d'une patte énergique avant de s’installer ensuite comme si elle était chez elle, dans un transat, et elle se mit à lire des magasines de mode liés au Dreamag, avant d’aller prendre une douce et de ressortir avec des affaires nouvelles...ah en fait elle était réellement chez elle ! Elle finit par toiser Joy dans le hamac et se tourna vers Jude qui haussa les épaules en réponse. Elle prit un siège et monta sur le toit de la cabane, lunettes de soleil adaptées à son nez plutôt plat, et laissa les deux gourmets seuls ou presque. Jude jetait des regards en coin, et le matheux comprit qu’il y avait là une friendzone qui n’osait pas dire son nom ! Il sourit et essaya de dresser des plans pour aider le jeune gorille, qui paraissait d’un coup désemparé.




- Sinon, tu fais quoi quand tu veux te détendre ici ?
- Bah...on a un groupe de funk new age avec des potes chimpanzés. On débute mais c’est assez cool. D’ailleurs on doit jouer ce soir un nouveau morceau que Sarah a écrit pour moi. Mais…
- Elle écrit pour toi ?
- Toutes les chansons d’amour et puis celle qui parle de moi comme…
- D’ailleurs ton père a interdit le concert de ce soir, il t’a cramé, Jude.
- T’es sûre de ça Sarah ? Bon on va passer par les troncs des ouistitis…
- Oh non...j’aime pas ces tarés…
- Ouais…
- Pourquoi ton père interdit tes concerts ? C’est plutôt cool de faire de la musique…



Sarah pouffa de rire et descendit près du hamac de Joy. C’était étrange de voir une jeune femme orang-outang humanoïde d’aussi près, et les similitudes de visage avec une jeune humaine étaient réellement troublantes, surtout dans le regard, qui semblait toujours plus profond que ceux des autres animaux, chez les singes. Un peu de malaise, bien vite chassé par la curiosité maladive de Joy. Sarah ouvrit un sourire digne des plus grandes bananes de sa ville (fallait que je la fasse) et montra Jude du doigt.



- Jude est le premier fils de la tribu du Roi du Clos, banane !
- Sérieux ?
- C’est bon Sarah, t’es pas obligée de le dire, il le savait pas encore et c’était cool comme ça !
- Ouais, Jude est le prochain Roi du Clos ! Son père le fout donc isolé pour éviter que les jeunes du Clos le détournent de sa vraie mission. Et je suis la seule qui peut aller le voir parce que ma tante est la doyenne du Clos ! Bon, du coup on passe par les ouistitis, et tu laisses le singe en bois dans le hamac ! Magne-toi, je veux écouter ma chanson !




Joy se leva, tout sourire à l’idée de faire le mur chez des singes mélomanes, et il suivit les préparatifs de fugue des deux créatures. Ils installèrent des singes en bois, assez grossiers il fallait bien le dire, dans des hamacs et laissèrent tout ouvert, même le feu de bois de Jude pour faire croire à une fin de repas. Ils sortirent du côté forêt et non village, et disparurent l’un après l’autre dans un épais feuillage, juste à côté de la cabane, étonnant pour une cime. Une fois traversé, Joy vit en fait une cachette secrète arrangée dans les arbres, avec des paillasses et quelques affaires. Il comprit qu’il y avait là un nid d’amour caché...du moins discret. Qui ne camouflait pas vraiment l’amour, mais plutôt les plaisirs annexes, qui souvent n’avaient pas besoin de sentiments pour être assouvis – ou presque, à en juger par le comportement friendzone au possible des deux singes. Ils passèrent quelques minutes en déplacements arboricoles, et la technique de Joy un peu améliorée surprit assez bien Sarah, ce qui rendit le matheux assez fier de ses progrès. Ils arrivèrent en bordure d’une cabane fortifiée avec plein de panneaux interdits, et croisèrent des ouistitis avec des cheveux longs en train de roupiller, fumer un narguilé aux senteurs vraiment illégales, avec des guitares, des têtes de morts,  et des tatouages tribaux. Complètement déchirés, quand ils passèrent l’un des ouistitis se mit à bondir partout en regardant partout, les yeux injectés de sang, gueula et réveilla toute la tribu qui se mit à gueuler en chanteurs de métal. Ils finirent par se frapper mutuellement les uns les autres, les uns avec les autres, et à tous se rendormir et à fumer le narguilé, dans la seconde. Drôle de spectacle.


Finalement, Joy suivit les deux singes jusqu’à une clairière qu’il fallait sans doute connaître, après la cascade, passage dans un tunnel, un autre tunnel qui était creusé artificiellement sans doute, des virages, un enfoncement dans un forêt de ronces, et enfin une clairière aménagée où tous les jeunes singes du Clos se retrouvaient sans doute, et avaient installé un comptoir, des chaises, des tables, des divans avec des feuilles, et une estrade. Il y avait de toutes les races espèces quelque chose truc de singes, tous jeunes, à se balancer dans des hamacs, dormir sur les branches, jouer aux cartes, un billard végétal et un babyfoot sculpté dans un tronc, avec de petits êtres en bois animés faisant office de joueurs, qui avaient leurs vestiaires, leurs bars, leurs terrains d’entraînement dans toute la clairière, et qui étaient sculptés pour entrer dans les lignes du babyfoot quand un match se déclarait à n’importe quel moment. Joy était émerveillé, et Jude lui apporta une bière à la banane, sorte d’énorme pichet en bois qui contenait la boisson houblonnée aux accents puissants et savoureux de bananes. Il la but d’un trait et alla commander une autre tournée, le temps que le concert démarre.



Il débuta par une première partie étrange avec des singes hurleurs et des ouistitis métalleux, dans une sorte de rock garage métal trash hardcore expérimental qui vrilla les oreilles de tout le monde. Le groupe sortit de scènes après qu’une bassiste babouin se soit mangée une table sur le coin de la gueule. Il fut suivi par des chimpanzés jazzmen franchement cools pour les oreilles du matheux qui était un bon amateur de cette musique. Un énorme gorille prit la trompette et fit pleurer les mélomanes de l’assemblée, aussi jeunes étaient-ils. Un groupe d’orangs-outangs fit de la musique classique, un quator à cordes qui finit la prestation par une engueulade magistrale et ils s’écharpèrent avec leurs instruments, qu’ils finirent par se mettre littéralement sur la gueule. Après nettoyage de la scène et évacuation des blessés, Jude entra avec son groupe de gorilles, et lança une chanson que tout le monde semblait connaître. En effet, le voyageur comprit qu’il y avait une tradition, tous les gorilles s’assirent d’un coup quand la chanson prit son envol dans la clairière, chacun se tenait par l’épaule et allait de droite à gauche, de gauche à droite, en chantant avec Jude. Sarah, à côté de Joy, chantait les larmes aux yeux, ne quittant pas l’héritier du Clos des yeux. Le moment fut magique, des larmes coulèrent des joues de Joy, qui n’avait encore jamais ressenti une telle osmose, une telle cohésion, une telle poésie encore chez autant de créatures rassemblées. Il ferma les yeux et fuma sur le calumet de banane de Sarah, qui était en partance pour un monde coloré et complètement déchiré…








- Sarah, nous sommes dans un ciel de diamant…
- Stella, nous sommes à Stella. C’est le nom de la clairière. Tes yeux sont oranges et en feu, Joy, c’est drôle. Tu es beau. Je ne sais pas comment tu es les autres soirs, mais tu es beau. Tes cheveux sont des plaines de lacs calmes...


*
*
*




Paysage changeant, petit à petit. Les feuillages faisant une haie d'honneur au voyageur couvrent toute la vue, forment un toit de verdures multicolores. La nuit pointe le bout de son nez noir, et, des fenêtres de bois, de timides rayons lumineux frappent en multitudes de piques jaunes les yeux des passagers. Stella, la clairière des étoiles sonores. La forêt se transforme en ciel étoilé, au plus près des doigts des singes qui se perdent, la tête levée vers ce ciel de feuilles, en contemplation savoureuse. Impossible, désormais, de deviner la moindre pensée des rêveurs en voyage. Les deux jeunes se perdent aussi en errance orgasmique parmi les sons qui s'élèvent, les notes que fredonnent le spectacle du monde. Plus de forêt, plus de mission, plus personne sinon soi-même, en tête à tête avec l'instant unique, éternel, où la note touche tout le corps, le heurte de la plus belle manière, jusqu'à faire couler des larmes noires qui vont s'échouer sur une feuille. La Beauté est là, tout près, elle arrive à pas de menthe noire, exquise et extatique, elle murmure des secrets séculaires à qui voudra bien les croire, dans une fantaisie musicale qui renverse tous les océans dans une apothéose de sérénité. L'orchestre du monde joue à jamais pour les yeux curieux levés vers les astres.
D'un regard apaisé, complètement vide de toutes préoccupations, Joy indique à son âme en voyage, et les yeux verts infinis de Sarah, qu'ils sont en vue du prochain rêve fabuleux.
Stella.
Et le silence se fait.






La Voie Lactée apparaît sur la scène en robe blanche. Danseuse de la nuit, elle fait frétiller les scintillements qui parsèment son vêtement. Ces cyclopes de la nuit tournent sur eux-mêmes, disparaissent et renaissent entre les plis des paupières, s'empourprent et prennent les couleurs de tous les rêves, tous les espoirs et autres Lunes. Ils s'enflamment de rouge et d'or, retombent et s'élèvent sans cesse, comme les vies humaines qui naissent et qui meurent. Incandescentes et éternelles, suivant le rythme des mélodies divines. La Robe est un mot d'amour, une vérité insaisissable, celle que tout le monde cherche, traque en étoile errante. Elle s'abandonne quelquefois dans des plumes miséreuses, inspirées, en marche vers la route des siècles. La bougie qui éclaire les tâches d'encre nocturnes luit d'une lueur blafarde face au temps, au peuple qui passe en bas de la rue, au carrosse qui mugit de sa vivacité boisée en hennissements de révoltes sous le coup de fouet faisant marcher les jambes des peuples en attente d'illusions. Un instant parmi la grande valse de la Robe, un seul instant où il semblerait que le poète la possède dans toute son intégralité. Il la sent gémir dans sa main – gémir d'un bonheur d'être enfin retrouvée par une encre. Il la ressent jusque dans sa chair, les larmes lui monte aux yeux, une joie indicible l'envahit. Qui sinon elle pour comprendre ce qu'il vient de rêver, lui le voyageur ? Qui d'autres sinon cette Robe qui se balance en mélodies surréalistes, jouissives dans les sommeils souriants ? Et, dans un soupçon d'aiguilles métronomiques amnésiques, il la perd, il la laisse aller...elle s'évade du creux de sa main tâchée par les ténèbres liquides, elle s'enfuit comme l'eau dans l'air, comme une flamme gamine, un grain de sable poussé par le vent fou qui l'emporte dans les océans célestes aux marées migratoires. De l'eau de vie alcoolisée tombe lentement des joues et de la bouche du voyageur bredouille ; il repart vers son trésor, rencontrant dans ses fugues, une nouvelle fois, des vérités tentatrices ou des amours d'une vie. Un tableau impressionniste s'installe petit à petit pour la retrouver complètement dans une peinture nacrée de la Robe. Quels pleurs donner, ô voyageur, quand dans chaque pointe de pinceau elle est là, malicieuse, cachée dans la couleur ?
Dans un empire de sons, la Robe continue sa transe en danse sur les âmes de sa gamme.



*
*
*




- Joy, es-tu là ?
- Je crois Sarah. Je n'en suis pas sûr. J'étais ici il y a quelques instants, mais maintenant, je ne peux plus rien dire sur ce sujet. Je crois que je suis là, je le crois vraiment, mais ce n'est plus une certitude. Je suis devenu cette feuille, ce rayon de soleil. Je suis devenu le vent et le son qui sort de ce corps étranger qui me semble familier.
- A quoi penses-tu ?
- Que l'enfoiré qui nous a sorti cette connerie du cogito nous a tous enflés pour des siècles. Et toi, à quoi penses-tu ?
- Que Louise Brooks n'était pas humaine. Elle est venue sur Terre pour nous apprendre l'élégance du regard.
- Lili-Anna ?
- Oui ?
- Je suis en train de rêver n’est-ce pas ? J’étais là avec Sarah et je suis parti, ailleurs dans ce monde. Car il y a un autre monde, le monde des rêves et Eluard avait raison, et c’est celui-ci.
- Tu délires Joy, oui. Je suis encore à Babel, la capitale de Wordsmen, mais même si c’est un délire, il t’appartient. Ca ne veut pas dire que ce n’est pas réel.
- Harry Potter 7, Gare de King’S Cross après le duel contre Voldemort. Tu l’as enfin lu…
- Oui, et je dois avouer qu’elle n’écrit pas si mal.
- C’est une voyageuse, tu pourrais la croiser dans le Royaume Sorcier.
- Mouais, je préfère venir te voir. Maintenant pars, ton invitée s’impatiente…





Le voyageur se releva dans la clairière, tout le monde dormait et Sarah, à côté, roucoulait dans son sommeil, à ses côtés Jude dont la main s’abaissait vers la cambrure de la jeune femme orang-outang. En entendant les gloussements, Joy se tourna, s’endormit jusqu’à se réveiller.


La nuit suivante, il était à la sortie du Clos Banania Clos-Session, et des phalènes vinrent droit sur lui, comme pressées...ou en colère ? Le ton du Sphinx qui sortait des phalènes était plutôt pressé, et manifestement moyennement content de la situation qu’il trouvait sur place. Était-ce possible que leurs chemins soient différents ? Le matheux leva un sourcil étonné, et se décida de tracer comme un dément pour ne pas faire attendre son contact. Il avait rencontré le voyageur à Celestia, la première nuit, et le courant était bien passé, jusqu’à ce que le bar soit détruit par un combat de voyageurs, qui finit en guerre totale. Il plaça sa formule de gravitation et augmenta sa vitesse autant faire se pouvait et alla droit vers le Clos Grenade. Il lui faudrait travers le Clos des Poires Trolls mais il n’allait pas s’y arrêter.


Une fois arrivé sur place, il soupira. Il était déjà tendu de courbatures pour cette nuit, fatigué... Il alla directement chercher le voyageur, Sphinx de son prénom, ou de son surnom, il ne savait pas bien. Il remarqua juste que les habitants faisaient des affaires pas super légales dans le Clos, et que les habitations étaient parfois de vraies grenades vidées pour accueillir les passants, les visiteurs, quelques familles en détresse, et les commerces. Il trouva le voyageur qu’il salua d’un air désolé.




- J’ai cru que j’allais jamais te retrouver. L’affaire est assez simple, on doit trouver un dénommé Kid Pumpkin, un mec qui a grandi dans la Forêt, et qui se fait appeler « l’enfant qui valait une forêt ». Il paraît qu’il est bien balèze Il a arrêté de grandir suite à une affaire louche avec des mafieux, qu’il a tué avec cruauté, et en ce moment il mouille dans le trafic de bois clandestins. Je viens du Village Puzzle, des pièces se sont faites kidnappées en totale impunité, le Conseil du village est mouillé jusqu’au cou, et son nom est sorti. J’ai promis aux pièces de rétablir la vérité et de ramener les disparus alors je…



Des cris survinrent d’un coup. En tendant l’oreille vers l’extérieur, Joy entendit que le Clos des Poires Trolls était en feu. Des secours étaient envoyés sur le champ, et l’incendie, enfin était criminel et on avait signalé la présence de Pumpkin. Oui, il entendait beaucoup de choses très rapidement, mais encore un peu plus de mots, et Sphinx allait avoir du mal à retrouver ses phalènes en bon état.




- Autre chose, Sphinx. J’ai croisé un ancien de la Special avant de venir ici. Pumpkin rivalisait pendant un temps de leur combat avec lui. C’est pas un amateur, ni un faible. Tu penses bien que je t’ai pas fait venir pour sucrer les fraises hein...


Dernière édition par Joy Killamanjiro le Lun 27 Fév - 15:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Jeu 23 Fév - 17:37

Faudra expliquer au narrateur comment des phalènes, en dessinant des mots par groupes de cinq-six formant chacun une lettre, parvenaient à représenter le ton de celui qui les avait employés. Mais revenons à un passé assez proche…

Le Sphinx attendait Joy, un œil posé sur le ballet aérien que formaient quelques phalènes qu’il avait transmuté juste pour le plaisir des yeux. Il faisait des pompes, divers étirements et également des gainages afin de se maintenir en forme. Deux phalènes attendaient non loin de l’entrée, à l’extérieur, destinés à servir d’éclaireurs au masqué. L’idée était de surveiller les éventuels visiteurs indésirables mais, surtout, d’avoir le temps de voir venir Joy pour éviter de recevoir le jeune adolescent en étant torse nu. Le masqué savait qu’à cet âge les hormones les travaillaient et il n’avait pas envie d’avoir un admirateur de plus : Harvey était déjà bien assez dérangeant comme ça !

Pendant ce temps, deux hommes approchaient à grand pas de l’abri choisi par le masqué, ignorant les phalènes qui s’envolèrent à leur approche pour se réfugier dans les frondaisons des arbres environnant. L’un d’eux était grand, très grand, et son complet gris semblait sur le point de craquer à tout moment. Portant des lunettes de soleil, le cou aussi épais que celui d’un taureau et un nez épaté qui semblait avoir abusé des protéines, il se contenta de jeter un coup d’œil froid au torse dénudé du morpheur, avant de faire bander imperceptiblement ses propres muscles. On se serait cru dans une publicité pour les tisserandes d’Elfila.

Bras croisés, le Voyageur masqué les attendait. Il n’avait pas eu le temps de se rhabiller, ni l’envie : ses visiteurs n’avaient pas l’air d’avoir été ados ou enfants un jour. Il se demanda ce que pouvait penser les arrivants puisque mon masque avait décidé de nouveau de lui jouer un mauvais tour : il avait pris la forme du masque à gaz du personnage pyromane de la franchise Team Forteress 2, auquel le masqué avait suffisamment joué dans sa jeunesse pour reconnaître la tentative d’humour sarcastique de son artefact.

Pour ceux qui se demandaient comment le Sphinx pouvait savoir la gueule qu’il avait sans miroir, disons que voir à travers ses propres phalènes avait de nombreuses propriétés comme celle de partager sa vision en de nombreux petits écrans. Un peu comme lorsque vous jouiez à plusieurs à Mario Kart, sur le même écran. Sauf que dans le cas du Sphinx, il lui faut surveiller tous les écrans qui l’intéressent en même temps, ce qui rend cette capacité plutôt difficile à gérer en combat.

- Tu es en avance, John. Notre rencontre était prévue pour demain, mais nos indics disent que tu poireautes ici depuis plusieurs jours. De plus, tu devrais arrêter de porter un déguisement à chacune de nos rencontres… Quand comprendras-tu que le Clos Grenade préserve l’anonymat de ses habitants ?

Le plus petit des deux s’était exprimé avec une assurance non feinte. Sa main droite portait nonchalamment une valise. De l’argent ? De la drogue ? Le regard du masqué fut attiré par un tatouage qui se trouvant sur la main de son vis-à-vis. Enfin non, ce n’était pas un tatouage mais plus une grossière marque au fer rouge qui représentait (de manière maladroite) un potiron. Ou serait-ce une citrouille ?

- Toujours aussi peu loquace, hein ? Enfin, je me doute que l’on ne rentre pas dans les bonnes grâces de Golde Lion en ouvrant sa gueule à tout va. Nous avons ce que tu nous as demandé, de la liqueur de puzzle encore fraiche que le marché noir de Kazinopolis va s’arracher. Plus un supplément d’écorce de Carnassier, je sais que Golde adore faire des dos de carte avec. Ce qui nous fait… Voyons, j’ai jamais été doué en calcul mental… Tu peux nous aider, Gol ?

Le Sphinx tiqua de manière imperceptible à la mention de Golde Lion. Dieu qu’il haïssait ce fils de pute ! Depuis l’accident de voiture qui avait tué ses parents, il avait cessé d’être obsédé par l’idée de se venger de son seigneur cauchemar et de la Famiglia mais il haïssait toujours autant l’un et l’autre. S’il pouvait ne plus entendre parler d’eux, il ne s’en porterait que mieux !

Le colosse au smoking trop court pour lui se contenta de froncer davantage les sourcils, sans rien dire. Son attention toute entière était happée par le Sphinx et il ne semblait avoir aucune envie de répondre. Il se contenta de secouer la tête lentement, sans cligner une seule fois des yeux ou lâcher le masqué du regard. Ce gars n’était pas juste n’importe quel garde du corps et le masqué sentit son cœur battre davantage.

Il se décida à ne pas ouvrir la bouche et se contenta d’attendre, n’ayant pas envie de griller sa couverture improvisée si jamais les mafieux avaient déjà entendu le son de la voix du dénommé John. De plus, l’homme à la valise semblait largement capable de faire la conversation pour deux. Il s’approcha d’ailleurs de Sphinx, pour lui donner un coup de coude dans les côtes avant de lui désigner la montagne de muscles et de s’esclaffer.

- Ahahahahah, bien entendu qu’il ne nous aidera pas, c’est à peine s’il sait faire ses lacets seul ! Mais quand il s’agit de réveiller définitivement un Voyageur, y’a pas meilleur que lui.
Le Sphinx écouta la menace sans sourciller. Le vrai John devait très certainement être un Voyageur, ou du moins son vis-à-vis le soupçonnait.
* Et toi, mon grand, t’es pas non plus très fute-fute. Soit John est véritablement muet à chacune de vos rencontres, soit t’es con, soit t’es persuadé que personne n’oserait te rouler, toi et ton gang.
Il fit signe au mafieux de lui apporter la mallette.

- Suis-je bête, tu veux certainement vérifier la marchandise. Vas-y, ouvre ! Tout est là : l’alcool qui accroit la vitesse des mouvements de celui qui la boit et le dos de carte favori de ton patron. Tout ça pour la modique somme de 2 millions d’EV que…

Il s’interrompit pour porter la main à la poche de sa redingote noire, qui était en train de vibrer. Il en extirpa une espèce d’écureuil empaillé dont les dents faisaient des claquettes. L’homme tira sur la queue du rongeur et porta l’animal à ses oreilles. Une espèce de voix aiguë en sortait, comme si la bestiole était encore en vie et poussait des couinements.

- Allo ? Oui, patron ?... Bah, on est avec John… Oui, il a de l’avance sur l’agenda prévu mais… Comment ça, maintenant ? Ah, ils ont oublié de payer la taxe de protection ?... Quoi… Tout le Clos ? Mais… Mais patron, c’est pas un peu excessif : ils ne risquent pas de payer quoi que…. Je… Je n’ai rien dit, je vous prie d’accepter mes excuses. Je ne recommencerais pas. Oui, j’arrive tout de suite, encore navré. Cela ne se reproduira plus.

Il repoussa la queue de l’écureuil et la gueule du machin se referma, puis il la remit dans sa poche. Ses mains étaient encore prises de tremblements et la peur se lisait dans son regard. Des gouttes de sueur perlaient à son front et le masqué se surprit à ressentir lui aussi de l’appréhension : quel genre de chef pouvait inspirer tant de peur à ses propres hommes ?

- On repassera demain chercher l’argent à la même heure, on te laisse la mallette. Si tu n’es pas là à l’heure dite, n’oublie pas ce qui arrive à ceux qui tentent de rouler l’enfant qui valait une forêt.

* Et moi, je connais l’homme qui valait trois milliards ! * renchérit le masqué en pensée, en attrapant la poignée de la mallette en cuir.

