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 Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]

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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Lun 16 Jan - 22:08

Une soirée habituelle chez les Killamanjiro, côté monde réel, une maison familiale à Biarritz. Toute la petite famille a fini de manger en racontant sa journée, des anecdotes amusantes ou bien en discutant de l’actualité. Tandis que les enfants retournent bosser ou se détendre, les parents terminent de tout nettoyer, ranger et vont pour regarder un épisode d’une série en cours dans le grand salon familial quand…



- Ma peluuuuuuuche !
- Elle est au lavage, chérie !
- Ma peluuuuuuuche-euh !
- Elle sera sèche demain soir, mais ce soir tu feras sans !
- Mais mamaaaaaan !
- Va demander à Joy de te raconter une histoire pour t’aider à dormir, Sarah ! Et puis on va reparler de Tiny le panda quand tu seras plus calme ce week-end…
- Mais la dernière fois, Joyou il a parlé d’une fille qui maîtrisait les mots, et de son père qui a donné sa vie pour sa mère, du coup ça m’a fait peur et j’ai fait des cauchemars !
- KEWOUAAAA ?
- Sarah, tu peux te taire un peu !
- Joy, si j’entends encore ces histoires de la bouche de ta petite sœur, privé de sortie ! Encore ! T’es de corvée de surveillance pour ce soir, pour la peine.
- Mais j’devais refiler un objet super rare en toc à Carv….
- Silence ! Ne discute pas ! Sinon j’appelle Super Sauveur !
- C’est qui Super Sauveur ?
- C’est un très gentil héros qui surveille tes rêves, ma chérie. Joy va t’en parler, sans rentrer dans les détails...je te fais confiance…



En vivant dans une famille de voyageurs, avec quasiment tous les membres dans Dreamland sauf la petite dernière de la famille, Sarah Killamanjiro, les corvées de surveillance revenaient quand elle faisait des cauchemars, ne se sentait pas bien, ou quand une situation ne l’aidait pas à dormir. Typiquement, ne pas dormir avec sa peluche favorite, non pas sur le lit, mais sur une chaise à côté participait à allonger les nuits de surveillance de la dernière du clan Killa. D’habitude, Joy prétextait des devoirs urgents ou des réunions dans Dreamland, mais Gabriel était déjà en train de dormir, les filles étaient sorties, Peter bossait ou dormait en secret, et les parents voulaient pour une fois leur soirée tranquille. Soit, c’était dans les missions régulièrement confiées au grand frère que de s’occuper de Sarah, et Joy passa une heure à lui parler de ce mystérieux Super Sauveur. Il eut la crainte de voir sa sœur rêver de lui, mais quand il la rejoignit, la petite rêveuse, dans Dreamland, il se trouvait dans un Royaume qu’il n’avait encore jamais visité, mais qui semblait être celui...des peluches ? Assez logique au demeurant, il était possible que Sarah veuille retrouver Tiny le panda dans ses rêves juvéniles, sans penser à mal. D’ailleurs, la première chose qui frappa le voyageur des mathématiques en apparaissant dans cette zone, c’est un groupe d’enfants qui le piétina sans ménagement. Les rires, les exclamations, les cris et les courses poursuites derrière une peluche vivante étaient courants dans ce Royaume, manifestement. Joy se releva, s’épousseta et regarda attentivement cet énorme étalage de laine et de coton qu’était le Royaume. Tout était en peluche, doux et crémeux...crémeux, parfaitement. Les habitants semblaient être en coton, les habitants étaient des peluches de toutes les sortes, des matières habituelles, réelles dans lesquelles on fabriquait les peluches dans le monde réel. Le Royaume allait dans tous les sens et…



- C’est bon, t’as fini d’écrire un peu ?
- Euh pardon ?
- Ah, j’peux pas te report si tu viens d’arriver. Je m’appelle Kawaï, une peluche sortie à l’époque de Rocket Raccoon, si ça te parle. Je brise souvent le 4ème mur, comme tout le monde ici. Dis bonjour à la personne qui te lit.
- Euh...salut, qui que vous soyez.
- C’est bien. Je pourrais t’aider à te diriger dans mon royaume et faire office de PNJ initiatique dans ce RP qui va être coton...ah ah, t’as saisi la blague ? Oui bon...donc je pourrais être ce PNJ qui te dit où tu es, quoi faire, où va ton destin et comment tu pourras trouver le Graal, mais ça me gave, j’dois aller chercher ma copine à quatre pâtés de maisons d’ici, et avec les virages j’en ai pour une heure, salut ! Salut à toi lecteur, et arrête un peu de me juger. Je vais vite youhouuuuu !