Il acquiesça gravement à la menace de l’homme. Satisfaits, les deux mafieux s’en allèrent et le morpheur papillon de nuit remarqua une tâche plutôt sombre au niveau de l’embranchement des jambes de la grande gueule. Sérieusement ? Le masqué se demanda ce qu’avait bien pu lui dire cet « enfant » pour que son sous-fifre réagisse comme ça. Il n’avait pourtant pas l’air d’un enfant de chœur.

Le masqué remit son tee-shirt et examina la mallette d’un air pensif. Il l’ouvrit, regarda son contenu avec curiosité, puis la referma. C’était vraiment sale : le liquide parcourant les bouteilles de liqueur de framboise recyclées était plutôt sombre, épais et des lignes plus rougeâtres évoquant un découpage puzzlesque recouvraient les parois lorsqu’on le laissait se décanter.

Le Sphinx n’était pas souvent passé au Village Puzzle mais il avait entendu dire que certaines pièces étaient vivantes et dotées de pensées, voire de paroles. Pouvait-il considérer qu’il avait un placard contenant de nombreux cadavres sur les bras ? Cela le mettait mal à l’aise. Même s’il était un météor et même s’il était loin d’être un enfant de chœur, il ne vouait pas une haine farouche à toutes les créatures.

Il considérait que Dreamland était déséquilibrée et que la balance penchait trop du côté des Seigneurs et de leurs vassaux, aussi cela l’avait encouragé à rejoindre les météors dans le but de parvenir un jour à leur tête (en évinçant les Juges si possible) et d’avoir une armée à ses ordres, capable de l’assister dans sa quête utopique de restauration de l’équilibre du monde des rêves.

Du moins, c’était son état d’esprit après sa renaissance morale dans le monde réel (due à de nombreuses séances de thérapie, à un psy trop investi, à des lectures plutôt engagées du côté de l’objectivisme d’Ayn Rand –et de leur interprétation par la psyché d’un jeune homme perdu) et avant la trahison de Liam et d’autres facteurs qui faisaient ressurgir l’ancien Sphinx à la surface. Un Sphinx beaucoup plus porté sur les sentiments, moins calme, constant, plus réellement guidé par l’ambition de parcourir la Voie du Sabre ni n’importe quelle autre voie d’ailleurs.

Un Sphinx qui était actuellement dans une phase de transition et qui se cherchait, fuyant les responsabilités qu’il s’était lui-même provoquées et qui trouvait refuge dans des aventures oniriques dépaysantes et sa relation avec d’autres Voyageurs. Rester seul l’obligeait à réfléchir, et réfléchir était douloureux. Il n’avait plus l’ambition de vouloir contrôler les événements, mais plus d’être libre de tout contrôle.

Bref, le Sphinx éprouvait de la compassion mêlée de tristesse à l’égard des puzzles qui avaient été sacrifiées pour créer ce nectar. Le masqué ne serait pas étonné si elles n’étaient pas également victimes de leur gouvernement, quel qu’il soit –ce ne serait pas la première fois qu’un dirigeant monnayerait son propre peuple- et se promit qu’il passerait un de ces jours dans ce royaume, afin de foutre un bon coup de pied dans tout ce foutoir.

Mais ce serait après avoir appris la peur aux enculés qui se dissimulaient derrière tout ça.

Joy finit par débarquer dans la hutte et, telle une furie, lui cracha tout un enchainement de faits, de causes et d’effets. Les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place…

Il fut soudainement interrompu par des cris venant de l’extérieur, qui indiquaient que le Clos des Poires Trolls était en feu. Le masqué ne savait pas où cela se trouvait mais vu le ton angoissé des gueulards, ce n’était pas à l’autre bout de la forêt. Des cris, beaucoup d’informations pouvaient être déduites comme le fait que des secours avaient été envoyés sur place, que l’incendie était criminel, que Pumpkin était présent et que l’identité secrète de Carvey allait être révélée si Joël promettait de ne plus applaudir.

Poli comme jamais, le Sphinx continua de se taire et laissa Joy poursuivre, lui raconter sa rencontre avec un ancien de la S qui aurait affronté le dénommé Pumpkin sans que ce soit un combat à sens unique. Comme Joy était facilement impressionnable, comme tous les prépubères, le Sphinx nuança mentalement cette dernière information.

- Merci d’avoir brossé le tableau, je vais me charger de t’en tracer quelques autres esquisses. Une partie de tes protégées se trouve dans cette mallette, quant à l’autre, faudra voir avec le Kid. Pour la faire courte, deux hommes du Kid se sont pointés ici, m’ont pris pour un homme de la Famiglia et ont marchandé avec moi avant de s’absenter au pas de course pour rejoindre leur patron afin de l’aider, mais ce n’est que ma déduction personnelle, à commettre le forfait qui fait tant gueuler nos voisins. Ils m’ont laissé cette mallette ainsi qu’un lieu de rendez-vous : ici, demain, même heure. Donc c’est toi qui m’a fait venir ici, c’est toi qui vois : on peut aller fissa au Clos des Poires Trolls et prendre le risque que le Kid s’envole ou les attendre ici, demain, et patienter en montant une espèce de plan d’attaque.

S’asseyant en tailleur (le masqué semblait déjà avoir fait son choix même s’il obéirait à la décision de l’ado), il poursuivit.

- Perso, je vois les choses ainsi : on attend les deux gus, je la joue pas coopératif, ils décident de m’embarquer devant leur patron afin de qu’il se charge de me zigouiller. Toi, tu nous suis, tu fais une grosse diversion et, pendant que tu les distrais, j’utilise mon pouvoir pour me libérer des éventuelles entraves qu’ils m’auraient foutu et je profite de l’effet de surprise pour buter le Kid. Dans un réel combat, peut-être qu’il pourrait me foutre une rouste. Mais avec l’effet surprise et une balle de sang corrosif bien placé… Et si ça tourne mal, on est deux, tu fais pas mal parler de toi dernièrement… Bref, j’suis certain qu’à d’eux on pourrait même se faire ton poto de la ligue S. T’en pense quoi ?

C'est à ce moment qu'on entendit une voix gutturale gueuler.

- JOHN ! Toi ramener fesses et mallette ici ! Changement programme, patron veut argent maintenant, Gol lui rapporter !

Mais c'est qu'il s'exprimait abusivement mal, même pour un Golgoth tout en muscles... Le masqué lança un coup d’œil à son compagnon de route.

Si le Sphinx et Joy décidaient de sortir, ils allaient réaliser qu'il n'y avait pas seulement Gol mais deux autres malfrats de la bande du Kid qui étaient venus afin de récupérer la mallette et leur régler leur compte. En effet, Kid Pumpkin n'était pas né de la dernière pluie malgré son air juvénile et il avait tout de suite communiqué avec la Famiglia pour s'entendre confirmer que l'agent John était actuellement à Kazinopolis, en pleine partie de poker onirique avec Golde, et ne souhaitait être dérangé sous aucun prétexte.

Quant à l'incorrigible bavard de sa bande, il participait toujours aux affaires du gang mais d'une autre manière : il avait permis la création d'une nouvelle variété de liqueur de puzzle, la liqueur de puzzle à l'arôme de fer.

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Dim 26 Fév - 17:43

Faudra expliquer au narrateur qu’il a oralisé les mots indiqués par les phalènes, dès lors le ton employé, même par les mots, est tout à fait visible à la lecture, et ressenti de la part de Joy qui est un matheux, mais aussi quelque part, dans les limbes de son esprit, surtout un littéraire. Pour expliciter, on peut penser qu’introduire une missive par « bouge ton cul mec » induit un ton oratoire et pressé, même à l’écrit ! Mais revenons à un présent toujours plus présent...



Le voyageur aux papillons exposa l’affaire qui l’inquiétait un peu. La Famille était mêlée, rien d’étonnant après tout ce que le matheux avait appris sur le Kid, mais il tenait maintenant un mobile assez sérieux : les puzzles étaient utilisés dans un trafic, avec donc la complicité des surveillants du Village et du Conseil, sans doute grassement payés. Oh les disparitions n’étaient pas tellement visibles, ça devait sans doute suffire à lancer leur petit trafic, mais sur le long terme, à force de voler des pièces et de les utiliser pour un objectif que Joy avait encore du mal à déterminer, les yeux rivés sur la mallette laissée par les mafieux. Un Clos était en feu, et Pumpkin comptait ne pas faire dans la dentelle, selon ce qui se passait. Joy, pouvoir activé, réfléchissait à toute vitesse et mesurait l’étendue et les conséquences de chaque probabilité, comme une machine, tandis que Sphinx parlait encore. L’infiltration était une idée recevable, mais il y avait trop d’imprévus, variables soudaines, comme des cris soudainement retentissants près de la maison du voyageur papillon. Le voyageur des maths zieuta à l’extérieur, et plaça en cinq secondes des algorithmes sur les trois gusses. Il se concentra sur les techniques à employer, et sortit son sac de billes de bois, qu’il tint ensuite à la main, prêt à envoyer l’équivalent de vingt balles de pistolet. De l’autre main, il sortit les trois pyramides de bois double face, ses octaèdres de combat, et les fit tourner comme à son habitude autour de sa tête. A deux contre trois, il ne faudrait pas gâcher ses munitions. Il fit un signe à Sphinx, qu’il allait sortir et prendre de la hauteur. Double utilisation : sa vitesse augmentée et sa trajectoire calculée, il lui restait à se laisser porter en déplacements arboricoles dans la zone du combat qui se préparait.



- Sphinx, j’espère que tu as de quoi abattre la montagne de muscles qui a gueulé à l’instant. Je me charge de les ralentir et de leur briser les articulations, je te laisse le reste ? Trois. Deux. Un…



Après un décompte des plus angoissants, il sortit et fut pris à partie par des tirs de pistolet, dont il réussit à modifier les trajectoires in extremis, en alourdissant les flingues. Les premières balles lancées normalement ne touchèrent aucunement le garçon et les autres, déviées par les formules, touchèrent du bois, par chance. L’un des deux gorilles qui accompagnaient la grande gueule qui ne savait pas parler fit un bond pour le suivre, et Joy marcha sur un tronc, atteint les branches et commença à lancer ses calculs de trajectoires en déplacements arboricoles. Surprise de taille, le type le suivait sans problème, et même le rattrapait. Bien reçu, c’était un gars du coin qui connaissait cette méthode particulière de déplacement. Joy modifia donc ses trajectoires et attendit le moment parfait pour alourdir les vêtements de son poursuivant avec une formule placée avant sa sortie. Le mafieux glissa et tomba au sol, laissant le matheux continuer sa course concentrique autour de la grenade habitable de Sphinx. Il décolla finalement pour arriver au sol, reprendre son souffle, et il vit la montagne de muscles arriver sur lui. Il l’esquiva et utilisa sa techniques des déplacements vectoriels pour glisser, profiter de sa petite taille pour tout esquiver, tout en suivant Sphinx des yeux. Joy s’arrêta à un moment, les pieds sur une branche à l’envers, la tête vers le sol. Il contemplait les mouvements et les attaques réussies, passées ou loupées des combattants. Le baraqué qui semblait diriger le petit groupe s’arrêta à son tour, tandis que Sphinx s’écharpait avec les deux.


- Dis-moi où se trouve Kid Pumpkin !!! Je suis venu lui régler son compte !
- Toi pas passer nuit ! Voyageur mort !
- Il te manque en plus un forfait langue communication, très bien.



Le matheux bascula, fit une pirouette dans les airs et arriva au sol en guettant le moindre signe de mouvements. Avec leurs vitesses et leurs forces, un coup ferait excessivement mal au cure-dent qu’il était. Il n’avait qu’une solution d’éventuelles attaques, qui finiraient par venir de plus en plus fortement. C’était quasiment mathématique : au début on s’entraîne, on tente les passes d’armes habituelles, et puis si rien ne passe, on commence à tenter les meilleurs enchaînements, et à ce moment là, vaut mieux être prêt. Joy le savait, et il calculait le moment où cette manie des combattants arriverait sur le tapis. Sphinx se battait comme un diable, et Joy en esquivant encore des tirs l’observait du coin de l’œil. Dans ce genre de combat, on apprenait d’abord sur soi, ensuite sur les autres, et enfin sur ses alliés. S’ils avaient tous les deux du mal, cela voudrait dire que la recherche du Kid était trop précoce, précipitée, finalement irréalisable. Il ne l’accepta pas, et il activa pour la première fois en situation de crise sa technique affectant son corps de voyageur.



- Instalock Ossadure...on ne fait pas faire de vieux os.



Cette vanne digne des meilleurs moment de Ken le Survivant le calmait tandis qu’il sentait toute son ossature durcir terriblement et donner des impressions de barres de fer dans son corps, à la place des os. Mais c’était nécessaire, et salvateur. Il ne le savait pas ô combien, car au moment où il sortit la tête de sa réflexion, des formules qui couraient sur son corps, il sentait un choc sur son épaule. Une lame était rentrée dans la chair et venait de s’arrêter sur l’os. Joy se tourna et vers l’un des trois mafieux, avec une sorte de machette rutilante, avec des traits sur le plat de la lame, signe des gens assassinés avec cette arme. Le matheux sourit, plaça des formules sur la lame en un temps record, tout en sentant le sang ruisseler sur son épaule. Le mafieux enleva sa lame, surpris, et chargea de nouveau. Mais il eut une surprise, car la lame qu’il avait levée restait en l’air, tenue par les formules mathématiques. Elle s’envola, fit des ronds et se planta dans le ventre de son propriétaire. Utilisant les trois pyramides, Joy fracassa le crâne en trois impacts et suivit le combat de son camarade papillonnant contre le musclé et son dernier acolyte de la Famiglia. L’adolescent, avant de replonger dans la mêlée, ferma l’entaille créée par la lame de la machette et tenta d’utiliser des formules non pas pour guérir ou pour cicatriser, mais au moins recoller autant que faire se pouvait. Il prit la machette dans sa main et se mit à léviter une nouvelle fois, en cherchant un prochain enchaînement à effectuer, si jamais Sphinx avait encore des soucis.



- La vache, ça déconne pas dans la Famille...Sphinx, maintenant.


Les algorithmes tombèrent sur les vêtements des deux mafieux, et leurs vêtements s’alourdirent dans l’instant, créant des failles immédiatement exploitables pour les deux voyageurs.
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 27 Fév - 19:07




Le Sphinx observa son camarade jeter un bref regard à l'extérieur sans sourciller : ses phalènes l'avaient déjà alerté de la présence du gus et de ses compagnons. Les bras croisés, il semblait légèrement déçu.

* Seulement trois ? Ils auraient pu en envoyer au moins dix... *

À la base, le plan que le masqué proposait était qu'il se laisse capturer par les sbires de l'enfant-buisson et que Joy le suive à distance. Cependant, Joy avait décidé de prendre une toute autre décision et, après avoir déclaré au masqué qu'il espérait que le morpheur ait de quoi abattre le colosse de muscles et qu'il se chargerait de leur briser les articulations et de les ralentir, il fonça dans le tas.

Un Sphinx amusé lui emboita le pas, se décomposant en une nuée de phalènes qui se pressa derrière-lui, profitant de la capacité du jeune homme à dévier les pouvoirs. Le masqué ne savait pas vraiment comment le pouvoir de son camarade fonctionnait mais il avait compris que s'il restait dans son sillage, il évitait les balles.

Cette information lui suffisait.

Il se recompose derrière l'un des deux suivants du gorilles, qui tente maladroitement de tirer dans le tas de phalènes, sans succès. Sa main se rapproche de sa gorge quand le masqué est soudainement projeté en arrière par un poing de la taille de son torse.

Gol.

La créature le suit dans son ballet aérien, avançant son énorme paluche afin de l'attraper par les cheveux. Le masqué se décompose mais Gol semble s'y attendre et lui souffle dessus, dispersant les phalènes par la seule force de son souffle. La manœuvre a pour but d'éviter que le masqué parvienne à se positionner derrière-lui pour l'achever d'un coup derrière la nuque.

* Okay, c'est pas juste une grosse brute. C'est LA grosse brute.

Un sbire coursait Joy, le second tirait également sur le nouvel arrivant de la ligue M, ayant compris que leur boss s'occupait du Sphinx. Le masqué s'éloigna davantage et se dispersa dans les frondaisons des arbres, afin que la brute perde sa trace : il n'avait aucun intérêt à poursuivre un combat de longue haleine avec un combattant au corps-à-corps aussi aguerri.

Mieux valait la jouer retors et finir le combat en un coup d'éclat, en profitant de sa vitesse et de l'effet de surprise.

La manœuvre avait le défaut de laisser Joy en pâture aux trois gars mais le Sphinx se faisait pas de bile pour son compagnon. Le jeune homme était presque aussi doué pour esquiver les coups que le masqué pour en donner.

Un petit échange de combattants se fit : le colosse indiqua Joy du coin de la tête comme pour dire qu'il se le réservait, à présent, et ses compagnons acquiescèrent, délaissant le jeune homme pour scruter les arbres à la recherche du masqué.

Le masqué repart alors à l'assaut, laissant à peine le temps au colosse de prononcer quelques mots avant de réapparaître à ses côtés et de lui assener un violent coup de pied au niveau du torse. Energie cinétique due à un déplacement quasi-instantané plus force herculéenne... Tout musclé qu'il est, le colosse expire lourdement tout en traversant l'air à toute vitesse. Il percute un arbre, puis un autre et encore un autre, renversant trois chênes millénaires comme s'il s'agit de quilles.

Son dos, brisé, saigne abondamment mais il parvient à se relever difficilement pendant que le masqué se tourne vers les deux belligérants restants : l'un est aux prises avec Joy, qui saigne mais qui semble avoir le dessus.  

L'autre...

Un immense tronçon d'arbre arrive à toute vitesse sur le masqué qui n'a pas le temps de l'esquiver, tant le projectile est rapide et massif. Bandant ses muscles, le masqué parvient à planter ses jambes dans le sol et à ralentir sa course, jusqu'à s'arrêter totalement. Puis, il soulève le tronc pour découvrir un colosse ensanglanté qui fonce vers lui dans une charge effrénée, sans aucune trace de peur dans le regard.

Le masqué n'a pas eu le temps de voir où se trouve l'autre mais il entend la voix de Joy.

* Quoi, maintenant ? Oh... *

La course du géant ralentit quelque peu, ce qui permet au masqué d'avoir le temps de se préparer au choc. Faisant pousser deux autres bras, ce sont quatre bras solides et noueux qui s'enroulent autour du tronc afin d'avoir une prise ferme et de le diriger en direction de la brute qui se met à pâlir.

Bah ouais, faut pas charger sans réfléchir.

Cependant, tout ne se passe pas comme le masqué l'avait escompté. Hurlant de rage, le colosse bande ses muscles tant et si bien que son costard hurle à l'agonie avant d'exploser, le libérant de sa prison de tissu. Il dévoile maintenant une musculature énorme, bardée d'une unique mais gigantesque cicatrice. Sa vitesse augmente grandement et, au dernier moment, il prend appui sur le sol avec sa jambe gauche pour décocher un coup de pied ascendant au gigantesque rondin que tient le masqué. Au lieu de s'empaler bêtement dessus, il bazarde ainsi le morpheur et son bélier improvisé dans les airs.

N'ayant pas d'appuis suffisant au sol, le Sphinx s'envole mais sans ses ailes. Puis le colosse fait saillir les veines de ses jambes et se projette à sa suite...

- Bon, ça suffit les conneries.

La tête chauve du colosse fonce tout droit vers... une espèce d'immense canon chitineux, créé à partir de l'un des bras du masqué.

- Sayonara ! s'écrie le masqué avant d'expédier un boulet de sang corrosif sur la montagne de muscles.

Traversé de part en part, la montagne hurle de douleur, s'ébranle puis tombe au sol de manière désarticulée, le corps évidé d'un gigantesque cylindre de chair, de sang et d'organes. Les chairs continuent de fumer légèrement, dotant l'air d'une odeur assez nauséabonde.

Quant au masqué, il se décompose en nuée de phalènes pour rejoindre le sol sans trop de mal, reprend forme humain, ramasse le corps perforé comme s'il s'agissait d'un coussin et le dépose sur son dos avant d'aller rejoindre Joy et le mafieux restant.

En arrivant, il balance le gigantesque colosse au sol et pointe son arme sur le dernier survivant.

- Si tu nous amènes pas au Kid, toi aussi t'auras le droit à un toucher rectal.

Avec les connards d'homophobes de mafieux, qui avaient toujours expérimenté un passage chez un ou deux toubibs assez malsains, ce genre de répliques passait toujours crème.

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Sam 4 Mar - 9:44

Le tas de muscles allait se dévoiler. Pas le choix, les deux pouvoirs des nouveaux habitants du Clos Grenade se coordonnaient plutôt pas mal. Joy, lévitant dans les airs, souriait et se crispait en voyant la suite du combat de l’homme-papillon. Fallait dire qu’il faisait de l’effet, le papillon ! Oui...bon, je sais, c’est pas la meilleure de l’année, ça va...bref, le combat tapait fort, tapait dur, et Joy suivait en soutien, dans les airs, tout en fixant au sol l’autre mafieux. Le musclé avait engagé un combat à mort contre Sphinx, l’issue du combat déciderait de l’issue de la nuit. La tension était à son comble, mais le papillon en termina assez durement, d’une manière plutôt floue pour le matheux qui ne comprit pas vraiment le tour de passe-passe. Le baraqué s’effondra en puant, comme brûlé par un acide étrange qui picotait les narines de l’adolescent.

Ce dernier d’ailleurs atterrissait face au dernier mafieux, qui se sentait de plus en plus mal à l’aise, se demandant à quelle sauce il serait bouffé par le Sphinx déchaîné – plus que par le maigrichon volant, ce qui était normal. Le papillon arriva à la suite de Joy et menaça le pauvre gars qui tremblait des genoux, tout en essayant de faire bonne figure. Sphinx voulait qu’il les conduise au Kid, alors que Joy comptait bien lui faire payer ses exactions comme il l’entendait...mais enfin, la mission qu’il se confiait à lui-même serait gâchée, ou perdue, si le gars mourait là, de suite. Il balança une pyramide blanche au mafieux en le fixant d’un air noir.





- Tiens, prends ça. C’est une pyramide que j’ai sculptée moi-même dans un bois blanc qui sert à certains bouliers chinois. Un octaèdre, plus exactement. Il est sculpté pour tuer, les entailles sont taillées exprès. Tu bouges, je te fais sauter le caisson sans aucune forme de procès. Tu nous amènes au Kid, et je reprends le truc pointu...compris ?
- Ou...oui !
- Alors en route. Tu passes devant et on te garde en visuel.



Le trio sortit du Clos Grenade qui envoyait ses gens gérer l’incendie lancé dans le Clos voisin, les Poires Trolls. Le matheux s’était attendu à ce que le mafieux prenne la route de ce Clos possiblement attaqué par le Kid, le feu étant sa marque de fabrique, selon les rumeurs. Mais non, il prit la route vers un Clos abandonné pour cause de mauvaises récoltes, le Clos des Grappes. Les Grappus, dans le patois local. La forêt commençait à sérieusement grimper à certains endroits et du haut des cimes qu’il parcourait en surfant sur les branches, Joy voyait l’étendue immense des bois. De quoi rendre rêveur, ce qui était un comble pour un voyageur ! Ouais ça va, j’essaie de détendre l’ambiance !

Soudain, des cris, des rires, et de la lumière. Une explosion retentit au loin, et en courant vers le lieu des hurlements le feu le retrouva – ou alors c’étaient eux qui retrouvaient le feu, au choix. Immédiatement, une chose devenait de plus en plus certaine pour le matheux : le Kid était en train de péter un câble. Des cris hurleurs envahissaient les sous-bois, et Joy comme son pote voyageur et le mafieux pouvaient voir des créatures venir vers eux en toussant, la peau noircie, toussant, crachant leurs poumons, et essayant de porter d’immenses bagages. Des créatures essayaient d’encadrer les fuyards, elles portaient des uniformes noires et tenaient des seaux d’une liquide coloré sentant fortement le raison. Non, pas de l’alcool, voyons ! Mais des jus divers qui étaient balancés ça et là, sur les flammes qui léchaient les troncs et zieutaient les vies humaines qui les évitaient sur les chemins de feuilles en train de flamber lentement et sûrement. Tournant la tête partout en voyant les créatures fuir et venir vers lui, Joy ne savait quoi faire, jusqu’à ce qu’une femme saute sur lui, le prenant les bras pour le secouer, en pleurs.




- Mon petit, je l’ai perdu ! Il a trébuché ! J’en ai trois autres que j’ai réussi à sauver ! S’il vous plaît, vous êtes des voyageurs ! SIVOUPLAIIIIIIIIIIIIIIIIT !



Un des pompiers du coin vint vers la créature-mère et avertit Joy tout en repoussant une flamme qui lui faisait un bras d’honneur, puis lui tira une langue de feu fourchue avant de se prendre une gifle liquide de la part d’une femme-pompier aux yeux comme des feuilles immenses et vertes. Elle scruta Joy d’un air intrigué. Il irait, il irait pas ? Le premier pompier le prit à l’épaule, les larmes aux yeux derrière la visière de son casque.



- N’y allez pas, c’est trop dangereux ! On nous signale une dizaine de feux allumés en même temps. Origine criminelle. Quelqu’un veut en finir avec la forêt.
- Chris, laisse-le y aller, c’est un voyageur. Son pouvoir l’aidera.
- Hum, Sphinx ? Tu gardes le colis et je file chercher le gamin ! Pas le temps de trop en parler !



Sans attendre de réponse, le matheux fila dans les sous-bois en feu et activa son pouvoir pour voler parmi les flammes. Il voyait un immense brasier tout autour de lui, des flammes vivantes qui sautaient les unes sur les autres, qui jouaient, qui copulaient parfois, qui se lançaient des boules de feu qui explosaient plus loin, et qui se bâfraient surtout des bois tombant les uns après les autres. C’était une curée incendiaire où le feu, en vie, faisait feu de tout bois (humour enflammé), où les flammes se gavaient comme dans un festin romain. Certaines vomissaient des flammes en faisant des étincelles, d’autres, la bouche pleine, boulimiques furieuses, emportaient des troncs entiers dans leurs gueules voraces. Le spectacle était tout à fait atroce et impressionnant à la fois. Il était clair que ces flammes n’étaient pas communes, mais Joy n’avait pour l’heure pas le temps d’y penser. IL fonça et parvint à un hameau de cahutes en train de cramer. Il hurla dans les flammes, dans le brouhaha des crépitements et des pleurs lui répondit. Merci la montée de volume pour se faire entendre. Il se posa au sol, sentit ses pieds brûler instantanément mais n’en eut que faire. Il entra dans une baraque et vit une gamine en pleurs tenant entre ses bras un gamin qui devait pas avoir plus de cinq ans. Il les prit sur ses épaules et sortit de la baraque qui commençait à se faire grignoter par les flammes. Et là, un problème se posa à lui : difficile de léviter avec la charge qu’il portait. Mais en un instant, cela devint le deuxième problème majeur, le premier étant un jeune adolescent se tenant debout devant lui, hilare, des lunettes de pilote des premiers avions, un lance-flamme sur le dos, le manche de la mort par le feu tenu dans sa main. Il crachait des flammes vivantes, toutes petites, toutes maigres, les sœurs sans doute de celles en train de manger. Joy le reconnut immédiatement, et se demandait aussi au passage ce qu’il foutait là.



Kid Pumpkin (ado):
 




- KID PUMPKIN !! Je vais te faire connaître l’enfer !
- Alors c’est toi le voyageur qui fouine dans mes affaires !! Pile au moment où je mets fin à toutes les parcelles qui ne m’appartiennent pas, de près ou de loin ! DE PRÈS OU DE LOIN MOUAHAHAHAHAHAHAHAHAHAAAAAA !!!!!!!!!!!!!!
- T’as épuisé ton budget de rire démoniaque !
- T’as encore le temps de faire de l’esprit, m’sieur le voyageur ! Mes hommes, que dis-je ! Mon armée ! Ils sont en train de tout cramer pour t’avoir ! Fallait pas venir fouiller chez les puzzles ! On va finir par t’avoir !
- Quoi ? Tu crames toute la forêt parce que j’y suis ! T’es malade mon pauvre !
- Ah ces voyageurs, toujours à se prendre pour le centre du monde...Non, c’est pas uniquement parce qu’un connard d’un mètre soixante est là, tu t’en doutes, merde ! Mais j’vais pas te l’expliquer, j’suis pas un grand méchant qui perd son temps à expliquer son plan à son ennemi juré !




Pendant qu’il parlait, Joy s’élevait dans les airs et plaçait des formules mortelles sur Kid. Au moment de les déclencher, rien ne fonctionna. Aucune formule n’avait de prise sur lui, tandis qu’il continuait de lancer ses flammes partout. Le matheux écarquilla les yeux : c’était la première fois qu’il voyait ça, une personne non réceptive aux formules. Il s’éleva encore dans les airs pour échapper aux flammes, mais la charge devenait trop importante, sans parler des pleurs et des hurlements de frayeur de la fille.



- Tu te rends compte que ton pouvoir est inutile face au mien ? C’est normal ! JE SUIS ADULTE ! JE SUIS ADULTE ! JE SUIS PARTOUT À LA FOIS, ET L’ENFANCE DE L’ART EST UN FEU DE JOIE ! VOUS ALLEZ TOUS CREVEEEEEER !



Joy, dans l’incompréhension la plus totale, bougea de sa place face au fou furieux qui se déchaînait sur le hameau.  Il traça dans le sens inverse, dans les flammes encore plus importantes, plus grosses et plus fortes, toujours plus fortes. Petit à petit, sa lévitation perdait son efficacité en raison de sa baisse d’énergie physique, et il arriva à un mètre du sol, les pieds, les jambes livrés aux flammes qui le mordaient ou qui tentaient de le faire rester statique. Après cinq minutes d’efforts surhumains et de douleurs intenses, il arriva dans la zone des pompiers, qui commençaient à franchement éteindre l’incendie. Quand il vit une zone propice à l’atterrissage, Joy utilisa ses dernières forces et fit un roulé-boulé dans l’herbe, en lâchant la fille et le gamin, dont la mère attendait l’arrivée en pleurant. Joy s’allongea devant Sphinx, qui semblait lui aussi avoir pris son tarif de feu, de fumée, et ne vit pas le mafieux.




- Il est où notre otage ?
- Mais, monsieur, vos jambes…
- Quoi mes jambes ?



Il fit un dernier effort pour regarder le bas de son corps, et vit ses pieds mangés, noircis, carbonisés, encore rougis, les muscles et les os ouverts, le sang luisant sur les plaies en feu. Des dents de feu étaient plantées dans sa chair. Il esquissa un sourire d’une douleur infinie et regarda Sphinx.



- On a plusieurs problèmes, mon gars...et là de suite, réveille-moi s’teup.
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Dim 5 Mar - 11:35

C'était tout de même chic de la part de Joy de poursuivre les amabilités engagées par le masqué envers le bandit rescapé ! Voilà que l'adolescent lui offrait une pyramide en lui déclarant qu'elle lui ferait sauter le caisson s'il obtempérait pas. Pris entre la trompe et la pyramide, le bandit bégaya un "oui" peu assuré, avant de prendre la tête du petit groupe.

Après avoir été récupéré la mallette, le Sphinx le suivit à distance respectable, prêt à réagir au moindre signal suspect. Il avait envoyé un de ses phalènes sur le bandit, qui était chargé de l'avertir du moindre changement suspect, que ce soit au niveau du rythme cardiaque ou de l'allure à laquelle l'homme progressait. D'autres phalènes furent également envoyés dans le but d'explorer la forêt et de vérifier qu'elle ne comptait pas des tireurs embusquées ou d'éventuelles sentinelles.

Sphinx ne savait que peu de chose sur le mystérieux Kid, mais il était certain qu'il ne s'agissait pas du dernier des abrutis.

Concernant leur moyen de locomotion peu habituel, le masqué avait décidé de déployer ses ailes fin de voler à côté de Joy, qui se prenait pour Tarzan. Il n'avait pas le temps d'apprendre à se déplacer ainsi et faisait donc avec les moyens du bord, sans se soucier que le sol s'éloignait de plus en plus. Puisqu'il volait depuis plus d'un an à Dreamland, il n'était pas vraiment sujet au vertige ou à la peur de chuter et avait donc aucun mal à se concentre sur leur guide et ses éventuelles réactions inhabituelles.

Ils se déplaçaient assez rapidement au sein du dédale végétal et tout allait plutôt bien, jusqu'à ce que des phalènes éclaireuses disparaissent de la conscience du masqué. Puis, le bruit d'une explosion retentit, avertissant le masqué de la raison du génocide insectoÏde.

- C'est quoi ce bordel ?

Des sinistrés empruntaient la voie des branches dans le sens inverse, transportant tant bien que mal leurs maigres possessions. Ils avaient la gueule de mineurs après une dure journée d'extraction de charbon, et semblaient bien mal en point. Autour d'eux, l'équivalent des pompiers de la forêt des rêves tentait tant bien que mal de les soutenir.

N'ayant pas d'autre choix, le trio passait au milieu du flot de réfugiés. Le masqué avait transformé son index en trompe et se tenait à l'affut, prêt à réagir au moindre geste suspect provenant d'un des malheureux. Il ne pouvait pas gager sa survie sur sa compassion et devait considérer chacun de ces réfugiés comme un mafieux potentiel, qui tenterait de la leur mettre à l'envers sous un déguisement.

Ainsi, lorsqu'une femme se précipita sur Joy, le masqué fut à deux doigts de lui coller une balle de sang entre les deux yeux. La créature ne dut sa survie qu'à la présence d'une flamme vivante qui crut bon de se précipiter sur Sphinx pour lui faire un bisou. D'un battement d'aile, le général souffla la flamme comme l'on souffle une bougie d'anniversaire, puis il reporta son attention sur Joy. Apparemment, la femme était réellement une sinistrée et lui avait demandé d'aller récupérer son gosse, tandis que les pompiers avaient tenté de rappeler le Voyageur à la raison.

*J'aime pas du tout la tournure que prennent les événements, elle pourrait être une saloperie de sous-fifre du Kid qui tente de nous mener vers un traquenard.

Il voulut prévenir Joy de ses doutes mais le gamin ne lui laissa même pas le temps d'en placer une, prenant la poudre d'escampette après un rapide exposé de ce qu'il allait faire. Le regard du masqué alla du bandit au gamin qui s'éloignait.

- Eh puis merde, foutu paladin de jeux-vidéo !

Le masqué abandonna le mafieux à son sort et se lança à la suite de Joy, traversant tant bien que mal le brasier vivant et cauchemardesque. Les flammes dansaient autour de lui, s'amusaient et se livraient à une véritable orgie dont les fruits ravageaient davantage les arbres. Le bois sec et plurimillénaire flambait avec une facilité indécente et la chaleur était épouvantable, si bien que le Sphinx avait l'impression que son masque était devenu une seconde peau.

En nage, il s'efforçait de virevolter parmi les flammes et de "souffler" les plus aventureuses d'entre-elles. Dans toute cette agitation, il perdit rapidement la trace de son camarade et se retrouva seul, entouré d'un véritable incendie. Des craquements se firent entendre un peu partout et des branches enflammées se mirent à se détacher et à tomber, menaçant d'enflammer le masqué.

N'ayant pas d'autre choix, il balança un violent coup de pied dans la branche qui lui tombait dessus, se brûlant violemment le pied mais envoyant le bois se briser contre l'un de ses congénères. La flamme qui était sur la branche (et qui avait revêtu un casque et des lunettes de pilote pour l'occasion) fit un coucou de la main au Sphinx avant de s'attaquer à l'écorce rugueuse  du pin sur lequel la branche s'était retrouvée projetée.

C'est là qu'un rire se fit entendre.

Le Sphinx se retourna.

Une espèce d'adolescent mal dégrossi lui faisait face, accoutré du même équipement que la petite flamme pilote, c'est à dire d'une paire de lunettes d'aviateur. Un sourire malsain aux lèvres, l'enfoiré tenait un lance-flammes avec lequel il arrosait les plantes environnantes. Sauf que cela ne risquait pas de les faire pousser davantage, bien au contraire.

- Okay, un trafic de liqueur de puzzle et un mioche pyromane ? T'es qui toi, d'abord ?
- UN MIOCHE ? JE SUIS ADULTE !!! Et tu vas crever, car t'es une sous-merde masquée ! Tout comme ton pote qui a eu la décence de me reconnaitre !
- Joy ?
-Non, moi c'est Pumpkin Kid, MWAHAHAHAHAHAHA!
- Toi, j'vais t'baiser la gueule !

Le masqué fonça sur le gosse, s'efforçant de se déporter sur les côtés pour éviter les jets de flamme que crachait son arme. L'un de ses bras fut touché et la flamme se mit à le mordre, puis afficha une expression contrariée lorsqu'elle atteint le sang du masqué : la substance active qui se dégageait de sa combustion ne semblait pas plaire des masses à la flamme qui s'en alla. Cependant, le bras du masqué avait tout de même était fortement brûlé et une énorme cloque était déjà en train d'apparaître.

Il ne s'en préoccupa pas et continua à foncer à toute vitesse vers le Kid. Au dernier moment, alors que l'énième flamme crachée par l'appareillage s'apprêtait à l'engloutir, il piqua vers le sol, passa sous la branche où le Kid se tenait debout et se redressa tout en pivotant de manière à se trouver dans son dos.

Puis, il se jeta sur le chef des mafieux, tentant d'une main d'attraper son lance-flamme et, de l'autre, de lui attraper le torse afin de le plaquer contre lui, dans le but de lui broyer le thorax s'il ne daignait pas se montrer conciliant (bah oui, parce que briser des nuques commence à être surfait, très 2016).

Cependant, le masqué ne rencontre que du vide, le gosse étant comme... immatériel.

-T'as vraiment cru que ce serait aussi facile ? On joue pas dans le même bac à sable, tête de gland !

Le masque du Sphinx avait décidé d'imiter Pyro de TF2, alors pourquoi autant de haine de la part d'une créature aussi prompte à faire flamber toute une forêt ? Le Sphinx comprenait qu'il n'y avait pas d'entente possible et qu'il ne pouvait pas buter la créature. Cela lui suffisait. Il reprit son envol, suivi par un déluge de flammes surexcitées qui firent fondre peu à peu ses ailes d'acier. Brandissant des petites épées de flammes comme s'il s'agissait d'une horde de vikings, les flammes se congratulaient pendant que le masqué perdait de l'altitude et fonçait tout droit vers le sol.

Icare, vous connaissez ? Il semblait que, cette nuit, le Kid avait été son soleil personnel.

Le masqué finit par atterrir plus ou moins lourdement sur une branche, qu'il dévala sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à arriver au niveau des pompiers et du groupe de réfugié. Là, les ailes totalement cramées, il tenta de calmer sa respiration puis se releva, sur le qui-vive.

Il n'y avait aucun signe de son adversaire, qui ne semblait pas avoir décidé de le poursuivre.

Si le masque du Sphinx lui rendait la respiration difficile lors de combats très dynamiques, il l'avait bien protégé des émanations de fumée et le jeune homme lui en était reconnaissant : pour une fois qu'il servait à quelque chose !

- Passez-moi un seau, je vous prie ! Je vais pas vous laisser faire tout le sale boulot.

Ayant recouvré son souffle, le masqué se leva et alla récupérer le seau de jus de raisin tendu par un pompier.

- Si vous en voulez d'autres, vous en trouverez sur notre scarabée de ravitaillement.
-Merci bien !

Un rapide coup d'œil au bestiau lui fit comprendre pourquoi ils l'utilisaient afin de transporter leurs seaux : l'insecte gigantesque avait la taille d'un poids lourd et on avait installé, à l'aide de harnais et de colle de poire, une espèce d'énorme remorque en bois qui transportait des centaines de seaux remplis de jus. Sur le côté, des espèces de petits fourmiliers étaient en train de... faire leurs besoins dans une cuve.

- Bof, c'est pas si dégueulasse que ça. Cet animal exceptionnel a un estomac extra dimensionnel et peut ingérer jusqu'à vingt mille fois son poids en raisins. On l'utilise assez fréquemment dans notre milieu car beaucoup de Closards font une ingérence au raisinose, une  espèce de sucre que l'on retrouve dans le jus de raisin et on n'arrive pas toujours à écouler nos stocks ...
- J'vous ais demandé un seau, pas de me faire un exposé. Occupez-vous des flammes plutôt ! le coupa Sphinx, usant sans le vouloir du même ton autoritaire qu'il avait avec ses subordonnés.

S'approchant du scarabée, il attrapa plusieurs seaux avec ses trois bras encore valides et entreprit d'arroser les flammes avec entrain, prenant ça comme une vengeance personnelle. Chaque flamme vivante qui rendait l'âme lui apportait un intense sentiment de satisfaction. Il était en train de sauver une espèce de gigantesque vigne des flammes quand Joy tomba du ciel.

Ses mains tenaient une fille et un gamin tandis que ses jambes étaient sous l'emprise des flammes. Après avoir douloureusement au sol, il lâcha ses deux fardeaux. La fille allait à peu près bien, c'était un miracle qu'elle ait pu survivre à un incendie aussi ravageur. Quant au mioche, bah il s'était brisé la nuque dans la chute et sa mère étreignait son cadavre en hurlant sa peine.

Non, je rigole, le gosse allait à peu près bien, même s'il vomit sur sa mère lorsqu'elle voulut le prendre dans ses bras. Un mélange de suie, de sang et de morve atterrit sur le torse de la femme qui ne s'en soucia pas et étreignit son petit, en remerciant Joy à grand cris sans se soucier que leur sauveur était en passe de devenir cul-de-jatte.

Quant à la fille, un "pompier" lui passa un linge mouillé autour du cou et la prit dans ses bras, tentant de la réconforter. Ce fut la même chose pour Joy qui eut également droit à son pompier personnel, une brave créature à la moustache tombante qui lui rappela l'état de ses jambes.

Le Sphinx, lui, observait les jambes de Joy avec compassion mais les sourcils froncés. L'air de dire " Voilà ce qui arrive quand on veut jouer les héros, blaireau !", mais l'effet était gâché par son masque qui lui permettait même de tirer la langue sans que personne ne s'en rende compte.

Arrêtant d'aider les pompiers, il écouta avec attention ce que Joy voulait lui dire.

- Plusieurs problèmes ? Si l'un d'eux est ce connard de pyromane invincible à l'humour moisi, je suis d'accord avec toi. Quant à te réveiller, j'ai pas la phobie des réveils forcés donc je sais pas comment faire, va falloir que tu patientes. Cependant...

Le masqué extirpa de sa poche l'un de ses tampons de sauvegarde et l'appliqua sur le bras de Joy.

-Cet Artefact te permettra de réapparaître à cet endroit-là lorsque tu te rendormiras, demain. Il est pas mal utilisé en taule mais également pour les excursions dans de véritables dédales comme celui-ci. Quant à notre otage, j'ai tenté de te suivre donc il a dû filer à l'anglaise. Quelle idée de jouer les paladins, aussi ? Maintenant, t'as les jambes foutues et te voilà H.S pour la nuit alors que les flammes sont en train de ravager la forêt. Et nous voilà obligés de reporter notre mission au lendemain, alors que si t'avais laissé le gamin et la fille crever, bah on aurait pu joindre nos forces et peut-être buter décimer ce connard du Kid et sa bande, afin d'éliminer la source du problème !

Les yeux rougies, la mère regardait le masqué comme si elle allait se jeter sur lui et le tuer. Le masqué avait parlé suffisamment fort pour être entendu de pas mal de réfugiés et de pompiers volontaires , et peu partageaient son avis.

- Vous êtes abject... Vo... Vous n'avez pas de cœur !

Le masqué l'ignora totalement, attendant la réaction de son camarade moins âgé. Il s'apprêtait à ajouter d'autres palabres, dans le but de déverser encore plus sa rage, mais il se réveilla avant.

♦♦♦

En se réveillant, Henri pousse un putain de cri de rage. Uno, il déteste les réveils en sursaut dans des draps pleins de sueurs. Deuxio, il déteste ne pas avoir le temps de finir une argumentation qu'il a commencé. Tertio, il hait ce putain de Kid.

- Va falloir trouver un moyen d'éliminer ce connard de pyromane.

Comme toujours, lorsqu'il a affaire à un lourd morceau, le masqué décide d'aller faire un tour à la bibliothèque la plus proche de chez lui, histoire de se changer les idées en lisant. Lorsqu'on a affaire à un problème bien coriace, le regarder en face peut ne pas apporter de solution constructive. La bonne méthode est, tout comme lorsqu'il s'agit de repérer des mouvements dans une immense forêt, de ne focaliser son attention sur rien en particulier jusqu'à ce que l'on perçoive le facteur que l'on avait négligé.

Ce fut au cours de ses lectures que le masqué pensa à deux choses : le Kid ne pouvait pas être aussi invincible qu'il voulait le laisser croire sinon il n'aurait pas besoin de la Famiglia ni de personne (et n'aurait pas fui sa rencontre avec le leader du Clos des Prunes) et le masqué et son acolyte n'étaient pas seuls.

Le Kid avait commis une grave erreur : il avait mis en rogne la Forêt ET deux des Voyageurs les plus talentueux de Dreamland.

Il allait tellement en baver qu'il repartirait illico presto dans le ventre de sa mère.

♦♦♦

Le masqué a galéré à s'endormir, l'esprit en proie à tant d'interrogations qu'il craignit un instant de se retrouver au royaume des doutes. Heureusement qu'il possédait ce foutu tampon ! Il était un peu  inquiété par ce qu'il risquait de trouver, lorsqu'il se retrouverait de nouveau dans la Forêt des Rêves.

Il ne fut pas déçu.

Lorsqu'il apparut à Dreamland, il fit une chute de près d'une dizaine de mètres et atterrit à califourchon sur une branche. Le spectacle qui s'offrait à lui était plutôt morbide. Il ne restait rien du Clos des Grappes, juste une gigantesque étendue de cendres parmi lesquels seules quelques vignes et arbres avaient survécu, leur écorce ayant été noircie par la suie.

Aucune trace de Joy. S'était-il endormi avant lui ? Le masqué décida de partir à sa recherche et envoya des phalènes aux quatre points cardinaux . L'un des phalènes parvint à retrouver Joy mais ce dernier n'était pas seul et l'être qui l'accompagnait n'inspirait pas confiance au masqué.

Cependant, Joy ne semblait pas particulièrement en danger, ni même mal à l'aise. Le Sphinx en conclut qu'il n'y avait aucun danger pour le gosse, garda son phalène espion de manière à avoir une idée de leur conversation et attendit, sur sa branche située à plusieurs centaines de mètres de là.

Il ne jouissait pas d'une réputation positive auprès de beaucoup d'autorités de Dreamland et préférait mieux aider Joy en restant à moitié tapi dans l'ombre.