La peluche nommée Kawaï (lien) qui avait parlé pendant un temps à Joy commença à disparaître, devenir invisible, tout en chantant, et il se retrouva tout seul dans cette ville étrange, intrigante. Le Royaume des Peluches, donc ? Dans le Dreamag, il avait vaguement entendu parler de cette zone, plutôt agréable tant qu’on ne cherchait pas les problèmes. Les peluches, tout simplement. Elles passaient devant lui, le saluaient avec cet air joyeux caractéristique de la prise de drogues non contrôlée et totalement dangereuse, ce sourire large voire dangereux qui rappelle le regard fixe et inquiétant d’un pédophile lâché dans un square un mercredi après-midi ensoleillé. Mais enfin, les enfants rêveurs présents ici semblaient bien vivre l’endroit, même si on était dans la quatrième zone, ce qui avait de quoi étonner. Des maigres infos qu’il avait sur le Royaume, des guerres avaient secoué le coin, comme un peu près partout, et il est possible que les peluches, aussi mignonnes étaient-elles, ne seraient pas épargnées par la guerre totale qui envahissait Dreamland. Qu’elles priaient par ailleurs avec une véritable ferveur religieuse, ce qui forçait une admiration et un respect solennel. Des temples en matières textiles accueillaient les créatures du Royaume, assez nombreuses selon l’envergure des temples. Sortant d’un des bâtiments, une peluche quadrupède et peinturlurée / décolorée / naturelle se jeta sur le matheux. Elle ressemblait à un truc, mais Joy n’arrivait plus à mettre le mot sur d’où elle sortait (lien)



- T’es une sacrée bouille de petit ourson, toi ! T’es pas d’ici ça se voit ! Tu vois que je t’accompagne pour te câliner un peu plus lors de ton trajet ?
- C’est des avances ou quoi ?
- Se câliner ici ça veut dire marcher ensemble, aller à l’aventure ! On se frotte le coton quoi ! Tu as de la place dans ton lit pour une honnête créature je parie !
- Non mais là ça ressemble carrément à des avances !
- Tu dis ça parce que je suis doré et rosé, avec une corne polie, lustré, huilée, ciselée et des paillettes dans mon cœur ? Je suis là pour chalorer qui veut, c’est que de l’amour en fibres naturelles ! Tu m’as pris pour un toudoux synthétique ? Pas le genre de la maison !
- Hé Ornella, qu’est-ce que tu fais à parler avec un dormant ? On doit aller répéter avec le groupe !



Un petit oiseau jaune (lien) avec une bouille d’allumé s’approcha en marchant comme un pingouin, et Joy  se frotta les yeux et les écarquilla en attendant la voix suraigu de l’oiseau en coton, laine, lin, que savait-il. L’oiseau essayait de marcher en ayant l’air de voler, ce qui donnait le tournis au voyageur qui suivait les deux peluches en train de discuter haut et fort, tout en faisant leurs vocalises. Puis, il vit soudainement sa sœur Sarah courir avec d’autres jeunes enfants dans une ruelle, suivant une sorte d’immense ours polaire en peluche qui portait des paniers de bonbons et des comètes en sucettes. Joy essaya de quitter sa bonne compagnie, mais la ou le dénommé Ornella et le petit oiseau le suivirent en parvenant à tenir la distance, malgré la vitesse du voyageur. Finalement, ils arrivèrent sur une place où les rêveurs se retrouvaient et jouaient avec les peluches. Le coin semblait réellement calme, un peu trop sans doute pour la 4ème zone, mais l’idée de passer une nuit reposante satisfaisant le matheux. Ça faisait longtemps que ça n’avait pas été le cas. Les deux peluches voulurent se mêler à la foule en contrebas – car Joy s’était installé sur une toiture pour observer sa sœur de loin, et la laisser tranquille. Mais une peluche franchement chelou s’approcha du bord et regardait les enfants et les peluches avec un regard significatif, celui du gars pas tout seul dans sa tête. Le coton, ça esquintait, c’était une théorie possible du royaume. Un petit vert, tout rabougri, qui ressemblait à un Yoda mêlé avec un repris de justice…Ornella s’exclama en le voyant s’arriver, et mit son sabot devant sa bouche en signe de surprise. La vieille peluche murmurait quant à elle à moitié dans sa barbe...