[HDJ : Tu peux dire que mon perso te rejoint après ta discussion avec ce mystérieux personnage]

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Mar 7 Mar - 18:45

Un pompier faisait toujours du bien, les professionnels vous le diront. Ahem, devant cette blague vaseuse, zou, un petit peu de narration ! Ainsi Sphinx avait lui aussi croisé le Kid, ectoplasme insaisissable de la forêt, brûlant tout et ne pouvait se faire toucher. Un pouvoir imparable, des capacités spéciales ? Le matheux comprenait un peu mieux la réputation d’un sale gamin, à l’échelle de tout un royaume. Il était clairement dangereux, psychopathe et complètement dans son délire, souriant de ses destructions. De quoi prendre des pincettes avant de l’affronter, Joy le mesura alors que Sphinx lui expliquait les conditions du réveil. Il râlait, Joy avait sauvé deux vies, mais la mission, selon le voyageur papillon, passait avant tout. Un point de vue étrange, le matheux haussa difficilement un sourcil, en regardant Sphinx, tout en esquissant un sourire à moitié amusé, à moitié effrayé par les paroles du Meteor.

- T’es pas avec tes potes en collants bleus, cette nuit. La mission ne prime pas sur les vies autour de nous. Si nous abandonnons le peuple aux mains des tarés, nous ne vaudrons pas mieux qu’eux. Et ce monde nous bouffera, comme il a bouffé tous les voyageurs raisonnant comme toi. La vie humaine primera toujours sur la mission. De plus, il est désormais clair qu’on ne l’aurait pas eu ce soir. Tu aurais laissé deux innocents mourir, sans aucun autre résultat.

Il souriait gentiment en se sentant partir dans les vapes. Un voyageur doublé d’un Meteor ne comprendrait jamais. Ce n’était pas pour jouer les paladins, les héros, les mecs sympas. C’était bien plus naturel et bien plus normal que ce que croyait le Sphinx. C’était agir en personne responsable, et consciente de la fragilité absolue de la vie, dans ce monde, comme dans la réalité. Sauver une vie, ici comme là-bas, ça valait bien une nuit de perdue. Bien sûr, on ne pourrait pas savoir si d’autres vies étaient perdues ce soir, mais il était clair aux hypothèses défilant dans le crâne du matheux qu’ils avaient fait ce qui devait être fait ce soir. Le combat final, la fin de « la source du problème », la fin de Kid Pumpkin, c’était pas pour tout de suite. Joy lui fit finalement un clin d’œil et se réveilla.

**



- Dis, maman, tu connais Kid Pumpkin ?
- C’est encore un youtuber à la mode dont l’existence me passera au-dessus ?
- Non, une créature de la Forêt des Rêves.
- T’as encore fricoté avec ces elfes sylphides ? Je t’ai déjà dit qu’elles portaient la chtouille de l’humus rougi ! Tu veux que je vienne te botter le…
- Non non non ! Mais t’es pas au courant ? La forêt a pris feu hier, et j’ai sauvé deux gamins de l’incendie.
- Ah boooooon ? Non, ça ne me dit rien. J’ai pas approché mes ailes de la Forêt depuis le rassemblement des druides de la neuvième lune de feuilles...mais ça boit pas, faut raconter des blagues, et puis la dernière fois je suis tombée sur un pervers qui…
- Bref, j’ai pas envie de savoir ! Bon, et un pouvoir qui te rend en fantôme, intouchable, et pourtant peut envoyer des flammes sur une zone ?
- Hum, ça ne me dit rien. Tu veux que j’actionne quelques pistes de mon côté ?
- Pourquoi pas. Mais c’est assez pressé.
- T’es accompagné, sweety, j’espère…
- Oui, oui, par Sphinx.
- KEWOUAAAAAAAA ? Un général Me-me-me-meteor ! Tu fais ton coming-out mon fils ?
- Mais maman, on en a déjà parlé…


**



Il apparut la nuit suivante au même endroit, en chute sur le sol, se pétant le dos. Se tenant les lombaires en grognant, il contempla l’étendue des dégâts. Sur le bord de l’incendie stoppé avec des moyens de fortune, la frontière était flagrante, entre la verdure chatoyante, les vignes encore vives, certaines lâchaient d’ailleurs des larmes de raisin, de tristesse, possiblement. De l’autre côté de la frontière, tout était noir, calciné, dans une odeur de brûlé entourée d’un silence presque flippant. Le voyageur s’avança sur les cendres, et parcourant la forêt dévastée par les flammes vivantes, dont certaines reposaient encore, crevées, trouées, une langue de feu gelée au sol, ou écrasée, parfois encore un peu vivace, que Joy finissait dans un rictus énervé. Tout était détruit, et le rire démoniaque de Kid Pumpkin résonnait encore dans sa mémoire. Il parcourut les terres calcinées, croisa des familles qui se rassemblaient, d’autres brisées par la mort d’un des leurs, des pompiers improvisés un peu partout, des survivants en exode vers d’autres Clos, non touchés par l’attaque de Kid Pumpkin. Une certitude était sur toutes les lèvres : la guerre était déclarée dans la Forêt des Rêves, et le Roi des lieux, Mugen-gi était encore introuvable. Mais pour l’avoir croisé à la fin du chantier du métro qu’il avait déplacé pour protéger la forêt, le Roi était là. Il attendait le bon moment, il attendrait son heure, tout en sachant que la Forêt renaîtrait de ses cendres. La nature retrouve toujours ses droits, surtout avec des voyageurs capables de refaire pousser des arbres, des fleurs, toutes les nuits. Le travail de reconstruction recommençait, malgré tout. Un espoir renaissait dans la tête du matheux, un peu abasourdi par sa promenade.

Dans une clairière, il vit un petit groupe le montrer du doigt. Un homme s’approcha de lui, et il reconnut Samuel, du Clos de la Prune Darkweb. Le jeune voyageur eut un instant de frayeur, que remarqua le voyageur qui mit une main rassurante devant lui.


- Ne t’en fais pas, Joy Killamanjiro, le Clos va bien. Le Kid n’a pas souhaité nous affronter l’autre nuit. Par chance, il a dû se souvenir de notre affrontement d’autrefois.
- Je l’ai vu...mais je n’ai pas pu le toucher…
- Oui, c’est sa capacité spéciale. Je ne sais pas comment il peut faire ça, mais j’ai eu du mal à le toucher. Je l’avais laissé pour mort, mais je l’ai su en réalité bien plus tard.
- Vous auriez pu me prévenir…
- Je suis un voyageur retraité, un enseignant, un guide. L’expérience vécue me semble toujours plus intéressante que la théorie. J’aurais pu te dire qu’il était intouchable, qu’aurais-tu fait ?
- Fuir, peut-être. J’aurais tenté de le toucher. Vous auriez pu me le dire tout de même.
- Non, il y a des choses que tu as ressenties, découvertes en toi, entre vous deux, hier soir. Il fait partie de cette sorte d’ennemis impossibles, qui demande énormément de ressources intérieures, de force profonde, de puissance inébranlable. Je ne pouvais pas te l’apprendre. Tu es encore jeune dans ce monde, Joy, ce qui n’est pas le cas du voyageur qui t’accompagne et qui se méfie de moi. A juste titre.
- Sphinx ? Une habitude, pour lui. Je pense. Donc, maintenant, c’est quoi la suite ?
- Mon Clos, comme d’autres, rentre en guerre. Je m’occupe de patrouiller autour de la Yourte, mais si jamais tu sais où trouver le Kid, contacte-moi, et j’irai voir les chefs de chaque Clos. Pour l’heure, je sais simplement qu’une réserve de boulefeus vivantes a été trouvée, l’attaque est imminente. On peut y aller, si tu sais te déplacer encore plus efficacement sur les arbres. Et avec ton ami.
- Si ça peut nous donner des pistes, nous te suivons. Attends ici.

Le matheux alla tout seul vers les sous-bois, espérant être parti du bon côté indiqué par un signe de tête entendu de Samuel. Un truc à travailler, cette sensation d’observation, ou alors ça relevait du pouvoir du retraité de la ligue S ? En tout cas, Joy, une fois le Sphinx retrouvé, lui expliqua la situation et lui soumit le choix proposé par le Sniper du Clos de la Prune.



Chercher, traquer et enfoncer les lignes du Kid Pumpkin pour éteindre l’incendie à la première étincelle qui sortait du leader



OU

Détruire une réserve de boulefeus vivantes qui permettrait d’empêcher tout nouvel incendie dans la Forêt




Joy attendit la justification de Sphinx concernant le choix réalisé avant d’exprimer le sien. Parce que désormais, ouais les gars, ils fonctionnaient en duo pour en finir avec les sales gosses qui ont manqué de claques dans la gueule étant gamins. Ou adultes. Pas facile de vraiment le définir, mais l’idée était là.
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 13 Mar - 9:15

- Ouais, j'me méfie de toi à juste titre et tu ferais mieux de faire de même, l'retraité... marmonna pour lui-même le masqué.

Le phalène espion lui avait permis d'en savoir davantage sur l'interlocuteur de Joy et il avait été surpris que l'insecte ait pu survivre tant de temps. Le vieux briscard n'avait-il aucune connaissance des capacités du masqué (ce qui était plus ou moins normal) ou avait-il fait exprès ? Si la seconde hypothèse était la bonne, le "à juste titre" était une menace, et le masqué les détestait.

Quand Joy arriva dans sa direction, le masqué descendit à sa rencontre.

-Eh bien, t'as meilleure mine avec tes deux jambes ! Content de te revoir, malgré notre petit différend d'hier. Je me suis mal exprimé et tu n'as pas compris ce que je voulais dire, je ne t'en tiens pas rigueur. Mais on aura tout le temps d'en discuter plus tard, je t'écoute.

C'était peut-être une impression mais le Sphinx semblait ressentir le désir de Joy d'en placer une et décida d'abréger son discours, afin d'écouter ce qu'il avait à lui dire. Même s'il en avait une bonne idée grâce à son phalène espion. Il eut ainsi droit à une rediffusion made in Joy de la discussion entre Joy et le Voyageur vétéran. Le Sphinx écouta avec attention, n'ayant pas forcément envie d'en révéler davantage sur ses capacités à son camarade. Il était bon de toujours garder son jardin secret à Dreamland, surtout lorsque l'un de vos plus proches amis vous avait trahi quelques mois plus tôt....

Apparemment, il allait devoir s'approcher du Voyageur qui venait potentiellement de le menacer, et ça ne lui plaisait guère. Mais la présence de Joy à ses côtés le rassurer : si le retraité décidait de l'attaquer sans véritable raison, le général des météors pourrait certainement compter sur la présence de Joy à ses côtés. Et à eux deux, même si le type était un ancien de la ligue S comme le soupçonnait le Sphinx, le masqué était certain qu'il n'en réchapperait pas.

- Concernant ce choix, je suis plutôt chaud pour qu'on détruise la réserve de boulefeux vivantes. Cela porterait un sévère coup au potentiel destructeur de ce salaud de Kid et permettrait de limiter les dommages collatéraux. Car oui, Joy, si je te reprochais hier d'avoir joué les paladins, ce n'était pas parce que je les considère comme négligeables devant la mission. Je considère juste qu'il vaut mieux s'économiser tout en aidant les pompiers à arrêter les flammes afin de sauver un maximum de vies humaines possibles, voire s'attaquer directement (et de manière concertée) à la tête du problème afin de limiter au maximum les dommages collatéraux. Si je dois choisir entre sauver deux vies et deux cent vies, mon choix est vite fait. Mais au final, la situation t'a donné raison car on a été rapidement réveillé après cela et on n'aurait donc pas eu le temps de sauver davantage de vies. Je te présente donc mes excuses mais t'invite à garder en tête mon point de vue au cas-où on aurait affaire à une situation différente. Et sinon, mon second argument pour ce choix c'est qu'on ne sait pas où se trouve le Kid, alors qu'on sait où se trouve la réserve. Vu qu'il s'agit d'une véritable course contre la montre, on ne peut pas se permettre d'attendre de trouver le Kid et ses comparses pour agir.

Il attendit la réponse de Joy, afin d'avoir son avis sur la question. Il semblait d'accord avec le choix effectué par le Sphinx. [HDJ : Joy et moi avons discuté de ça afin que je connaisse le choix de son perso] Le masqué écouta ce que le contrôleur des maths avait à lui dire, puis parla d'un autre sujet qui le perturbait. Il attrapa la mallette qui contenait les preuves du trafic entre les Tontons et le Kid, et la montra à Joy.

- Sinon, que penses-tu de cela ? Une fois qu'on en aura fini avec le Kid, devrait-on se rendre à Kazinopolis afin que t'ais une conversation avec Athia ? Je nourris une véritable haine pour la Famille et ses saloperies de trafic, même si je n'irais pas jusqu'à les exterminer. Leur donner une bonne leçon me plairait bien, par contre.

Là encore, il écouta Joy répondre avec attention.

- Je vois. Dans tous les cas, on aura largement le temps d'en discuter davantage d'ici là : on est loin d'être débarrassé de ce pyromane juvénile ! Si on allait rejoindre ton pote ?

♦♦♦

La rencontre entre Samuel et le Sphinx fut loin d'être chaleureuse. Le masqué lui tendit la main, plus par politesse qu'autre chose. Il savait qu'ils avaient besoin d'autant d'alliés que possible dans leur lutte contre Pumpkin et ses sbires mais il n'aimait pas l'attitude qu'avait le vétéran à son égard.

- Sphinx.
- - Oui, je sais, j'ai entendu parler de vous. Je suis Samuel.
- C'est amusant, parce que je n'ai jamais entendu parler de vous. Cela fait-il si longtemps que vous vous êtes retiré de Dreamland ?
- Suffisamment pour me faire manquer de respect par un Voyageur dont les faits d'armes les plus glorieux sont l'attaque d'un seigneur cauchemar mineur à trois contre un, ou l'extermination de créatures oniriques sans défense.
- Ahahah, ça picote. Vous voulez un autographe ?

* J'pourrais le graver sur ton torse, à l'acide... * poursuivit en pensée le Sphinx.

Il n'était pas stupide au point de déclencher un combat avec un Voyageur aussi talentueux et expérimenté, d'autant plus qu'ils avaient besoin de lui pour se débarrasser du Kid. Il s'en voulait d'ailleurs déjà d'avoir asticoté Samuel mais ça avait été plus fort que lui : il n'avait pas aimé les airs de "Monsieur le professeur" que se donnait le vétéran. Pour lui, se retirer dans un coin de Dreamland et ne décider de bouger son petit cul que lorsque son lieu d'habitat prenait feu s'apparentait à de la lâcheté, et il ne supportait pas que ses actions soient jugées par un lâche, aussi fort soit-il.

- Pardonnez mon emportement, toute cette histoire me fout à cran et je n'ai jamais été un grand patient.
- Apprenez à surveillez vos paroles, Sphinx. Mon Clos est en guerre et j'ai des préoccupations plus importantes sur lesquelles me concentre mais d'autres interlocuteurs n'auraient pas été aussi patients que moi et votre aventure onirique aurait pu prendre fin sur un léger différend. Enfin, revenons à des sujets plus importants. La réserve de boulefeux a été trouvée à l'Est du Clos des champignons, dans une grotte suffisamment humide et froide pour qu'ils puissent en contrôler le dégagement de chaleur.
- Okay. T'es prêt, Joy ?

Le Sphinx suivit ses deux comparses à travers les branches, volant afin de compenser son manque d'équilibre lors de la pratique du surf sylvestre. Il leur fallut une bonne demi-heure pour apercevoir au loin les lumières phosphorescentes du Clos des champignons, qui était construit sur une espèce de forêts de souches moisies et gigantesques recouvertes de champignons immenses qui servaient d'habitation, d'éclairage, de monte-charge et même de nourriture.

La frondaison des arbres y était très resserrée au point qu'on avait l'impression d'être dans une gigantesque caverne seulement éclairée par les lumières émanant du fungus luminescent. Les habitants d'ici étaient méconnus des autres Clos et travailler à la mine des champignons faisait partie des sanctions que pouvaient administrer de nombreux tribunaux de la forêt sylvestre. En effet, travailler dans cette mine transformait peu à peu les ouvriers qui, à force d'inhaler des spores, finissaient par avoir des champignons parasitaires sur tout le corps et à tousser bruyamment, crachant du sang, avant de finalement s'étendre.

Mais il y avait un champignon que l'on ne trouvait qu'au plus profond de la mine et qui s'avérait être un met plutôt rare et présent aux tablées des plus grands. La truffe titanesque, un champignon colossal dont il fallait des dizaines d'années pour épuiser un filon et qui contribuait plus que largement à l'économie du Clos. C'était dans une mine dont l'activité avait grandement diminué ces derniers temps, à quelques dizaines de mètre de l'actuelle mine, que se trouvait la réserve de boulefeux.

- On va prendre la température en ville afin d'en savoir plus sur les éventuelles défenses de la réserve, au risque de se faire repérer, ou on y fonce tête baissée ?

Ils étaient maintenant un trio et le masqué voulait connaître les avis de chacun, même s'il était plutôt pour une reconnaissance des lieux afin d'éviter de foncer tout droit dans un piège.

Il décomposa ses poils et quelques-uns de ses cheveux en un escadron de phalènes espions qu'il dispersa dans toutes les directions afin de couvrir les lieux sur un périmètre d'un kilomètre. L'idée était de repérer d'éventuels éclaireurs ou membres de la grande famille du Kid, chargés de s'assurer que leur réserve n'était pas repérée.

_________________




Dernière édition par Sphinx le Lun 13 Mar - 19:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 13 Mar - 18:33

- Allo Sphinx ? Est-ce que tu m’entends ? Dis-moi ce que tu ressens !



Le jeune voyageur approcha à l’aveugle des arbres désignés du doigt par le retraité de la Special, comme si trouver le Meteor planqué dans les branchages était une partie facile pour un rookie de la Major ! Ah la condescendance des vieux voyageurs était réelle, mais pas bien méchante...Finalement il aperçut le masqué dans un arbre, comme Rafiki chantant tout seul le retour du Roi Lion. « N’oublie pas qui tu es », qu’il disait, et c’était marrant de voir comment les Meteors faisaient rappeler à chaque instant qu’ils étaient à moitié détestés par tout le monde, et l’autre moitié détestés par le reste de ce tout le monde, parce que même complètement détestés, il y avait encore des créatures pour les détester davantage. Là vous vous dites que ce début de post part en vrille, et vous n’avez pas tort, c’est juste que l’image d’El Papillonus planqué dans l’arbre est magique…

Le matheux voulut faire un point rapide sur leur désaccord d’hier soir, mais le soldat mit de suite les points sur les i. Parfait, ils n’auraient pas à s’embarrasser avec une gêne possible, un malaise certaine, et une idée fausse de l’un comme de l’autre. Finalement le voyageur papillon faisait un compagnon de route tout à fait acceptable, responsable, un peu contraire à l’image que Joy se faisait d’un Meteor qui comptait au sein de l’armée. Après les deux seuls Meteors qu’il connaissait était Joël aka Terre Brûlée et Lysandre aka Hitler Disco, c’est-à-dire qu’il voulait supprimer toutes les créatures, mais tout en restant classe et propre sur lui comme s’il sortait en boîte. Taquet gratos, je fais des prix de gros. Le Sphinx était donc bien différent, et plus ils avançaient tous les deux, plus le matheux se plaisait à voyager à ses côtés. Le duo tournait. Pas parfaitement, mais il tournait.

Après un rapide topo de la situation, le masqué exposa ses idées sur la situation. L’heure était à la réflexion intense, stratégique, et on pouvait le dire : décisive. Le matheux l’écouta attentivement, médita ce qu’il pouvait dire, soupesa des arguments, mais il s’avérait finalement en phase avec le papillon. Il prit un temps de réponse, très sérieusement, en fixant les feuilles, en revivant en souvenirs la nuit d’hier parmi les flammes, la douleur de ses jambes. Il faudrait faire encore plus de choses à partir de maintenant, y aller petit à petit, par étapes, couper les branches pour enfin cisailler le tronc, et plus tard, ses racines enfouies, planquées, tout aussi coupables.



- Je suis d’accord concernant la réserve, même si ça nous fait perdre du temps. Il va falloir couper tous les moyens possibles du Kid, l’amputer de toutes ses armes, et protéger la population. Prenons le temps de le déshabiller, il n’en sera que plus affaibli et aussi enragé, possiblement. Une partie d’échecs va commencer...je sens dans cette phrase comme un songe futur, tiens. Ensuite, tu as raison, hier je me suis laissé emporté. Mais j’ai du mal à résister aux gens qui demandent mon aide. Il y aurait pu avoir qu’un seul gamin, ou même un gamin déjà cramé, j’y serais allé...je suis comme ça, et parfois, la rationalité, le calcul ne gagne pas. Une façon pour un voyageur d’Euclide de rester proche des populations...mais tu soulignes un point que je vais devoir travailler, et dès maintenant !


Une fois le choix de la prochaine destination réglé, le Sphinx approcha la mallette du matheux, qui la dévisagea d’un œil mauvais. Des pièces de puzzles étaient tuées et raffinées pour accroître des capacités physiques, voilà qui devait se vendre cher sur le marché de la mafia...Et il comprenait mieux pourquoi le Conseil du Village Puzzle était mouillé dans l’histoire, et pourquoi il y avait eu des disparitions, des tentatives de meurtres et une attaque kamikaze sur un larbin qui allait tout balancer. La Famille ne plaisantait vraiment pas, et voir le Kid brûler la Forêt pour assurer son business en disait long sur le prix possible du contenu de la mallette. Il fallait arrêter ça au plus vite, sans quoi cette histoire de puzzles allait mettre d’autres zones en état de guerre civile. Le Kid était fou, et il serait prêt à tout pour gagner à tous les niveaux…


- Une conversation avec Athia, oui. J’ai aussi un contact à Kazinopolis, une opératrice d’Athia qui râle des actions menées par la Famille, que j’ai croisée lors d’une mission assez spéciale, pour récupérer un artefact artificiel. Sonia Sonasci, qu’elle s’appelle. Elle sera contente de me voir, j’pense. Elle pourra m’en dire plus sur ce trafic éventuellement, mais avant ça, il faut qu’on sauve la Forêt des Rêves, et ses habitants vont nous y aider. On ne réussira jamais tout seul. J’ai aussi croisé Mugen-gi un jour en bossant dans le coin, et je pense qu’il surveille ce qui se passe...j’aimerais tant le voir, pour le remercier du cadeau dont il m’a gratifié de vive voix, mais aussi pour savoir quoi faire...avoir une piste, et son pouvoir quelque part autour de nous, j’sais pas…Nous avons des alliés, Sphinx...je sais que tu n’en as pas l’habitude, mais les créatures sont charmantes, et certaines sont plus utiles qu’une escouade de Meteors, quand on les laisse tranquille. Ce n’est pas un débat, ni une moquerie, ni un reproche. Juste une constatation simple, puis nous pouvons vivre ensemble...sauf avec le Kid, bon, okay.


Il prit le chemin avec le soldat pour retrouver Samuel, tout en zieutant tout autour de lui s’il pouvait sentir la présence royale. Il avait parlé de Mugen-gi, ce n’était pas un hasard. Il savait que le Roi était là, quelque part dans son Royaume. Il savait qu’il était triste, ou en colère, et il se résignait à ne pas le voir débarquer pour l’aider. Mais son œil contenant la graine miraculeuse travaillerait pour lui, pour eux, pour la paix au sein des sous-bois.


Joy attendit que la discussion entre les deux voyageurs se passent comme elle devait se passer, c’est-à-dire tendue. Il souriait à moitié, prêt à intervenir si les deux en viendraient aux mains, ce qui n’était pas à exclure. Il se dit aussi que dans un tel cas, il ne pourrait sans doute pas rivaliser, mais enfin il pourrait bien tenter de les raisonner...un peu. Ils se mirent finalement en route après de bonnes paroles de Samuel, et le matheux reprit sa course sur les arbres, en glissades contrôlées par les calculs, et sa vitesse ralentie à chaque saut d’arbre en arbre. C’était même là assez grisant et jouissif, encore plus que de voler. Il y avait une véritable maîtrise qui donnait une sensation de liberté différente de celle du vol. Ils arrivèrent finalement au Clos des Champignons dont les lumières se voyaient de loin. L’adolescent s’arrêta pour contempler l’entrée du Clos, superbe et impressionnante. Des gens vivaient là...sous les champignons, dessus, dedans, partout. Les Schtroumpfs grandeur nature  quoi. L’ épaisseur des feuillages était telle qu’on se croyait dans une caverne, avec comme éclairage des champignons de toutes sortes, certains bleus turquoises, blanc neutre, rouges sangs, orangés, indigos, violacées puis verdâtres, d’autres servaient de trampolines pour atteindre les hauteurs des arbres, d’autres de garde-mangers, certains de maisons gigantesques, avec un chapeau pouvant accueillir des centaines de familles. Les couleurs jouant avec la nuit, l’ambiance collective et parfois les mineurs qui étaient souvent des obligés, couverts de champignons, pustules, moisissures diverses, donnaient une ambiance étrange, puissante et une communauté à part au sein de la Forêt des Rêves.

Ils furent briefés en route. La réserve de boulefeux était dans une ancienne mine de la Groignasse, une mine encore utilisée par les mineurs sur le filon d’une truffe gigantesque. Elle tenait l’économie et la raison d’être du Clos, comme quoi on profitait de la nature pas seulement dans des hamacs ou en faisant une communauté écolo-hippie. Ici on rigolait un peu moins, les habitants travaillaient durement dans la mine pour continuer la vie du Clos. Délicat dès lors de penser à une attaque ouverte, frontale, avec le risque de tout brûler. Le Clos ne s’en relèverait pas. Le matheux regardait les habitants, inquiets, méfiants, les dévisageant alors qu’ils parcouraient les rues du Clos en observant les champignons. Le Sphinx proposa deux choix, et Joy opta pour les renseignements, Samuel pour la discrétion et l’attaque subtile, en finesse. Il développa :



- En attaquant en finesse, l’information de la destruction de la réserve arrivera moins vite. Il nous faut supprimer les têtes pensantes, la surveillance, le stock, sans alerter la population. Au mieux.
- Et au pire ?
- Vous foncez, je vous couvre, on fait tout sauter et on attaque ailleurs pour affaiblir encore plus Pumpkin. Vous avez mieux ?
- Sphinx, ton visage est assez connu...mets-toi dans un coin calme ou discret, laisse tes phalènes agir. Essaie de te procurer de quoi détruire le stock. Moi je vais m’engager dans la mine pour vous faire rentrer. Samuel, va voir le chef du Clos, mets-lui la pression.
- Sur quel sujet ?
- Il faut faire fermer la mine pour que Pumpkin ne l’atteigne pas.
- Les alliés du Kid vont s’interposer sur la décision ?
- Ou plus, venir te chercher.
- Ça me va.
- Sphinx, un phalène par personne, on reste en contact permanent. Si la situation vient à nous échapper, on se rassemble et on combat ensemble. On valide ?



Le matheux attendit les ajustements et les précisions du soldat, sans doute plus expérimenté que lui dans ce genre de missions. Il alla dans une maison indiquée comme bureau de recrutement des mineurs. Il savait qu’il risquait un peu sa peau, mais le jeu en valait la chandelle. Il y resterait quelques nuits, le minimum possible, pour atteindre le stock des boulefeux vivantes. Alors il ferait rentrer les deux compères pour tout détruire et partir. Avec ou sans morts. On verrait le moment venu. Pour l’heure il rentrait dans le champignon de recrutement et s’adressa à une créature endormie, un champignon sur le nez tapant sur la table, et elle se réveilla en sentant l’ombre du voyageur. Un homme, pas mal attaqué, qui se mit à cracher du sang sur la table en s’excusant d’une voix rauque, éraillée, fatiguée. Attaquée par le travail à la mine, manifestement.



- Ouais, tu m’as l’air bien jeune toué !
- M’appelle Carvey, disponible de suite.
- C’est ta lettré de motivation ou quoille ?
- Il faut des diplômes ?
- Des brasses. Pas un poulet tout juste sorti du nidde.


Le matheux zieuta les alentours dans le bureau, et fit voler deux pioches une pelle quatre stylos et la perruque du recruteur qui découvrit en s’envolant des petits champignons purulents sur un crâne défoncé, bardé de cicatrices. Joy mit une main devant sa bouche et s’excusa poliment. Le recruteur, le visage rougi par la colère/honte ou encore l’alcool fit un geste de dénégation, et prit le nom, le prénom, la capacité et ajouta la mention « petit con » en haut de la feuille.



- T’es engagé mon goooo. Va voir Sépia, sixième entrée, escalier huit, première à droite en descendant. Si tu te paumes, si tu crèves, on ira pas te chercher. Signe icisse !
- Sépia ? Okay.



Le voyageur se rendit sans aucune tenue, avec une pioche et basta, à l’endroit dit. Il tomba finalement sur un vestiaire avec des champignons courant sur les casiers, et un silence de mort. Soudain, des cris de voix, et les mineurs arrivèrent dans l’endroit. Tous épuisés visiblement, fatigués physiquement, salis, courbaturés et malades. On crachait du sang dans les lavabos, on changeait les tenues, on se nettoyait les visages, on comptait les nouvelles pousses sur le corps, les visages, hommes comme femmes, comme on parlerait d’une acné juste un peu gênante. Certains avaient des tatouages de clans, signe aussi de prisonniers. D’autres des cicatrices partout sur les corps, des musculatures en acier qui se gangrenaient lentement...Alors c’était aussi ça, Dreamland ? Comme dans le monde réel, des prisonniers de la Forêt purgeaient leurs peines dans la mine, allant jusqu’à en mourir, et les engagés volontaires vivaient dans la misère en attendant la maladie. Drôle d’endroits, que le matheux n’aurait pas cru possibles, dans le Royaume de Mugen-Gi. Il se concentra pour rester focalisé sur la mission, mais une voix intrusive dans cet univers de travailleurs fit irruption tandis que les mineurs repartaient après leurs pauses.



- Hooooo, un jeunot ! Un réfugié des Clos en feux j’parie !
- Ouais. Sépia ?
- C’est moi ! Je m’occupe de la surveillance des tunnels ! Ton nom ?
- Carvey.
- Carvey, bien, tu prends une pioche, et tu me suis, je vais te montrer la galerie. T’es petit, c’est bien pour les nouveaux filons ! Avec un peu de chance tu monteras quatrième échelon avant de partir à l’infirmerie ! Tu m’suis ?



Le voyageur planqua le papillon dans son col et avança sur les pas de la surveillante enjouée. Il médita longuement avant de rentrer dans les boyaux caverneux, et fit une prière sans s’en rendre compte. Ça sentait la truffe, et pas version grande gastronomie.


Sépia:
 
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 13 Mar - 20:46

Ses phalènes n'avaient rien repéré de particulier et le masqué avait finalement mit un pied dans la ville, avec ses compagnons. Tout comme Joy, il avait également dévisagé les habitants, son masque lui permettant de les dévisager sans craindre de représailles. Les rues n'étaient pas bien peuplées et la majorité des créatures ressemblaient à des parias à mi-mineur du Far West, mi-hôte à champignons.

Le masqué, qui avait pourtant un solide estomac, en avait la nausée et se mit à arrêter de trop les dévisager afin d'éviter de remplir son masque avec autre chose que ses pensées... Il se concentra davantage sur la réponse argumentée que donnaient ses camarades à voix basse.

Samuel était pour la frappe chirurgicale tout en proposant un plan de secours... qui n'était pas un plan du tout et qui constituait à bourriner. Mouais, le masqué était légèrement narquois. Quant à Joy, il proposait au masqué de se mettre dans un coin calme et de laisser ses phalènes agir.

* Fallait peut-être me dire ça AVANT qu'on foute les pieds dans les rues du Clos ? * pensa le masqué.

Il garda sa remarque pour lui car elle n'arrangerait pas la situation. Et puis, l'idée de Joy avait le mérite d'être intellig... Attends, quoi ? Il lui demandait "d'essayer" de se procurer de quoi détruire un gigantesque stock de boulefeux ? Mais c'était vraiment la meilleure des missions, ça ! Avec un tel partenaire, n'importe quel héros de n'importe quel film aurait sauvé le monde beaucoup plus rapidement...

Joy dans...
Harry Potter : "Eh, Dumbledore, essaie de te procurer de quoi détecter et détruire les Horcruxes. Pendant ce temps, je vais m'engager chez les Mangemorts afin de réunir des infos sur Tu-sais-qui."
Le Seigneur des Anneaux : "Eh, Gandalf, essaie de te procurer de quoi détruire l'Anneau. Je m'en vais de ce pas au Mordor, afin de m'engager chez l'ennemi pour en savoir plus sur lui."
League of Legends : "Eh, les gars, essayez de trouver de quoi détruire le Nexus adverse. Pendant ce temps, je vais essayer de m'incruster dans la base adverse afin de vous aider à vous infiltrer également (en plaçant quelques wards).

Donc, en résumé, on avait Samuel dans le rôle de l'Appât qui fout la pression, Joy dans le rôle de l'Infiltré qui risque de vomir du sang et Sphinx dans le rôle de David Copperfield qui fait apparaître des explosifs tout en restant dissimulé. Et le pire, dans tout ça, c'est que le masqué devait valider le plan. Ou plutôt, c'est qu'il s'apprêtait à le valider, car il n'en avait pas de meilleur à proposer. Les généraux chez les météors, c'était plus ce que c'était.

- Okay, on fait comme ça. Je vous file donc à tous les deux un phalène afin de garder une antenne sur le déroulement de vos missions respectives et je me chargerais de faire la liaison entre vous, si besoin, à l'aide d'un petit ballet aérien de mes charmantes bestioles. Par contre, la tâche que tu me demandes de faire, Joy... Jusqu'à preuve du contraire, je chie toujours pas des explosifs. Enfin, dans le pire des cas, on pourra toujours provoquer un éboulement : des flammes sans oxygène ne survivent pas longtemps, il doit en aller de même pour les boulefeux. Les dieux oniriques sont sadiques, mais pas au point de nous jeter dans une situation inextricable. Ah, en cas de très grand danger ou de menace, mon phalène se transformera en sang et vous infligera une légère brûlure. Si cela devait arriver, cela voudrait dire que je suis sur le point de crever ou de tomber dans l'inconscience, que j'ai pas le temps de vous envoyer un escadron pour vous expliquer la situation en trois cent caractères et qu'il va vous falloir serrer les fesses, les dents et vous préparer à affronter un danger assez important. Mais avec un peu de chance, cela n'arrivera pas ! Bref, si personne n'a rien à ajouter, bon courage les gars!

Le masqué attendit une éventuelle réponse puis se dirigea vers ce qui semblait être une cabine de toilettes publiques à destination de mineurs pressés et encore trop loin de leur domicile. L'intérieur était indescriptible et la puanteur nauséabond, qui vous prenait à la gorge si vous ne portiez pas de masque, suffit amplement à faire percevoir le contenu des toilettes qui avaient rempli leur fonction avec beaucoup de zèle. Heureusement, la cuvette était baissée et le masqué n'avait aucune envie, vu l'état au-dessus et aux alentours de ladite cuvette, de la soulever. Il se contenta de refermer la porte sur lui, à clé, et de se décomposer en une nuée de phalènes qui sortirent de la cabine par toutes les rainures et ouvertures possibles en passant un maximum dans les ombres et les zones mal éclairées par la faible lueur des champignons luminescents.

Il se matérialisa dans une espèce de ruelle entre deux champignons énormes et silencieux, et s'assit dans l'ombre. Puis, il envoya des phalènes éclaireuses un peu partout, ayant une idée précise en tête, tout en analysant les images et les sons envoyées par les phalènes qu'il avait laissé avec Samuel et Joy. Du moins, juste les images. Il avait mis les sons en sourdine afin de ne pas troubler sa concentration et de se focaliser sur les phalènes qu'il venait d'envoyer en éclaireuses.

Au début, il avait pensé qu'il avait 0% de chance de trouver de quoi détruire cette foutu réserve de boulefeux dans le Clos. Le masqué avait considéré que son rôle était ingrat (bien que nécessaire) et il avait été tenté d'attendre la première excuse qui lui aurait permis de prêter main forte à Samuel ou à Joy : du genre, une rixe créée par des camarades mineurs de Joy, dans laquelle le garçon serait entraîné et qui donnerait une excuse au masqué pour venir "l'aider" et griller sa couverture alors que le jeune Voyageur parviendrait certainement à bien se débrouiller seul.

Mais en réfléchissant, ses chances de trouver de quoi rayer une mine des cartes du Clos des champignons étaient assez grandes, surtout dans une agglomération où les conditions des travailleurs étaient misérables et qui hébergeaient des anciens malfrats et des repris de justice. Car qui disait mécontentement, disait révolte. Qui disait révolte, disait attentat, disait explosifs. Si le masqué avait été à la place des mineurs, il aurait été tenté de se réunir en secret, certains soirs, afin de chercher une solution permettant d'améliorer leur quotidien.

Les révolutionnaires en herbe avaient pu d'abord penser à tout faire péter mais cela leur aurait valu d'être considérés comme des terroristes et ils avaient certainement laissé de côté ce plan pour en chercher un plus subtil. Un plan qui leur permettrait de détruire la mine (et donc, la source de tous leurs maux) tout en faisant croire à un accident, de manière à être réaffecté à des secteurs d'activité moins dangereux et éprouvants.

Tout en réfléchissant à pleine vitesse (le fait d'être général d'une armée de rebelles en herbe l'aidait pas mal), le Sphinx poursuivit sa recherche jusqu'à mettre la main (ou plutôt l'antenne) sur l'un des individus qu'il recherchait. Une espèce de bossu au dos recouvert d'un immense champignon brunâtre ne cessait de jeter des regards par dessus son énorme dos, afin de vérifier qu'il n'était pas suivi. Plus flagrant, tumeur, comme diraient les actuels collègues de Joy.

Avec un empressement témoignant de l'excitation croissant de son contrôleur, la phalène poursuivit sa route, collant de près le bossu avant de se poser sur son bras gauche afin de reposer ses ailes. L'énergumène ne tarda pas à arriver devant une espèce de champignon de taille modeste dans lequel une porte et des fenêtres avaient été maladroitement taillés.

S'arrêtant net et avançant prudemment, il jeta un dernier regard aux alentours et tapa à la porte. Deux coups rapides, un coup plus prononcé, une légère pause puis deux coups rapides.

* Certainement un signal de reconnaissance entre membres de la rébellion. Il faut que je m'en souvienne si je souhaite également les infiltrer.*

Une jeune femme qui aurait pu être très jolie si elle n'avait pas eue la moitié du visage (et une grande partie de son corps) parasitée par des champignons de couleur verdâtre lui ouvrit. Il entra, suivi de près par la phalène et se mit à genoux.

* Hum, une sorte de rituel de reconnaissance ?*

Il se mit à dénuder la cheville de la jeune femme et à la couvrir de baiser.

* Ah ouais, quand même... Va vraiment falloir que je fasse ça, pour prouver que je fais partie des leurs ? *

Puis il lui retroussa entièrement sa robe, la jeta au sol et le Sphinx réalisa qu'il ne s'agissait pas d'une réunion des révoltés des Fungi mais plutôt de deux jeunes gens qui n'avaient pas forcément le droit de se fréquenter et qui avaient décidé de faire l'amour et pas la guerre.

* Merde, quel con ! *

Ne baissant toutefois pas les bras, il fit poursuivre leurs recherches aux autres phalènes et se concentra davantage sur le spectacle que lui offrait l'éclaireuse qu'il avait laissé avec Joy.

♦♦♦

Alors que le jeune homme était en train de s'avancer dans un des sombres boyaux qui constituaient la mine, une espèce de corps délabré s'arracha avec un bruit de succion du mur à côté duquel il était en train de passer. L'être, une espèce de moisissure vaguement humaine qui avait fusionné avec le mur, portait sur l'expression de son visage les marques de l'effroi et du désespoir.

- Fuyez... Fuyez, jeune homme, avant de... ne faire plus... qu'un avec la... mine... Elle ne nous... aime pas... Elle veut... notre mort... Personne... ne quitte la mine... alors fuyez... fuyez pendant... qu'il en est encore... temps...
- Fais pas attention à lui, Carvey. C'est juste un mollasson qui a fait son temps !

Malheureusement, l'homme-moisissure était accompagné par de nombreux autres camarades, qui formaient à eux tous un véritable Mur des lamentations. Voilà la principale raison pour laquelle, à la page 4 du Guide du parfait mineur de Jean Suimaur, il était vivement conseillé de se mettre des graines Quies dans les oreilles avant d'aller travailler...

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Jeu 16 Mar - 9:30

De manière inconsciente pour ne pas dire hrp, Joy sentait quelques reproches émaner de ses camarades de planification. Pourtant, dans son plan il lui semblait qu’il était Rogue dans Harry Potter, soit le héros gentiment sacrifié à la fin de la fin, quand c’est vraiment la fin. Il était aussi Gandalf dans le Seigneur des Anneaux, à se faufiler jusqu’au palais de Saroumane le bien-moins-sage pour tenter d’arrêter l’invasion, sans parler de l’infiltration dans le Mordor...encore une fois, c’était les héros de l’histoire. Enfin dans League of Legends, c’était le jungle support qui fait le boulot pour que ces connards d’assassins/adc puissent faire les kills. Un terme revenait dans ces exemples qui lui venaient tout à fait spontanément en tête : sacrifice. Il se sacrifiait pour la bonne cause, laissant le retraité sniper gérer l’aspect parlotte, et laissant Sphinx faire le mec discret...vu la gueule du Clos, c’est pas en traversant la ville que les gens allaient le reconnaître, par contre un Meteor ne respectant pas le plan prévu n’est pas un bon Meteor ! Ça vaut une semaine de corvées, ça, non, dans l’armée des bidasses ? Parlant de bidasses, dans la mine, les mineurs chantaient dans les boyaux, une chanson assez joyeuse, mais d’une tristesse terrible quand on voyait l’état du corps en train de creuser, piocher, sans cesse, sans pause, dans l’effort continu.








Le voyageur, habillé comme un jeune mineur, sorte de Gavroche aux affaires puantes, était envoyé dans le pire travail, mais le plus formateur pour les jeunes. Dans les nouveaux boyaux dénichés, explosés, de minces tunnels se formaient, un peu comme du gruyère dans un énorme champignon. Ça sentait la truffe à en vomir, ce que fit plusieurs fois Joy avant de rentrer dans le vif du sujet. Hé oui, la truffe était un met raffiné, utilisé dans les grands restaurants ou les gastronomiques qui connaissaient la joie du palais en goûtant ce produit étrange de la nature, mais là, le nez dans la truffe, et de la truffe plein le nez, l’écœurement était porté à son comble. Il fallut au moins une heure pour s’habituer à l’odeur prenante, et travailler comme si de rien. C’est donc là-dedans qu’il fut envoyé, petit et mince il était accroché avec des cordes, et il s’enfonçait dans des tunnels où son corps pouvait tout juste passer, où l’effort l’asphyxiait en plus du manque d’air. Fallait pas être claustrophobe, déjà parce que le Royaume Souterrain c’était vraiment pourri, ensuite parce qu’il commençait à comprendre la hantise de l’enfermement, de la compression. Il eut des débuts de crises d’angoisse, pleura un bon coup, hurla, et sentit la corde le ramener à toute vitesse, si bien que son corps frotta la roche et l’égratigna dans la douleur. Il revint dans le tunnel agrandi, les autres mineurs travaillaient sans relâche, tapaient la roche, envoyaient des blocs de roches avec de la truffe, des champignons divers dans des chariots énormes et blindés qui circulaient sur des rails qu’on installait au fur et à mesure. La jeune créature, Sépia, vint vers lui, avec un grand sourire, et lui tapa sur le dos.



- Allez, ça va passer. Les mineurs ont un truc qu’ils se disent entre eux. Il faut regarder le bout du cul-de-sac, jamais les alentours.
- Vous en avez de bonnes, j’ai l’impression de revivre ma naissance à mon accouchement.
- Vous avez des problèmes avec votre mère vous ?
- Non, c’était une référence à Malcolm, mais laissez tomber. J’y retourne je suppose ?
- Notre deuxième Passe-Partout est retourné aux études, il a été guéri y’a quelques semaines…
- Je vois, j’y retourne. Bon…




Le matheux replongea dans le nouveau tunnel, il avait pris sa respiration avant de foncer et cette fois il se sentit un peu mieux armé, sans trop savoir pourquoi ni comment. Il avança dans la galerie qui se rétrécissait un petit peu après le passage de la crise précédente. C’est là que Joy comprit son boulot. Taper partout pour agrandir le passage, et trouver un filon intéressant. Il souffla un bon coup, et sentit de l’air frais venir subrepticement vers lui. Il essaya de repérer l’origine de ce courant étrange, alors qu’il étouffait, et commença à taper.

Il tapa avec sa pioche pendant des heures, si bien qu’il eut l’impression de s’être oublié au fond de la mine, un peu comme ses passages de minage intensif dans Minecraft. Il s’oublia, et ne vit pas le sac de gravats partir chargé et revenir à vide pendant des centaines d’allers-retours. C’est lui qui le chargeait, mais il n’avait plus conscience des choses. Il était un outil, un but, un objectif : ramener de la ressource. Trouver du filon. Il était le prolongement d’une pioche, d’une pelle, d’un renifleur, d’un animal la gueule noire et en sueur. Ses cheveux collaient sur son visage, il se sentait noyé dans ses vêtements, et il sentait aussi les émanations toxiques des champignons l’entourer, le saisir. Il les inhalait, forcément, pas moyen de faire autrement. Il comprit l’enfer de la mine, et se jura de ne plus jamais revenir dans le Clos avant un bail. Soudain, tandis qu’il jurait, chantait, pestait, pensait à Dreamland, à la surface, il sentait sa pioche s’enfoncer complètement et ne buter sur plus rien d’autre que du vide. Il s’avança et vit devant lui non plus un mur de pierres et de la truffe, mais un creux. Il tapa encore avec sa pioche et agrandit le trou formé au premier choc. Il passa dans le trou et arriva dans une sorte de chambre silencieuse, où il entendit des trucs respirer. On lui avait filé un morceau de bois huilé à l’alcool et un briquet, il l’alluma et le lança au milieu de la chambre. Alors, ce fut surprenant et grandiose. Des truffes bleues, d’un bleu vif et luminescent, s’éveillèrent et illuminèrent la pièce, et il sentit les respirations s’accélérer. Il leva la tête et vit un troupeau de champignons vivants, se tenir cois, les uns contre les autres au plafond. Lentement, il recula et reprit le chemin du retour, en ne disant rien.





- Oh, on est tombé sur du diamant bleu les gars ! On est riche c’est bon ! C’est une truffe qui pousse dans le noir dans le corps d’une truffe géante. On a commencé à creuser en pensant bien en trouver, mais ça doit faire six mois qu’on n’en avait plus.
- Et les champignons au plafond ?
- Des clandestins. On les a envoyés au bureau, ils seront régularisés et renvoyés ici pour bosser pour nous. S’il s’avère qu’ils étaient déjà mineurs, ils finiront émincés.
- Heu…
- Ça fonctionne comme ça ici, Carvey. Bon, j’ai parlé au chef, t’as mérité ta pause. Quartier libre pendant 35 minutes, après te retourne dans un autre filon. Tu vas être un bon renifleur, je sens !
- Merci, ça me touche…




Après sa pause, le matheux passa à la suite. Un nouveau boyau, ô joie. Cette fois le boyau était plus large, mais il était...habité. Un corps délabré, fatigué, comme lépreux, venait de sortir du mur et avançait vers le voyageur en le fixant d’un air de désespoir, de fatigue extrême, de terreur. Il sentait le moisi et c’était manifestement une caractéristique de son corps enfoncé dans le mur. Wait...si les champignons poussaient sur les mineurs, et si c’était un ancien mineur qui finissait moisi...on ramassait pas tous les anciens mineurs contaminés par la truffe ? WHAAAAAAAT !