- Oh non, voilà le vieux Jeff ! Il va encore traumatiser les enfants !
- Mehehehe...on va les ranger par ordre de dilatation...on va les interroger sous la douche, sous la douche c’est bien. Des câlins, beaucoup de câlins...puis on va conjuguer le verbe s’emmancher au présent de l’indi…Pourquoi vous me regardez comme ça ? Vous êtes majeurs ?
- Je suis à peu près sûr que tu vas pas t’approcher de la zone, vieux.
- Mreeeeenooooon ! Pourquoi ? Laissez venir à moi les petits enfants gnéééééé !


Le vieux (Lien) brandit une canne et semblait chasser des fantômes avec. Joy posa une formule et cloua le coton des jambes au sol. Le vieux ne bougea plus et tourna la tête vers lui avec un air de dément. Ok, la nuit n’allait pas être si calme si c’était pas le seul à être perché dans ce délire.


- Tu n’approcheras pas les enfants sur la place. C’est la dernière fois que je le dis.


Une peluche apparût dans le dos du mathématicien. Il se tourna légèrement et vit une peluche représentant Super Sauveur. Pas le vrai, encore moins une créature, mais une projection de sa sœur, sans aucun doute. On était dans son rêve, quelque part...Super Sauveur vint câliner le matheux, posa la tête sur son épaule, dans une proximité tendancieuse mais assumée. Une déchirure se fit entendre…


- C’est pas moi !


….passons. Et la bouche de la peluche Super Sauveur s’ouvrit pour parler d’une voix virile, américaine, de comédien jouant l’assurance, de sauveur de l’humanité malgré le danger, les doutes sur l’identité, la justice ou les régimes sans gluten.


- Joy, je suis là pour te le dire...un grand pouvoir implique de grandes…
- Tais-toi…
- Ok.

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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Mer 18 Jan - 18:14


L'homme tomba au sol en crachant une gerbe de sang, il se tenait la poitrine et respirait à vive allure. Il tentait de fuir tandis que l'ombre menaçante de son adversaire se rapprochait. Hélas son corps meurtri peinait à se mouvoir encore et, malgré lui, il du se résoudre à abandonner toute idée de fuir. Il calla son dos contre une maison en mousse et fixa son interlocuteur du regard, peut-être appeuré, ou intrigué, par l'homme qui l'avait vaincu.

« Pourquoi diable fais-tu ça ? Pourquoi moi plus qu'un autre ? »
« Je n'accorde pas de dernière volonté. »

Donc aucune raison de répondre. Ares leva son pistolet et appuya sur la détente, la balle vint se loger dans le front de son adversaire qui glissa jusqu'à s'effondrer au sol.Ares regarda le corps inerte de sa victime avant de s'en retourner tandis que le corps disparaissait. Le voyageur obscur lâcha son pistolet qui se transforma de nouveau en une petite fée chiante qui vint gueuler sur la cadavre du voyageur. Le voyageur obscur s'avança calmement, visiblement loni d'être touché par la mort d'un voyageur.

Cela faisait déjà plusieurs nuits qu'Ares faisait ceci, par le biais de quelques interlocuteurs louches il avait obtenu une liste de voyageurs de l'alliance élémentaire en repérage dans la quatrième zone pour frapper le royaume obscur, décidé par ceci le contrôleur de l'obscurité c'était mit en tête d'abattre les voyageurs de cette liste afin de porter un coup à l'alliance élémentaire. Celui-ci était le quatrième en sept nuits, certains sont bien plus difficiles à traquer que d'autres.