- Fuyez... Fuyez, jeune homme, avant de... ne faire plus... qu'un avec la... mine... Elle ne nous... aime pas... Elle veut... notre mort... Personne... ne quitte la mine... alors fuyez... fuyez pendant... qu'il en est encore... temps...
- Fais pas attention à lui, Carvey. C'est juste un mollasson qui a fait son temps !




Il arrivait avec plusieurs pauvres types comme lui, qui avançaient les bras en avant et en essayant de parler. Le matheux resta scotché, et se laissa se faire entourer par les anciens mineurs. Il se retourna, les sourcils froncés, l’air mauvais, et poussa un hurlement de rage. La mission venait de déborder, on touchait désormais à sa corde sensible. Il savait que Sphinx surveillait ce qu’il se passait, alors il ne pourrait dévier de sa mission, mais ce qu’il venait d’apprendre était trop gros. Il fonça sur Sépia et l’assomma sans ménagement. Il la prit sur ses épaules et vint dans les boyaux, avec un mégaphone de manifestation qui s’était trouvé là, dans un local de syndicats de mineurs, qui servait surtout de cabinet de médecin – sans médecin. Il gueula dans tous les boyaux, tandis que la rumeur des zombies moisis faisait des bruits de passage inquiétants.




- TRAVAILLEURS TRAVAILLEUSES, ON VOUS MENT, ON VOUS SPOLIE !
- Cha veut dire quoi Spolie ?
- Euh...on te fait les poches.
- Ah okay, bah merci de la précision vieux.
- ON VOUS MENT ! LA MINE N’EST PAAAAAAS LA MINE ! LA MINE N’EST PAS VOTRE TRAVAIL ! ELLE SE NOURRIT DE VOUS ! ELLE VA ENSUITE FUSIONNER AVEC VOUS ! VOUS DÉCOUVREZ DES FILONS, MAIS VOS PRÉDÉCESSEURS SONT LES FILONS ! VOUS TUEZ LES RESTES DE VOS PÈRES ! ET C’EST FRANCHEMENT DÉGUEULASSE ! ÉCOUTEZ PLUTÔT CE SURVIVANT !
- Tra...vai...lleurs...Fu...yez…
- Plus fort !
- Elle...la...mine...elle…
- Il sait pas parler ce mec ! Encore un agitateur de merde qui va nous faire sucrer les soins ! On appelle les forces du Clos les gars !




**





- Non mais tu vois, Cep, sur le papier c’était une bonne idée…
- Ou...ou...ouiiii…
- Non mais voilà, c’est vraiment un Clos de cons ici. Heureusement le Sphinx va venir me sauver tranquillement. Puis va falloir trouver un autre plan. Hein Cep ?
- Fuyez…
- Change de disque, c’est fini la mine pour toi.





Le matheux et les types moisis avaient été enfermés dans une prison moisie du Clos, et les anciens mineurs commençaient déjà à s’enfoncer dans les murs. Il restait celui que Joy avait surnommé Cep, qui était de loin le plus bavard de la bande. Les travailleurs avaient appelé les forces locales, et Joy, avec Sépia sur l’épaule, avait eu du mal à se justifier. Il avait bien sûr pensé à se débarrasser de tous ces gêneurs, mais le plan en aurait été compromis. L’idée n’était pas de foutre le bordel, même si les gérants de la mine le méritaient amplement. Lui, et ses deux collègues voyageurs avaient d’autres chats à fouetter, plutôt que de lancer une révolution non-soutenue par ceux qui devraient en fait se révolter contre leurs conditions de travail, sans parler des finalités du job...Le matheux poussa un long soupir, et une voix vint l’interpeller.




- Joy Killamanjiro ?
- C’est lui-même, à qui ai-je l’honneur ?
- Pépin. J’faisais partie des surveillants du local que tu cherches, mais j’suis entré pour choper une boule. Ma famille, ma femme et mes quatre gosses n’ont plus rien pour se chauffer ou pour faire cuire la barbaque...j’pensais choper une boule l’air de rien.
- Malin ça.
- J’ai entendu les gars de Pumpkin parler de toi, et j’ai une info qui pourrait t’intéresser.
- Contre quoi ?
- Tu connais les deals toi.
- Je suis pote avec Carvey et Maghior, ouais.
- Simple : ma libération.
- C’est entendu, envoie les infos.
- J’me suis fait choper par ta faute. Ils ont dit qu’ils allaient bouger la cargaison, du tunnel bien planqué à l'Est du Clos à un autre Clos, parce que tu arrivais, et pas avec des rigolos à tes côtés.
- T’entends ça Sphinx ?
- Tu parles à qui ? Bref, pour ça que j’ai voulu tirer une boulefeux avant que la cargaison se fasse la malle. Mais c’était très surveillé et ils m’ont foutu là quand le convoi partait.
- Ok, dis-moi quel est le convoi, le nombre d’hommes et les armes utilisées pour le défendre. Parle fort, j’ai un contact en ligne.



Il montra le fidèle papillon sur son épaule. Il espérait que Sphinx aurait le réflexe de l’écouter ou de se tenir informé. Aussi que Samuel avait réussi son coup de pression. Même si c’était maintenant inutile, Pumpkin avait donné ses ordres, et le convoi avait quitté le Clos. Il n’avait pas fait ce mouvement par hasard, il anticipait. Il avait des coups d’avance, et sûrement des informateurs rapides, efficaces, cachés. Avant que le Sphinx n’arrive, une tête apparût devant les barreaux. Les prisons étaient simplement des cages posées ça et là, et tout le monde put voir la nouvelle venue. Joy en haussa un sourcil interrogateur.




- Sépia ?
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Jeu 23 Mar - 21:12

Le masqué avait continué d'essayer d'investiguer les lieux, sans succès, tout en jetant de temps en temps des coups d'œil aux "écrans de surveillance ailés" de Samuel et de Joy. Du côté de Joy, l'ambiance était plutôt mauvaise : le jeune homme avait tenté de créer une rébellion dont les principaux acteurs étaient aussi dynamiques et motivées que des arbrisseaux en friche.

Bref, les seules victimes que firent la révolution furent Sépia et... Joy qui allait bientôt se faire enfermer sauf s'il se décidait à utiliser ses pouvoirs contre les autorités du Clos. Sphinx se désintéressa de sa situation et après avoir vérifié que ses éclaireuses n'avaient fait aucune nouvelle découverte, il se concentra sur la situation de Samuel.

Le vétéran faisait face au conseil des Bolets, homme-champignons très sages qui s'efforçaient de toujours prendre les meilleurs décisions politiques possibles pour le bien de leur peuple. Seul bémol : ils pensaient que travailler dans une mine et cautionner la présence de potentiels pyromanes était dans l'intérêt du peuple.

Certains marginaux les appelaient les "Glandus" pour leur ressemblance avec un certain outil de reproduction et leur formidable capacité à preeeeeeeeeeeendreeeeeeeeeee deeeeeeeeees dééééééééciiiiiiisiiiiiooooons eeeeeeeeeeen uuuuuuuuun teeeeeeeeemps.... record !

- Comprenez-nous bien, Monsieur, ce n'est pas que nous soyons contre votre projet de procéder à la saisie du matériel de ces mécréants mais l'espace où il se trouve n'est hélas pas placé dans notre périmètre de juridiction...

- Gardez votre langue de bois pour vos concitoyens, messieurs. Je demande, au nom de tous les représentants des Clos qui ont déjà péri ou sont menacés par le grand incendie, à ce que vous fermiez la mine. Ce n'est quand même pas compliqué ?

- C'est qu'elle appartient maintenant à un certain John Kena, qui l'a racheté à notre conseil afin de l'exploiter à titre privé. Légalement, ils ont tout à fait le droit d'y entreposer...

- ... d'y entreposer des boulefeux ? Vous vous moquez de moi, j'espère ? Ne vous rappelez vous donc pas l'affaire des grands feux, qui a eue lieu il n'y a que quelques années ? S'il n'y avait pas eu Athia, on aurait pu renommer la forêt en "Royaume des cendres"... Si vous ne fermez pas cette mine, je la fermerais moi-même !

L'homme-bolet s'extirpa douloureusement de son siège en chêne et se rapprocha de Samuel, en sautant à petits bonds. Il posa sa main sur son bras dans un appel au calme et à la retenue. Ce fut l'un de ses collègues qui reprit la parole.

- Ne vous emportez pas, Monsieur. Vous avez raison et nous allons faire fermer cette mine. Toutefois, vous comprendrez aisément que cela nécessitera un petit délai pour ce faire.
- Combien ?
- Oh, trois fois rien : c'est l'affaire de quelques semaines !
- Ah, voilà le problème réglé ! renchérit son collègue, qui flanqua une tape amicale dans le dos de Samuel.

Même à travers son phalène espion, le masqué ressentit la tension et la colère qui émanait de Samuel. Les poils de sa nuque se hérissèrent et il se promit mentalement d'éviter de trop chercher le Voyageur très âgé à l'avenir. D'une voix calme et douce, le Voyageur s'adressa au Conseil des Glandus.

- Si ce délai ne se raccourcit pas drastiquement, je sens que les réfugiés de la forêt vont manger de la soupe aux bolets pendant plusieurs semaines.

Il semblait détendu, tout en s'exprimant, mais les plus attentifs auraient remarqué que ses phalanges blanchies par l'effort contrastaient avec son ton badin. De la sueur coula sur la joue du bolet qui avait annoncé le délai, et il se plongea le nez dans ses paperasses, comme si ça allait faire disparaître Samuel.

- Euh... Eh bien... Une... Une semaine ?... Non ?... Ahem... Je... voulais dire... cinq jours... Trois... Enfin non, si vous me... gulp... permettez... je voulais plutôt dire.... quelque chose comme deux... Deux jours...

Le masqué cessa d'accorder son attention à la scène et se concentra sur la situation de Joy. Le jeune homme se trouvait à présent dans une prison, qu'il partageait avec des "révolutionnaires" aussi moisis que leur geôle. Le visage constitué d'une moisissure, un air hagard, les pauvres créatures faisaient vraiment peine à voir.

Seul l'un d'eux semblait différent des autres. Un champignon en forme de pomme pourrie lui recouvrait la tête et on pouvait apercevoir la lueur sinistre de son regard au travers l'une des fentes putréfiées. Il se présenta à Joy comme faisant partie de ceux qui gardaient le local de boulefeux qu'ils cherchaient, et lui servit une histoire un peu tristounette afin de marchander sa libération prochaine.

Joy lui demandait des renseignements concernant le convoi et le masqué écouta attentivement ce qu'allait répondre le dénommé Pépin.

- Au niveau du convoi ? Bof, j'ai pas vraiment fait super attention mais il y a là suffisamment d'hommes pour refroidir les envies de tous les voleurs du coin : une dizaine de bonhommes habitués à se battre, armés de révolvers et d'autres armes à feux. J'ai aussi entendu dire que le Kid avait engagé Boro et Gamos mais je pense que les autres hommes ont dit ça pour me faire peur.

Le Sphinx envoya les phalènes les plus proches de Samuel lui en dire plus sur la situation de Joy, dans le but que le vétéran le libère, et également annoncer que le masqué allait se rendre à la poursuite du convoi, afin de le ralentir en attendant que ses camarades puissent le rejoindre. Une fois les phalènes envoyées et le message assimilé par leur esprit d'essaim, le masqué reporta son attention à la discussion entre Joy et son vis-à-vis.

-Tu n'as jamais entendu parler d'eux ? Ce sont des mercenaires assez connus pour leur incroyable efficacité et leur absence de scrupules. Ils sont assez coûteux mais les rumeurs disent qu'ils n'ont jamais échoué à une seule de leurs missions. Certaines mauvaises langues disent que c'est parce qu'ils se cantonnent à la forêt des rêves, mais ils sont redoutables. Si c'est eux qui s'occupent du convoi, vous feriez mieux de laisser tomber... Bon, je t'ai dit tout ce que je savais, quand est-ce que tes potes vont arriver pour te libérer ?

- Bientôt... déclara Sphinx, à plusieurs kilomètres de là.

Il se dispersa dans un essaim de papillons qui prirent de la hauteur avant de disparaître dans la frondaison des arbres, vaste tâche sombre avalant les lumières au fur et à mesure qu'elle les dépassait.

♦♦♦

À l'arrière d'un convoi, assis dans une remorque, deux hommes au visage dissimulés par une cagoule et des lunettes de vision nocturnes surveillaient les alentours d'un œil alerte, à la recherche du moindre signe qui sortirait de l'ordinaire. Le convoi se déplaçait vite mais il parvenait à disséquer le paysage avec leur regard expérimenté.

Le convoi en lui-même était constitué d'une demi-douzaine de fourgons blindés, qui avançaient en file indienne, écrasant méthodiquement la végétation. Et à l'arrière du dernier des fourgons se trouvaient le duo de guetteurs, qui s'assuraient que personne ne les poursuivait. Ils s'assuraient également qu'il n'y avait aucune fuite d'essence car vu le contenu des fourgons et la quantité de chaleur qui y régnait, mieux valait ne pas avoir de réservoir fuyant.

Un troisième bandit sortit de l'intérieur du fourgon et vint rejoindre les guetteurs, marchant avec prudence afin de conserver son équilibre.

- C'est bon les gars ! J'viens d'avoir le patron. Apparemment, plusieurs gars louches ont été aperçus non loin de la réserve, dont une certaine fouine venue d'un Clos de Voyageurs. Encore une fois, il a eu raison de nous demander de déplacer tout le stock.
- Auraient-ils vu le mec au masque à gaz décrit par Jack ?
- Négatif. Aucun signe de ce mec.
- Vous pensez que ça pourrait être le Sphinx ?
- J'me pose également la question.

Le bandit qui venait d'arriver éclata d'un rire franc et sincère.

- Mais enfin, les gars... Que viendrez-vous foutre un météor ici ? Et puis, quand bien même ce serait lui, ne rend-on pas services à ces terroristes en incendiant la forêt ?
- Ouais mais tu connais toute l'histoire avec Golde... Si c'était lui qui s'était fait passer pour John...
- Mais arrêtez de vous pisser dessus, c'est qu'un Voyageur, et pas l'un des meilleurs. Qui que soit ce gus, lorsque Boro et Gamos lui tomberont dessus, il n'imitera plus personne !

L'un des guetteurs se leva d'un bond et désigna du doigt une petite créature qui voletait non loin d'eux.

- Eh, regardez ! Un papillon de nuit : il n'y en a pas beaucoup dans cette zone de la forêt...

Les hommes se turent et observèrent les alentours, avec suspicion.

Rien de suspect.

L'homme le plus proche dégaina un Glock et tira sur le phalène, le transformant en un nuage de poussière.

- Ben voilà, c'était rien de plus qu'un pap...

L'homme n'eut pas le temps de finir sa phrase, se retrouvant soudainement plaqué avec ses camarades contre la tôle du fourgon. La chaleur qui traversait la paroi couvrit de cloques la chair exposée et il se mit à hurler, tandis qu'il retombait au sol.

Le convoi entier s'était arrêté brusquement, chaque fourgon rentrant dans le fourgon de devant. Quant au véhicule de tête, il s'était encastré dans une espèce de gigantesque tronc qui bloquait la route. Le chauffeur de tête avait à peine eu le temps de freiner pour réduire le choc et éviter que le tronc ne s'encastre trop dans l'avant du véhicule et ne fasse tout exploser.

- C'est... quoi... cette... merde... ?

♦♦♦

Le masqué se frottait les mains, satisfait : il était parvenu à retrouver le convoi, à le prendre de vitesse et à gêner sa progression avec un obstacle de taille, qu'il avait eu un mal fou à trancher. Il ne lui restait plus qu'à attendre les renforts qu'étaient Samuel et Joy (il leur avait laissé des phalènes, comme un vrai Petit Poucet insectoïde) et à prendre d'assaut le tout.

Satisfait, il s'enfonça entre les branches, attendant que le convoi redémarre pour planifier un nouveau coup fourré. Cette fois-ci, les guetteurs seraient plus alertes et il devrait faire plus discret : peut-être fragiliser le sol en creusant une légère galerie afin que le fourgon de tête ne s'y enfon...

Le masqué s'arrêta, interdit. Un homme dont il n'avait pas senti la présence se tenait debout sur une branche, à plusieurs dizaines de mètres de haut. Enfin, homme... Il ressemblait plutôt à une espèce d'androïde à la carrosserie rouge et au faciès dissimulé derrière un capuchon rapiécé. De plus, il transportait avec lui une espèce d'hache de pierre préhistorique qui contrastait avec son apparence futuriste.

Le masqué n'avait aucun moyen de savoir pour quel camp l'être se battait et il voulait éviter d'attaquer un allié potentiel. Il choisit donc le dialogue plutôt que l'attaque sans sommation.

- Bonsoir, je suis à l'origine de l'attaque de ce convoi qui transporte un stock de boulefeux particulièrement dangereux pour la forêt. Faites-vous partie des guerriers envoyés par le Clos ?

En signe d'assentiment, le robot encapuchonné hocha de la tête et baissa son arme, la plaquant contre sa hanche. Puis, il fit signe au masqué de se rapprocher et se pencha vers le tronc auquel était rattachée la solide branche sur laquelle il se trouvait, afin de commencer à graver un truc dessus.

- Je vois, vous ne pouvez pas parler et souhaitez communiquer par écrit. Ma foi, ça me va mais si ça ne vous dérange pas, je préfère rester ici.

Plutôt que de se rapprocher du cybord dont la hache était bien trop grosse à son goût, le masqué détacha un phalène de son propre corps afin d'aller voir ce qu'avait gravé l'androïde. Sur le tronc était gravé, d'une écriture malhabile, les lettres I, E, N, O, P, G qui étaient combinée afin de former le mot "PIGEON". En bref, la créature s'attendait à ce que le Sphinx se rapproche afin de lire la gravure et comptait l'attaquer par surprise. Très mesquin.

- Vous avez compris que j'avais percé à jeu votre petit manège ou je peux toujours tenter de m'approcher de vous en vous faisant croire que je baisse ma gar...

Emettant un bruit à mi-chemin entre l'aspirateur et le klaxon, le robot donna un violent coup de hache à l'arbre dont le tronc se brisa en deux, provoquant la chute d'un arbre en direction du masqué. Le général des météors se jeta donc sur sa droite, afin d'éviter la titan végétal, et vit avec surprise l'espèce de robot foncer vers lui.

Mû par son instinct, le Voyageur ne tenta pas de lui flanquer un violent coup de pied afin de le projeter à l'autre bout des bois mais se jeta plutôt sur le manche de son arme, afin de tenter de la lui arracher. À sa grande surprise, la force du cyborg était extrêmement forte et il parvenait tout juste à immobiliser l'arme.

Déployant ses ailes, le masqué serra davantage le manche et se mit à balancer de violents coups de pied dans le torse métallique du robot, dans le but de lui faire lâcher prise. Chacun des coups produisaient un choc épouvantable et le métal se gondolait légèrement, mais le robot tint bon, des étincelles de frictions se créant alors que ses mains restaient agrippées au manche de sa hache.

Il tenta également de donner des coups de pied au masqué, mais son torse était maintenu trop loin par les coups du Sphinx pour que ses pieds métalliques fassent autre chose que battre dans le vide.

Un sifflement déchira les tympans du masqué et il sentit une douleur vive lui traverser l'épaule. La pointe d'une gigantesque flèche venait de ressortir de sa chair, se diluant dans son sang aux vertus corrosives.

Le masqué se déplaça avec le robot en pivotant sur lui-même, afin de se mettre hors de portée du tireur. Ce fut à ce moment-là que le robot se décida à lâcher, chutant à toute vitesse vers le sol pendant qu'un Sphinx médusé voyait deux flèches voler vers lui à toute vitesse.

C'est ainsi que débutait sa rencontre avec Boro et Gamos.

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 10 Avr - 13:37

Tout ce que pouvait dire Joy, c’est que la surveillante Sépia semblait planer sévère. Les yeux blancs, un sourire confiant planté sur sa figure, et une façon particulière de se tenir...elle ne rappelait pas spécialement la jeune créature qui surveillait les mineurs. Le matheux pensa que le choc qu’il lui avait donné l’avait peut-être un peu trop secouée comme une bouteille d’Orangina (gag) mais elle ne semblait juste pas présente dans le monde onirique – simplement ailleurs, dans sa tête, entre ses deux yeux blancs. Elle poussa un râle long et faiblissant à mesure que Joy s’approcha d’elle, tandis que Cep s’enfonçait dans la terre, pâlissant encore un peu plus de frayeur.


- Sépia ? Ça va dis ?
- Joy Killamanjiro, c’est la deuxième fois que l’on se voit. Le cadeau que je vous ai fait vous aidera à comprendre l’enfant qui vaut ma forêt.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis celui qui parle la langue du bruissement des feuilles dans les sous-bois venteux, je suis la pousse qui s’élève dans la pleine lumière de la vie, je suis la ronce, l’aubépine, jusquiame qui donne la mort, l’ortie qui pique et qui soigne ; je suis la demeure des rêves des arbres…
- Vous êtes…




Sépia ouvrit la bouche et partit en effeuillements rapides, comme soufflée par le vent. Un tas de feuilles rousses au sol, c’était tout ce qui restait de la petite surveillante. Le matheux et son copain Pépin regardèrent le tas de feuilles en silence, plongeant Joy dans une intense réflexion, suivit d’une idée, une possibilité, une résolution logique aux éléments déposés par Sépia après sa mort. Il esquissa un sourire. Il était évident que Kid Pumpkin n’agissait pas impunément, sans avertir les autorités de la Forêt des Rêves. Rares mais présentes, il l’avait peut-être oublié. Ainsi, Joy se sentit quelque part « investi » d’une certaine mission, qui changeait désormais la donne. A partir de ce moment, il agissait pour le bien de la Forêt, éventuellement contre elle. Les lois, la morale, l’intérêt de ne pas faire de vagues, tout cela venait de sauter, si c’était bien le message qu’il venait de recevoir de la part de…

Il se concentra, accumula les formules dans les os de son bras droit, pour les renforcer le plus possible. Il mit plusieurs minutes, il n’avait pas encore utilisé sa technique sur un point précis de son corps, jamais à ce niveau de puissance. Jamais avec l’algorithme qu’il créait pour former une trajectoire à son bras à son poing, doublée d’une vitesse accrue. Puis, ayant terminé de tout calculer, il se leva et activa les formules. Son bras droit partit comme une flèche, frappa la porte de barreaux et l’envoya, enfoncée en deux en son milieu, au sol. Les rebelles de la mine se levèrent, étonnés, Pépin réclama sa libération. Joy, qui se tenait l’épaule sous le choc, utilisa des formules pour les libérer, mais il fut stoppé par l’arrivée des gardes. Pépin hurla de frustration en voyant les types arriver par la porte défoncée par Joy.




- Il aurait fallu nous libérer avant, sombre idiot !
- Je pensais que ça ne marcherait pas ! Laissez-moi faire !




Il se tourna vers les gardes, fit tomber leurs armes et alourdit les vêtements qu’ils portaient. En deux secondes, la troupe tomba au sol, désarmée. Les prisonniers prirent les armes et les casques pour casser les chaînes, finalement un trousseau de clés apparut et ils les essayèrent toutes, en surveillant les gardes au sol. Une fois la cellule libre, Joy serra les mains de Cep puis de Pépin, en leur souhaitant bonne chance. Car il irait seul régler cette histoire.




- On...t’oublie...ra...jamais…
- Partez maintenant, mangez pour retrouver vos forces...et vos corps ? J’sais pas comment ça marche. Pépin, file retrouver ta famille !
- Oui chef ! Merci pour tout !



Il partit au fond du couloir et tomba sur une troupe de gardes alertée par les cris des luttes et les cliquetis des armes ; et les cris des autres prisonniers qui gueulaient leurs libérations, accessoirement. Pépin fut transpercé par une demi-douzaine de lances qui ressortirent dans son dos, et il fut projeté sur le côté, mort sur le coup. Joy se mordit la lèvre, activa une formule pour alourdir armes et vêtements, une nouvelle fois. Une fois que la troupe fut au sol, entourant le corps transpercé de Pépin, il courut dans l’autre sens. Il courut jusqu’à trouver de l’air et ne plus penser à la mort qui venait de surgir devant lui, par un type qui l’avait aidé…

Il sortit finalement de la prison. Le Clos était assez calme, même si on regardait le bâtiment d’où il sortait, en fait une façade creusée dans la pierre, avec une certaine inquiétude. Il salua une dernière fois Cep et la bande de mineurs, et traça finalement dans la rue pour fuir le plus rapidement possible le Clos Champignon, qu’il appellerait désormais le Clos qui Craint.

Joy espérait que le Sphinx avait pu voir la scène, pour se mettre en route et aviser de la suite des opérations. Le matheux n’avait plus de nouvelles de ses deux autres acolytes. IL se remémora les mots de Pépin, qu’il regrettait puissamment : une dizaine d’hommes armés, deux mercenaires, Boro et Gamos. Il réfléchissait tellement qu’il ne vit pas un bras tendu s’emparer de lui et le mettre dans une ruelle plus tranquille. Samuel, l’œil alerte, le mit au courant de la situation, surtout du laxisme corrompu des dirigeants du Clos. Pumpkin savait y faire, on pouvait au moins lui reconnaître ce talent. Le jeune voyageur, au contact du vétéran, se calma un peu et fit le tri dans ses émotions. La libération avait été plus difficile que prévue, mais il avait maintenant un allié de poids dans tout ce chaos orchestré par Kid.





- Samuel, j’ai eu un contact en prison. Il me semble que c’est lui, non, attends, je suis sûr que c’est lui, mais je n’ai pas très bien compris ce qu’il m’a demandé…
- Qui ça, lui ?
- Le maître des lieux.
- Oh. Bon.
- Oui, et il m’a donné un cadeau qui sera utile pour vaincre Kid. Je n’ai pas compris, ou alors...oui ! Je n’ai pas assez fait attention à ce que me disait ce cadeau !
- C’est-à-dire ?
- Sphinx est parti ralentir le convoi n’est-ce pas ? Bien. Nous allons le rejoindre. Peux-tu contacter des gens de ton Clos ? Si on récupère le convoi, il faudra s’en débarrasser, ou le défendre.
- Par le défendre, tu entends « en faire un appât » pour piéger Kid ?
- On peut. Mais il nous faut du monde. Les Singes du Clos Banane, ton Clos, par exemple. Et tous les autres, tout ceux qui voudront protéger leur Forêt. C’est Lui qui le demande.
- Bon, je vais les prévenir et je vous rejoins au convoi. Prends de l’avance, Sphinx est bon, mais on ne sait pas encore le niveau des pointures en face.
- Entendu. Rejoins-nous aussi vite que tu peux, ou ralentis les alentours. Il nous faut ce convoi !
- Joy, évite de te séparer du Meteor, à partir de maintenant. Si jamais vous êtes de nouveau la cible de Kid Pumpkin, tout seul, tu n’arriveras à rien. C’était ma faiblesse contre lui, et c’est sa grande force : diviser pour mieux brûler.
- Je note, je transmettrai au Sphinx. Autre chose ?
- Tu es assez différent de ton frère, tu aurais eu ta place dans notre Clos.




Le matheux, encouragé par les mots du vétéran, traça à travers la Forêt, mené par un papillon qui devait sans doute l’approcher de son acolyte Général. Il augmenta sa vitesse de course, pas au point d’aller au maximum. Il avait utilisé pas mal d’énergie pour sortir de la prison, et il en gardait sous le coude pour affronter le reste de la nuit. Il avait appris à se modérer depuis quelques temps, et sa puissance augmentait de jour en jour, elle lui permettait de tenir maintenant la distance dans ce genre de péripéties, malgré des moments plus intenses, comme le bras chargé défonçant la porte. Mais son épaule lui faisait horriblement mal malgré tout.

Les phalènes se succédaient, le Sphinx avait pensé à tout pour guider ses potes. Joy allait vite, finit par apercevoir le convoi arrêté sur la route par un énorme tronc, et essaya de passer à une distance raisonnable pour retrouver Sphinx. Il vit au loin un tronc tomba et des ombres bouger, il alla donc dans cette direction et trouva le Meteor en plein combat. Pour l’heure, assez petit et plutôt discret, le matheux se planquait en observant le combat en cours. Rien de tel pour former des formules sur les points faibles de ses adversaires ! Il vit le combat s’engager assez violemment entre le Sphinx et une sorte de robot rouge plutôt stylé. Il vit aussi la flèche se planter dans l’épaule de son camarade, et essaya d’en déterminer l’origine. Dans sa tête, le robot avait déjà perdu, mais il en fallait au moins deux sur deux, pas un sur deux. Trop tard...deux autres flèches fonçaient sur Sphinx et Joy plaça de loin deux formules de poids, qui les stoppèrent avant de toucher leur cible. Dès lors, il savait que le tireur allait se douter d’un deuxième homme de l’autre côté. Tandis que le combat entre les deux reprenait, il cherchait des yeux le tireur, Boro ou Gamos, au choix, avant que celui-ci ne le trouve, mais il n’arrivait à rien. Il voyait des flèches partir en direction de Sphinx, ou vers lui, et il parvenait à les arrêter aux derniers moments, parfois risquant leurs deux vies…

Puis il le vit. Un être de la forêt ? Possiblement. Des oreilles pointues, une longue chevelure brune comme des fils électriques, une main bionique, un arc intégré à son corps, et une tête avec des jumelles rouges qui rétrécissaient jusqu’à l’arc de métal. Un robot-sniper. Désigné comme une femme, avec une carrosserie taillée pour la planque. Le robot tourna la tête et Joy vit une partie humaine sur le deuxième œil, celui qui visait. Cyborg, elle aussi. Le robot disparut, mais le matheux put voir le combattant au corps à corps foncer vers lui, tandis qu’un arbre tombait sur le Sphinx. Le lutteur n’avait pas attendu la réaction du masqué, il fonçait droit sur le matheux, tandis que des flèches venaient vers l’homme-papillon. Swap d’adversaires, comme on appelait ça…

Alors qu’il venait vers lui, Joy plaça des formules qu’il activa immédiatement, et le robot tomba au sol. Et d’un.



Spoiler:
 


- Une boîte de conserves ne peut rien me faire, qu’on se le dise !


Une épaule s’ouvrit en deux et une balle fut tirée par le cyborg. Le matheux sa jambe traversée par un éclair froid, et du sang couler abondamment.



- J’ai rien dit. Merde…



Se déconcentrant, il délaissa les formules posées sur le cyborg pour défaire la balle enfoncée dans sa jambe, qu’il extrayait en utilisant du magnétisme, tentant une formule un peu hasardeuse. Le cyborg l’attaqua de nouveau, et Joy envoya la balle, modifia sa trajectoire pour shooter un œil, ce qui fit chanceler son adversaire. Un bandage et sa jambe n’aurait presque plus rien. Presque. En attendant il concentra une nouvelle fois ses formules dans son poing droit et s’apprêta à l’enfoncer quelque part.
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Mer 24 Mai - 13:02

Quelques mètres avant de s'enfoncer dans la poitrine, les flèches changèrent de direction et plongèrent vers le sol, comme dirigées par des mains invisibles.

Un sourire donna au visage du masqué un air amusé.

* C'est pas trop tôt, Joy ! *

Quant au robot qui s’était écrasé au sol, il tritura le manche de sa hache et l’arme se chargea d’une espèce d’aura bleutée qu’il fracassa ensuite contre le sol, créant une explosion qui projeta le robot combattant à toute vitesse, en direction d’un Voyageur masqué qui l’attendait avec la ferme intention de le renvoyer au sol, pour de bon. Sphinx tenta de lui assener un coup de pied dans l’estomac mais le robot fit tournoyer sa hache, obligeant le masqué à interrompre son action pour ne pas se faire trancher en deux.

L’inertie de la hache lui avait toutefois donné une ouverture et il put foncer sur le robot, mobilisant son bras droit pour éloigner sa hache et se placer dans une position favorable au défouraillage de Terminator sylvestre.

Les flèches pleuvaient mais le masqué se savait couvert et put se concentrer sur le lutteur à qu’il assena plusieurs coups vicieux, ses phalanges agrippant le métal plus qu’elles ne le frappaient, à la recherche de câbles à arracher. Les phalanges du général étaient blanchies par l’effort et ses doigts creusaient de véritables sillons dans la carrosserie de Gamos qui laissa échapper un « Fils de pute ! » bien senti, tout en tentant d’utiliser sa hache. Il parvenait à faire bouger le manche, mais pas assez pour pouvoir s’en servir contre le masqué qui ne le sous-estimait plus et se servait de sa puissance à son maximum.

- Ah, t’as une langue finalement ?

Sphinx ne crut pas si bien dire, l’androïde ouvrit soudainement sa gueule et une espèce de câble métallique se dirigea à toute vitesse vers le masque de Pyro qu’arborait le météor, qui fut obligé de lâcher le robot pour esquiver cet assaut improbable. Le câble eut tout de même le temps de lui toucher la tempe, lui faisant perdre momentanément ses esprits pour quelques dizaines de secondes, le temps de retrouver la couleur.

Le colosse de métal profita de sa liberté pour s’accrocher avec son appendice contre un arbre, s’y projeter, le trancher en deux avec sa hache, le balancer dans la direction du masqué et se ruer vers Joy qui était à découvert. De quoi faire crisser les dents d’un MJ pour délit de surabondance d’actions dans un même tour.

De l’autre côté, l’archère cyborg qui s’était également mise à découvert se mit à faire pleuvoir des flèches sur le masqué qui eut la présence d’esprit de se décomposer en nuée de phalènes, avant de se disperser dans la pénombre relative du couvert des arbres et de disparaître du champ de vision de Boro.

Pendant ce temps, Joy découvrait les joies du combat en affrontant l’Inspecteur Gadget, qui semblait avoir encore beaucoup d’armes sous le coude. Qu’est-ce qu’il avait encore, un noyau interne explosif qui pourrait causer une déflagration aussi importante que celle d’un Boomobab ? Oups, ais-je accidentellement joué les narrateurs spoilers ?

Lorsque Joy enfonça son bras dans le corps du cyborg, celui-ci attrapa le bras du matheux afin de le maintenir emprisonné d’un cercueil de métal, puis déclara d’une voix métallique et monotone.

- Adieu, humain.

Son crane métallique s’éclaira d’une lueur bleutée, tandis que des chiffres translucides s’affichaient sur sa chair de métal, comme un ensemble de matrices dont les valeurs changeaient de manière chaotiques, toutes les trois secondes. En parlant de secondes, seul Garam savait combien il en restait à Joy avant qu’il ne se fasse exploser.

Non loin de là, sans savoir la menace qui lui pesait sur la tête, le Sphinx s’était reformé dans l’angle mort de Boro et appliquait sa trompe contre le crâne de l’archer.

- Tu vises bien mais, à cette distance, j’ai pas besoin d’être meilleur tireur que toi pour gagner.

Une détonation retentit et de nombreux volatiles en tous genres s’envolèrent et quittèrent la cime des arbres.

Le contre entre le sang corrosif de Sphinx et un fluide explosif ? Une arme cachée dans le dos de Boro ? L’explosion du noyau interne de Garam ? La fin ouverte d’un RP agrémentée d’une rupture du quatrième mur lors de la narration ? Carvey qui vient de découvrir à quoi servait le bouton situé sur l’artefact « R.A.N.D.O.M » ?

[HDJ : Format plus court afin d'être plus raccord avec un format "combat" Smile ]

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Lun 5 Juin - 16:27

Étrange...le corps de Joy répondait sans que ce dernier ne l’ait décidé. Peut-être que le robot tueur avait tout anticipé et avait un sens du combat prononcé. Ou alors le destin était-il réellement à l’œuvre, comme au Kitsune ou à la Celestiafest ? Dans tous les cas son poing s’était enfoncé disons mécaniquement, sinon de manière obligée, dans un endroit que Joy n’avait pas décidé, mais il allait faire avec. Avec quoi ? Le robot passait d’une parade à ce qui semblait être une tentative désespérée et kamikaze. Était-ce là sa seule solution ? Fort heureusement, le matheux ne fit pas attention aux chiffres en les voyant changer toutes les trois secondes. Impossibilité de calculs, comme si le destin s’acharnait encore plus sur lui...Il esquissa un sourire, et envoya dans l’autre bras les formules de l’Instalock Ossadure, de quoi casser du métal en deux. Sa jambe le faisait souffrir, mais il réussit également dans la foulée à placer des formules de trajectoires et de vitesses en algorithmes. Tout était prêt, alors que le robot grinçait de ricanements, semblant savourer sa victoire.


Alors, tout se passe très vite. Joy enfonça son bras libre dans le cœur du robot, en augmentant la vitesse d’exécution de son poing. Le principe était simple : créer une impulsion nette et franche en plus de la puissance de ses os durcis au possible. Brisé en deux, le robot émit un grésillement inquiétant, et Joy lança à ce moment le double algorithme. Avec la force de projection, le robot partait logiquement vers l’arrière, et il partit de fait très rapidement et très droitement vers l’arrière avec les formules placées par le matheux. Il eut un dernier cri de rage et il explosa au milieu du trajet, couchant Joy au sol. Le temps se mua dans un noir cotonneux, des oiseaux s’envolèrent sous le choc et Joy se réveilla quelques instants plus tard. Une jeune créature se tenait devant lui. Sépia. La jeune fille du Clos Champi. Elle se balançait sur une liane, puis avec de l’élan elle arriva droit sur le voyageur couché dans l’herbe. Il vit son corps noirci, des entailles partout, du sang visible, des plaies ouvertes. Sépia lui appliqua des herbes et il sentit les douleurs s’estomper. Il zieuta la plante et l’avisa avec son œil spécial, la Graine qu’il avait depuis ses travaux dans le Royaume. Il comprenait, la plante soignait les blessures, coagulait le sang et rétablissait rapidement la peau. Elle émettait une odeur de mélasse fraîche, une odeur paradoxale qu’on ne pouvait trouver qu’ici. Sépia s’arrêta devant Joy, et le voyageur y alla au bluff.




- Vous...vous êtes là pour la Forêt...on s’est déjà croisé.
- …
- Pumpkin...Il va tout cramer, tout détruire, et vous le laissez faire ? Ou alors...oui, j’ai sauvé une fois votre Forêt, pourquoi pas une deuxième fois, n’est-ce pas ? Vous croyez en moi.
- …Mon enfant...pourquoi les forêts sont-elles encore nos habitations ?
- Parce que vous êtes trop radin pour payer un loyer...j’sais pas…
- Ah ah ! Non, parce que tout repousse, même après la mort, même après la destruction.
- Il faut pour cela arrêter le carnage. Et on joue aux devinettes ici.
- Je vous ai donné un cadeau, vous pouvez bien m’en rendre un.
- Deal.


Sépia s’enfonça dans le sol en souriant, sans rien dire de plus. Comme lors de leur première rencontre anonyme, Joy ne dit rien de plus et ne chercha même pas à réfléchir. La présence de cet être si étrange confirmait simplement ce qu’il se demandait depuis le début. Le matheux se releva et remarqua que des plantes et des herbes avaient poussé sur son corps, refermé les plaies et les blessures causées par le robot qui était en train d’être grignoté – enfin ses restes – par des insectes qui frétillaient parfois en recevant les dernières traces d’énergie.


Le matheux retourna au convoi, ne sachant plus trop où se trouvait Sphinx dans l’épaisse forêt. Surtout, comme à son habitude, il détestait les combats qui s’étiraient alors que l’objectif restait en plan. Allez savoir, réflexe de quelqu’un qui avait l’habitude qu’on lui pique ses affaires ou inquiétude primaire et possessive. Il retrouva le chemin et vit le convoi, avec les hommes qui reprenaient la route. Il déploya ses billes mais des vagues de flèches criblèrent le convoi, et les soldats d’escorte tombèrent comme des mouches. Après un instant, Joy sortit en volant, les mains en l’air et gueula.




- JE SUIS LA POUR DÉTRUIRE LES ENNEMIS DE LA FORET ! NE TIREZ PAS ! MONTREZ-VOUS ! !




Des instants assez longs et solitaires suivirent les mots du voyageur, puis des créatures, habillées avec des végétaux, de grandes feuilles, tenant des arcs immenses et des flèches vertes, coiffées avec des fleurs et des plantes diverses, apparurent. Les habitants de la forêt, à n’en pas douter. Le voyageur esquissa un sourire et se posa au sol pour saluer celui qui semblait être le chef, un grand baraqué qui tenait une arbalète stylisée et gravée. Il bredouilla, s’écarta pour laisser apparaître une grande dame élégante aux yeux sublimes.



Galahad:
 



- Je m’appelle Galahad. Je suis une prêtresse d’un nouveau Clos, le Clos Mystique. Fondé par mes soins, et bien sûr laissé immaculé de toute cette agitation. Vous ne me connaissez pas, mais j’étais Générale dans les armées forestières fut un temps. Et je ne compte pas, avec mes troupes, me laisser faire par le Kid. Vous portez les stigmates de mon Roi, j’ai donc confiance en vous. Mais votre ami devra répondre de ces actes.
- Des actes ? Il est venu pour vous sauver !
- La forêt est un petit Royaume, bien sûr, et les actes généreux ne remboursent pas tout à fait les plus ignominieux.
- Igno quoi ?
- Minieux. C’est pourquoi avant de vous apporter mon aide, mon charme et mes troupes, j’aimerais écouter votre ami répondre de ces actes. Ce...Meteor. J’ai perdu beaucoup de mes frères et de mes sœurs d’armes face à son armée. Selon ses gens, nous n’avons rien à faire ici !




La Générale criait à son peuple massé sur le chemin, encadrant les chariots. Le peuple de la forêt se révoltait lentement mais sûrement, et sûrement pas contre les bonnes personnes. Joy vit le Sphinx revenir de son combat, seul. Il lui fit un geste en écarquillant les yeux pour signifier la gravité de la situation, espérant que le Meteor aurait la palabre assurée.
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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Jeu 29 Juin - 17:56

Une explosion retentit, soufflant le masqué qui pressa la détente trop tard. Son armure de chitine avait pris le gros des dégâts causés par les éclats d'écorce et de métal, mais il n'était pas non plus au meilleur de sa forme. Non loin de lui, se relevant, le cyborg féminin exhibait sa cuirasse noircie comme pour narguer le masqué. La créature fut la première à reprendre ses esprits et parvint à décocher deux flèches en direction du masqué avant que celui-ci ne puisse lever sa trompe.

Tirant une salve de sang corrosif sur les flèches, le masqué les réduisit en fumée avant de foncer sur l'archère.

- Désolé du contretemps.

Une flèche encochée, l'archère tenta de s'éloigner d'un bond surhumain mais le masqué n'était pas aisé à distancer sur un terrain découvert. Les séquelles qu'avait laissé l'explosion lui profitait et la créature robotique ne pouvait qu'espérer gagner le couvert des arbres. C'est donc ce qu'elle tenta de faire avant que son cortex bionique ne fut abattu, à bout portant.

Le Sphinx s'assura que le tireur d'élite était bon pour la décharge avant de s'inquiéter de l'état de Joy. Ne le voyant pas dans les environs, il décida d'envoyer de nombreuses phalènes inspecter les sous-bois tout en se déplaçant dans une direction au hasard.

Lorsque ses phalènes trouvèrent le jeune homme en pleine sessions de "Pourparlers ?", le masqué découvrit que la direction qu'il avait prise était celle opposée à l'endroit où se trouvait Joy. Car bien entendu, le matheux était retourné au convoi. Et bien entendu, le masqué avait omis de laisser des phalènes sentinelles afin de l'en alerter ou même de savoir si leur cible initiale allait reprendre la route.

Tu parles d'un général... L'Art de la guerre n'avait certainement pas été son livre de chevet...

* Merde ! *

Son onomatopée mentale fut reprise par la colonie de babouins télépathes qui peuplaient cette partie de la forêt, ce qui n'eut pour résultat que de l'agacer davantage. C'est donc un Sphinx encore un peu sur les nerfs, assez fatigué d'avoir guerroyé avec des robots psychopathes, qui arriva en face de Joy et de ses nouveaux copains.

Les créatures végétales étaient parvenues à prendre le contrôle du convoi, ce qui était une bonne chose. Cependant, elles n'avaient pas la réaction escomptée à l'encontre du jeune homme masqué. Okay, il portait le masque à gaz d'un célèbre pyromane de jeu-vidéo mais était-ce une raison pour manifester de l'animosité envers quelqu'un qui tentait d'aider la Forêt ?

- Salut Joy ! C'est quoi ce plan ? Pourquoi j'ai l'impression que si j'fais le moindre faux mouvement, je vais ressembler à Besson le hérisson ?
- Parce que tu n'es pas nécessairement le bienvenu en ces terres, météor. Quelques actes et preuves de bon sentiment ne rachètent pas une conscience.

Le "Tu t'appelles Joy ?" ne semblant pas des plus judicieux à employer avec un interlocuteur commandant à une armée, le masqué s'efforça de ravaler son agacement. Sans ketchup et sans salive, ça avait du mal à passer et il devait faire une tête assez coquasse.

- Je vois. Est-ce que vous pensez sincèrement que vous allez faire naître des vocations de gentils boyscout si vous tirez sur les gens lorsqu'ils tentent de revenir sur le droit chemin ou de faire des bonnes actions ? Et puis, sérieusement, c'est quoi ces manières de juger les gens à leur gueule. Okay, je suis un météor, ça veut dire que tous les actes commis par les météors me sont imputables ? C'est quoi cette logique ? Si je vous dis que ma grand-mère est morte étouffée par une feuille de thé, nous considéreriez-vous quittes ?

Bon, l'agacement n'était finalement pas passé.

- Plus sérieusement, il y a une espèce de malade mental qui essaie de cramer toute la Forêt et vous semblez plutôt déborder. C'est bien beau de débarquer et de se la jouer "cavalerie" mais si Joy et moi n'avions pas arrêté le convoi, le Kid aurait de nouveaux joujoux à tester sur votre jolie forêt. Et j'ai un compte à régler avec ce crevard donc faites mon procès si ça vous chante mais attendez au moins qu'on en ait réglé avec toute cette histoire, afin que vous ne finissiez pas mon procès le cul assis sur un tas de cendre.

Le Sphinx attendit, espérant que la jeune prêtresse ne soit pas dure...

de la feuille !!!

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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Mar 4 Juil - 12:28

La tension était palpable à l’arrivée du Général Meteor. Les créatures n’avaient pas la mémoire courte, forcément. Le ton en plus plutôt plaisantin avait eu raison des dernières hésitations, si bien que la situation devint rapidement critique. La défense du Sphinx avait le mérite de souligner ses bonnes intentions, un peu moins son humour. Il aurait pu attendre un peu, pas sûr que Galahad goûte au ton un peu cynique du voyageur masqué, mais enfin, il avait quelque part raison d’insister sur ses actes, différenciés de ceux des Meteors même si...il était inutile d’en parler maintenant. Une armée standardisait les hommes et les rendait collectifs, non pas individuels, mais c’était un autre débat, qui ne serait pas permis.


La Générale écoutait attentivement l’autre Général et demanda à ses hommes de baisser les armes et de reprendre une activité normale. A savoir errer autour des chariots brûlants. Certains voulaient les détruire en les plongeant dans une rivière non loin, d’autres souhaitaient les conserver comme monnaie d’échange ou force de frappe. La cheffe alla voir les deux voyageurs pour demander leurs avis, montrant ainsi sa volonté de concilier les convictions contraires avec le Meteor. Joy réfléchit aux difficultés que représentait le convoi, puis proposa son avis, avant d’écouter celui de son camarade voyageur.




- Je suis pour les garder. Il y a deux possibilités : soit ils viennent les chercher, et dans ce cas on force le combat. Je suppose qu’on va retourner dans votre camp, du coup on met en place des guets, éclaireurs, et des cuves d’eau pour nous débarrasser des Boulefeus en cas d’attaques ; deuxième possibilité, on s’en débarrasse et on les affaiblit...on ne joue pas...avec le feu du coup.



Selon la décision de son camarade, les Boulefeus seraient conservés dans la suite de leurs aventures, ou non. Le jeune voyageur laisserait les deux généraux décider à sa place, conscient qu’ils seraient plus enclins à trouver la meilleure stratégie puisqu’ils étaient en guerre ensemble, dans le même camp. Ce camp d’ailleurs, les hommes s’y dirigeaient, avec les deux nouveaux voyageurs. Le Clos Mystique était un ancien Clos de la Forêt, qui ne portait pas une nomination alimentaire qualifiant les récoltes principales de l’endroit. Il y avait d’énormes maisons en bois et en écailles émeraudes, en or et en cuivre. Comme de magnifiques maisons elfiques, avec des toits gigantesques, qui se posaient sur des troncs gigantesques, dans l’enceinte d’une énorme muraille composée uniquement d’arbres multi-centenaires, ayant des troncs gigantesques, des branches comme des troncs et des feuilles qui retombaient sur les rues pour protéger des pluies, ou qui montaient au ciel pour laisser la lumière baigner le Clos. C’était de loin le plus magnifique, le plus grand et le plus fortifié de tous, et de loin. Le plus peuplé, car tous les combattants de la Forêt, sous l’égide de Samuel, venaient se retrouver là pour former un ordre de bataille clair et collectif. Ils avaient mis le temps, mais la Forêt entrait pour de vrai en guerre. Ils firent leur entrée dans la maison de Galahad, au sommet d’un arbre incroyable aux feuilles bleues et luminescentes, qui changeaient de couleur selon les émotions de la Générale. L’arbre répondait à son état d’esprit, et quand elle entra, les feuilles se transformèrent pour prendre la robe du pourpre agressif. Dans une sorte de salon, les leaders des Clos rebelles se tenaient autour d’une table représentant la Forêt. Samuel était présent, comme Jude, le prince Gorille du Clos Banane, et son père, un énorme gorille en armure et avec un gatling qu’il disait prête à lancer des bananes explosives. D’autres leaders soit aperçus soit inconnus siégeaient également et discutaient en petits groupes. L’arrivée du Sphinx fit taire tout le monde, Joy avança et le présenta à l’assemblée, ainsi que lui-même, et s’approcha de la carte pour étudier la situation. Il croisa rapidement le regard de Samuel, qui lui fit un clin d’œil. Ils seraient, lui comme Sphinx, écoutés en ces lieux. Il exprima d’abord un plan possible, puis écouta le Sphinx.



Clos de Cendres:
 



- C’est donc le Clos de Cendres de Kid Pumpkin, la base de sa folie...Je suis d’accord avec vous tous, en ne sachant pas nos forces, et après avoir vu le Clos Mystique, je ne crois pas à une attaque ici. Nous devons l’amener à combattre sur son Clos, et pour ça, il ne comprendra qu’une seule chose : l’ordre de marche. On envoie les troupes sur son Clos, avec un maximum de bruits. Il doit forcer son attention sur son Clos, désormais. En faisant cela, on épargnera la suite de la Forêt. Il siège dans l’Arbre Calciné, son palais, au centre du Clos. Je pense qu’on doit amener les incendiaires [les boulefeux s’ils sont là] sur l’est du Clos, pour foutre un maximum de bordel. Les snipers et les archers, au sud. L’ouest sera difficile d’accès, mais peut offrir une fuite facile, il faudra couvrir, mais pas forcément attaquer. Placer des pièges et…
- Il nous faut un siège de la ville, c’est ce que vous dites ?
- Oui, mais Kid Pumpkin se croit plus fort et plus puissant que nous. Il n’attendra pas. Le tout doit se jouer en une nuit. Début du siège, pièges placés rapidement, attaque deux trois heures après. On vise le centre, on crame et on tue. Les singes, je finis, arriveront du nord. Samuel sera sur un poste avec la vue sur tout le Clos, Sphinx et moi, on se dirige au centre. Je ne connais pas encore votre plan, pour l’heure, mais il est certain que la Famille sera là. Sphinx pourra s’en occuper, et je vais tenter d’avoir Kid. Mais seul, je risque d’y laisser ma peau. Des objections ? Sinon je laisse mon ami Sphinx présenter un plan possible, ou consolider mes stratégies.



Le matheux se recula et laissa les généraux et les chefs reprendre leurs plans en écoutant celui du Meteor et en prenant en compte le plan possible du matheux. Une fois les choses mises au point, une fois tout le monde d’accord, il alla prendre un moment libre pour faire le tour du palais de Galahad. Sur un balcon émeraude et doré, elle le rejoignit. Elle souriait toujours et le regardait comme le faisaient souvent les créatures, une sorte de malice, de la fascination et une pointe de moquerie, toujours.



- Vous avez rencontré notre Roi, je crois.
- Oui, mystérieux...mais généreux.
- Vous connaissez les plantes, c’est l’un de ses pouvoirs, oui…alors vous devez savoir…
- Oui, vos habitations sont en cristal boisé, la quintessence, le bois le plus cher raffiné pour créer un semblant de métal précieux...c’est assez incroyable, même si ça n’a d’autre utilité que le luxe.
- Je suis assez vieille, comme créature...j’en ai vu passer, pour tout vous dire. Des voyageurs, des Kid Pumpkin. Des soldats, aussi. J’ai combattu pour cette Forêt, comme aujourd’hui…
- Pourquoi ce nom de Clos Mystique ?
- On dit que les arbres ici sont nos ancêtres. Le Clos originel. Le tout premier, celui qui a survécu. Mystique car magique, mystérieux, silencieux et…
- Et le dernier qu’on trouve, après avoir vu tout le Royaume. Je comprends.
- Vous avez peur, Joy ?
- J’ai peur de la douleur des flammes, j’ai peur de voir des innocents périr. Mais depuis que j’ai combattu ma phobie scolaire, je n’ai plus peur de grand-chose. Ça n’empêche pas de souffrir. J’ai peur de changer un peu trop vite, aussi, de ne plus me reconnaître. Je pense que des gens comme mon ami Sphinx se disent la même chose...se reconnaître, c’est vivre en paix avec soi-même. Je doute qu’on soit quelqu’un d’apaisé quand on appartient à l’armée. Mais peut-être que vous en savez quelque chose.
- Hu hu hu...si vous voulez vous reconnaître, essayez, même dans la guerre, la rage, le feu et la folie qui nous contamine tous...essayez de rester conscient.
- Je vais essayer. Merci…



Il sauta depuis le balcon, s’envola et trouva une petite échoppe qui servait une liqueur locale. Il vit non loin de là Sphinx qui parlait avec Samuel et leur fit signe de venir s’asseoir à ses côtés. La nuit allait finir, et la prochaine promettait d’être intense…Il demanda trois verres et fit un dernier briefing.



- Quoiqu’il se passe demain soir, je suis ravi d’avoir œuvré avec vous. Sphinx, les Meteors engagent aussi ta personne, et ta personne engage tous les Meteors, c’est quelque chose que tu ne pourras jamais nier. Mais ce que tu fais ici montre que vous êtes plus complexes envers les créatures, plus tolérants aussi. Peut-être que c’est juste toi, mais même si c’est juste toi...j’apprécie beaucoup ce que tu fais. Voilà, c’est tout.


Il finit d’un trait le verre et se réveilla à cause du choc de la liqueur ultra forte dans son œsophage.





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MessageSujet: Re: Plutôt souffrir que mourir [Sphinx]   Hier à 14:42

Les bras le long du corps, le Sphinx continuait d’attendre, espérant que son agacement n’allait pas rapprocher sa rencontre avec le Thanatos onirique. Il avait dit ce qu’il pensait, comme il le pensait, sans beaucoup de diplomatie mais avec une transparence presque noble venant d’un gars portant un masque.

Il réprima un soupir de soulagement lorsque la créature demanda à ses hommes de baisser les armes. Il savait reconnaître une situation périlleuse lorsqu’il en voyait une et il venait tout juste d’échapper à une mort stupide, rapide et peu honorable.

* Eh bien, cette Générale est plus réfléchie que ce que j’aurais pu penser venant d’une créature. Peut-être plus… humaine, dans un certain sens. Nous sommes peut-être pas si différent tout compte fait… pensait Sphinx, tout en attendant la suite des événements.

Leur petit différend semblait réglé mais un autre problème était toujours d’actualité : que fallait-il faire des chariots. Certains voulaient les détruire, d’autres les utiliser, et la Générale semblait se préoccuper du leur, ce qui rendit le masqué encore plus songeur. Son agacement avait tout à fait disparu et il avait les idées claires. Il put ainsi offrir toutes les ressources dont il disposait à la résolution de ce problème, et laissa la parole à Joy afin d’avoir un peu plus de temps de réflexion et de faire bénéficier son idée de celles que Joy pourrait avoir.

- J’en vois une troisième : on les laisse ici avec un minimum de gardes en faisant croire au Kid qu’on souhaite forcer le combat ici, sur notre terrain, et que la majorité de nos forces sont mobilisés et embusqués dans les environs. Et pendant ce temps, on envoie le plus gros de nos forces attaquer sa base. Je vais vous laisser y réfléchir. Je ne connais pas encore l’étendue de nos forces et de celles de notre ennemi et sans cela, je ne peux pas vraiment argumenter cette troisième possibilité. Je trouvais toutefois intéressant de la mentionner.

Il fut décidé que les Boulefeux seraient gardés pour le moment, en attendant que les stratèges prennent une décision à leur sujet. Quant au souhait non formulé du Sphinx d’en savoir plus sur les forces de la Forêt, il fut exaucé puisque la Générale les guida jusqu’au Clos Mystique, l’un des Clos les plus anciens, les mieux protégés et les plus peuplés de toute la forêt.

Le Sphinx préféra ne pas révéler à la créature onirique que sa cité lui faisait penser à un croisement entre la Darnassus d’un certain MMORPG et la ville sylvestre de Tao dans les Cités d’or. Il se contenta donc d’hocher la tête d’un air entendu pendant que la Générale leur expliquait brièvement la fonction des bâtiments les plus importants.

La citadelle sylvestre s’étalait aussi bien en hauteur qu’en longueur et ils durent passer par de nombreux ponts de singe (version bling bling, bien sûr) et des branches-escaliers afin d’atteindre la demeure de Galahad, située en haut de l’un des plus grands arbres du Clos Mystique.

En pénétrant dans le salon, le Sphinx remarqua Samuel qui siégeait au côté de nombreux visages inconnus. Le fait que le Voyageur ne semblait pas avoir de siège plus distingué que les nombreuses créatures qui l’entouraient en disait long sur la valeur de ses compagnons de table. Le masqué en déduit qu’il devait faire face aux leaders des Clos qu’il avait tenté d’éviter de traverser en passant par les zones les plus dangereuses et sauvages de la Forêt.

Il reçut de nombreux regards peu amènes.

[ccolor=green]* Ironie, quand tu nous tiens… *[/color]

Il décida de ne pas réagir et de laisser le soin à Joy et à la Générale de calmer les plus furibonds. Il avait déjà dit ce qu’il avait à dire et ne comptait plus jeter de l’huile sur le feu. Le seul ennemi qu’il avait dans ce royaume était le Kid qui avait eu le malheur de traiter avec des ennemis de longue date du Sphinx (la Famille).

Il écouta ensuite, avec attention, le plan de Joy. Ce que proposait le jeune homme était étonnamment brillant et complet, surtout pour quelqu’un qui n’était pas connu pour avoir des activités militaires à Dreamland

Le masqué laissa les chefs débattre un peu du plan du jeune homme. L’un d’eux déclara qu’il fallait tout de même protéger les archers et les snipers, même s’ils auraient l’avantage de ne pas être trop à découvert, et proposa d’allouer ses hommes-buissons à leur protection. Tristement célèbre pour leurs capacités à entraver et engloutir tout combattant au corps à corps, ils feraient un mur de défense inébranlable si l’ennemi n’utilisait pas de flammes.

C’est justement sur quoi un autre chef s’exprima. Il proposa alors d’allouer certains de ses pompiers à la protection des hommes-buissons et, de suggestion en suggestion, la disposition et l’organisation des différents groupes d’assaut se firent plus précis.

Le masqué s’éclaircit la gorge puis déploya plusieurs groupes de phalènes qui allèrent se positionner sur la carte afin de représenter les différents groupes en présence.

- Bien le bonsoir. Comme introduit par mon partenaire Joy, je suis le Sphinx, général au sein du groupe dissident des météors. Je ne partage pas toutes leurs convictions et ne suis donc une menace que pour le Kid et la Famille, contre lesquels nous unissons actuellement nos efforts. Je suis donc ici à titre personnel et je vous saurais gré de tenter de ne pas trop ébruiter toute cette affaire car ma place au sein des météors en serait compromise, si elle ne l’est pas déjà.

» Nous ne nous sommes pas exprimé sur la question de ce que nous pourrions faire du convoi arraché à l’ennemi et je souhaiterais revenir sur ce point. Plusieurs possibilités avaient été émises : les garder et les utiliser contre l’ennemi, les détruire… Pour ma part, je ne suis pour aucune de ces possibilités. Les garder et tenter d’utiliser une arme qui pourrait avoir un lien empathique avec le Kid et se retourner contre nous serait de la folie, d’autant plus beaucoup d’entre nous sont inflammables. Quant à les détruire, ce serait renoncer à un avantage pour priver l’ennemi d’une petite quantité de ressources, alors que nous pourrions faire bien plus. Voilà ce que je propose : on les laisse dans un terrain connu et bien fortifié avec un minimum de gardes en faisant croire au Kid qu’on souhaite forcer le combat à cet endroit. Un terrain suffisamment important à nos yeux pour que l’appât du gain fasse perdre au Kid toute conscience des risques impliqués, et le pousse à se séparer d’une partie non négligeable de ses troupes.

» L’idée ici, c’est de diviser pour mieux régner, de forcer l’ennemi à prendre une décision, à douter. Ce sera d’autant plus efficace si nous restons le plus opaques avec vos subordonnés, Générale, de manière à maintenir d’éventuels espions dans la confusion.

» Le scénario catastrophe serait que l’ennemi envoie toutes ses forces afin de récupérer le convoi, y-compris tout son stock de boulefeux. Nous nous retrouverions à marcher sur un Clos désarmé et vidé de toutes ressources, et à ne ramener pour trophée qu’une peau d’ours mangée par les mites tandis que notre ennemi ferait razzia sur votre Clos. Mais je ne pense pas que vous seriez capable de laisser le Clos Mystique sans aucune défense, et de tout donner dans une bataille. Il en est de même pour le propriétaire du Clos Calciné.

» Ainsi, à moins que le Kid ne songe à récupérer les convois et à brûler toute la forêt dans la même nuit, il est plus que probable qu’il y enverra une force conséquente mais non indispensable. Bien supérieure à celle utilisée pour garder le convoi, mais suffisamment petite pour que nous n’ayons aucun intérêt à gagner cette bataille-ci.

» Ce que je propose, c’est ni plus ni moins que de sacrifier notre trophée d’aujourd’hui ainsi qu’une partie de nos troupes pour faire main basse sur l’intégralité des ressources de notre adversaire et surtout sur cet enfoiré de Kid. De perdre une bataille, mais de gagner la guerre. Et dans le cas où l’ennemi déciderait de ne pas récupérer les convois ou penseraient que nous les avons détruits, nous aurions placé si peu de forces pour les garder que nous ne serions pas pris au dépourvu et capables de mener tout de même l’assaut.

» Limite, si nous avons moyen de piéger les environs ou de placer le convoi dans une zone méconnue de l’ennemi et dangereuse pour vos soldats (le repère d’un arbre carnassier par exemple), cela pourrait nous permettre de faire d’une pierre deux coups. Si d’aventure vous aviez une idée d’un quelconque endroit, ou si certains de vos soldats seraient capables de mener cette opération suicide tout en survivant, faites-le moi savoir.


Globalement, les généraux et chefs semblaient approuver l’idée du masqué qui avait le mérite de s’intégrer assez facilement aux plans prévus par Joy et suivis par la majorité du conseil de guerre. L’un d’eux se proposa même de diriger le groupe leurre et de le constituer avec ses hommes. Il s’agissait du chef du Clos des Nénuphars dont les habitants avaient une relation symbiotique avec l’eau et dont le Clos flottait à la surface d’un gigantesque lac situé au milieu de la forêt.

Ils proposaient d’amener les convois en bordure du lac où ils vivaient (qui aurait constitué un champ de bataille parfait pour l’armée de Galahad puisqu’il aurait permis de réduire grandement l’impact des boulefeux ennemis), et de se jeter à l’eau avec le convoi au cas-où l’affaire tournerait mal. Etant capables de respirer sous l’eau et utilisant des sarbacanes dont le potentiel meurtrier n’était plus à démontrer, nul doute que l’ennemi tenterait alors de rebrousser chemin et arriverait trop tard pour venir défendre le Clos Calciné.

- De toute façon, nous ne les laisserions pas fuir impunément et finirions par les tuer, aussi importante soit leur force. Nous ne ferions pas de bataille rangée mais les tuerions petit à petit, avec aussi peu d’honneur qu’ils n’en ont eu à notre égard lorsqu’ils ont brûlé les foyers de nos voisins.

Un frisson parcourut l’échine du masqué. Si les météors avaient des vues sur la Forêt, il allait falloir que les masqué les fasse déchanter. Il était content d’être du même côté que cette bande hétéroclite de mutants végétaux.

Les discussions se poursuivirent et le Sphinx se renferma dans son mutisme, ayant dit tout ce qu’il avait à dire. Le plan prenait de plus en plus forme et il envoya des phalènes afin de détecter d’éventuelles oreilles attentives. Il ne semblait y en avoir aucune et il sentit soulagé d’un poids. Il aurait eu du mal à tuer l’un des sujets de Galahad et à ne pas entrer en guerre ouverte avec elle sans avoir de preuves plus concrètes que sa présence au mauvais endroit au mauvais moment.

Pendant ce temps, la réunion touchait à sa fin. Le salon de discussion se vida peu à peu et les invités se séparèrent en groupuscules, entamant des discussions plus personnelles. Certains discutaient de la tâche qui les attendait, d’autres donnaient leurs impressions sur la réunion et les plans proposés. Dans toute cette agitation, le masqué perdit de vue Joy mais retrouva Samuel.

- Je dois avouer que toi et Joy m’avez impressionné en proposant des tactiques aussi chiadées. Cela ne fait pas longtemps que vous êtes à Dreamland et vous n’avez que peu –voire aucune- expérience de stratégie militaire.
-On fait avec ce qu’on a. J’ai pas besoin d’être ingénieur en bâtiment pour savoir qu’il faut une maison bien ventilée et chauffée pour satisfaire son propriétaire. C’est pareil avec la guerre, je pense qu’il n’y a pas pire qu’un général qui se repose uniquement sur son expérience et sur son pouvoir, sans s’interroger de nouveau sur les besoins, les tenants et aboutissants de la guerre à laquelle il participe.
- Tu penses beaucoup de choses, Sphinx. Tu es doué mais pas plus que beaucoup d’autres jeunes gens dont beaucoup vont mourir dans les années à venir. Enfin, je ne vais pas te mentir, la survie tient souvent plus de la chance que du talent et je ne tiens pas ma longévité à ma chance seule.
-Est-ce une tentative de me déprimer ou de me rendre plus humble, Samuel ?

Ils avaient parlé en marchant et arrivaient à présent près d’une petite échoppe.

-Peut-être... Je n’aimerais pas que mon compliment te fasse prendre la grosse tête. Et puis, j’aimerais que tu réfléchisses sérieusement aux conséquences de ton implication dans cette guerre, et à ton affiliation aux météors.
-Je veux bien que les événements récents nous aient rapprochés, Samuel, mais il y a encore peu nous nous sautions à la gorge et je te considérais comme l’une des personnes menaçant ma longévité ici-bas. Je ne te demande pas de remettre en question ta retraite, agis de même en mon encontre.
-Nous ne sommes pas égaux, Sphinx. Écouter les conseils de ses aînés et les respecter se fait dans la plupart des cultures, la nôtre y-comprise.
-Non, en effet, nous ne sommes pas égaux. Je peux potentiellement commander à plus d’une centaine de Voyageurs dont les pouvoirs ne les poussent pas à fuir les dangers de ce monde. Non, ils en représentent les dangers. Quant à mes propres compétences, je ne doute pas que tu puisses me vaincre, compte-donné de ton expérience et de ta réputation. Je doute toutefois que tu sois encore en vie pour t’en vante.
-Je suppose qu’il vaut mieux laisser notre conversation en suspens pour le moment, et la reprendre quand toute cette histoire sera finie, général.
- Excellente idée.

Leur conversation était passée de chaleureuse et cordiale à glaciale, et seul le silence continuait d’y participer. Ce fut à ce moment que Joy apparut et leur fit signe de l’accompagner. Toujours un brin morose, les deux hommes le suivirent et s’attablèrent dans la petite échoppe.

Ce fut le plus jeune d’entre-eux qui engagea la conversation avec des politesses d’usage (ou la démonstration de ses sentiments réels ?) avant de s’aventurer sur le sujet tabou du soir : Sphinx et les météors.

- Mec, tu vas pas t’y mettre aus…

Trop tard, l’adolescent s’était déjà réveillé et le masqué n’eut même pas la chance de pouvoir lui répondre. Juste en face de lui, Samuel s’absorbait dans la contemplation de sa liqueur, réprimant un fou rire. La pression était retombé et le Sphinx se mit finalement à sourire et à se détendre.

- À la tienne, Samuel ! Nous ne serons jamais les meilleurs amis du monde mais c’est toujours plaisant de boire accompagné.
-À la tienne, Sphinx. Un jour, je t’apprendrais le respect ! avant d’éclater de rire.
- Et moi à ravaler ta condescendance ! répliqua le Sphinx tout en rejoignant le vétéran dans son fou rire.

Quelques minutes plus tard, les deux Voyageurs, saouls comme des barriques, se lançaient dans des duels aussi débiles qu’inutiles afin de se prouver mutuellement leur valeur. Bras de fer, concours de fléchettes, la table puis l’une des parois de l’échoppe furent rapidement réduits en miettes et les Voyageurs obligés de bredouiller des excuses maladroites, entrecoupées de hoquets.

Leur réveil ne tarda pas à sonner, les arrachant à leur compétition virile.

[HDJ : Je voulais entamer la suite des événements, afin de participer davantage que juste en exposant des plans et des idées, mais mon post commence à se faire long… Je te laisse donc les rennes.]

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