Pour certains les actions d'Ares ne sont que les déboires d'un voyageur killer, mais bon, le contrôleur de l'obscurité ne se souçiait pas de ce que ses ennemis pensaient. Les ordres du seigneur obscur étaient plutôt clairs : ils étaient libre de combattre tel qu'ils le souhaitaient du moment qu'ils ne trahissaient pas le royaume. Par conséquent Ares menait la guerre telle qu'il l'avait toujours vu, en frappant vite et fort sur des points précis, réfléchis et utiles à l'ennemi.

Attaquer une caravanne de jongleurs ferait peur, mais cela n'aurait qu'un intérêt stratégique douteux, pour cette raison le voyageur obscur décidait de frapper principalement ls symboles de fierté ou les intérêts militaires des royaumes, il n'avait aucun intérêt à attaquer de manière aléatoire ce qui n'était pas vital ou important aux yeux de l'ennemi. Et que l'on ne mente pas : trois civils en promenades n'étaient pas utiles, ils étaient plus des poids qu'autre chose.

La guerre n'est pas propre, si certains idéalistes élémentaires le croient encore Ares va se faire un grand plaisir de s'asssurer qu'ils oublient à jamais ceci, si c'était réellement une guerre qu'il fallait mener alors il la ferait telle qu'il avait toujours faite : dans l'ombre, en assassinant, en sabotant, tel que la mafia lui avait toujours apprit à le faire. Enfin, désormais la nuit était bouclée, cela faisait trois jours qu'Ares traquait celui-là, mais au final le combat fut court, c'était un bon espion, mais un piètre combattant.

Pourquoi pas ne pas l'interroger ? Est-ce qu'Ares a vraiment une tête d'inspecteur ? Je ne crois pas non plus. Il se contentait d'être un éxecuteur, c'était bien assez pour lui. Enfin, point négatif, il ne savait pas trop quoi faire cette nuit après cette rencontre rapidement bouclée. Il décida donc de rentabiliser son temps, il ne connaissait pas ce royaume de... Peluches et de... Oh ça va être chiant, mais genre terriblement, vous savez pourquoi ?

« PELUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUCHE ! »

« REBOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOND ! »
« AREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES ! »
« JEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEUX ! »
« FUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUN ! »
« MIGNOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »

Les deux X-Pixies semblaient s'éclater dans ce royaume qu'elles découvraient. Ares faisait mine de ne rien entendre tandis que les petites fées volantes s'amusaient à heurter les maisons et à rebondir dessus puis à rentrer dans les peluches en criant de joie, puis à encore rebondir, puis à encore gueuler... Enfin, voilà le résultat quand deux créatures aussi gamines se retrouvent dans un royaume tel que celui là. Au final le bordel visible rendait facile de repérer l'avancée du voyageur obscur.

Le petit groupe arriva sur une place avec plein de peluches, les fées se jetèrent partout en hurlant de joie et en rebondissant nonchalament dans tous les sens. Dans le tas il semblait y avoir du monde, rêveur ou voyageur ? Sans-doute les deux. Le voyageur obscur s'arrêta pour fixer le voyageur qu'il reconnaissait. Un type bien partit pour reprendre le flambeau d'Ares, le second de la ligue B. Ares resta à l'arrêt quelques instants, puis ignora finalement l'individu en question, un membre d'une famille de voyageur de mémoire, mais pas un type de l'alliance élémentaire, pas la peine de venir chercher la merde alors, il n'avait sans doute pas de raison d'être ici pouvant causer du tord au royaume obscur.

Une des fées finit par rebondir un peu trop et heurta le ventre d'un vieux bonhomme tout grincheux qui semblait immobilisé. Ares s'arrêta en entendant son arme gueuler un peu. Puis se moquer en insultant la vieille peluche de tous les noms. Enervée ou intéressée la peluche attrapa violemment la fée-bébé au niveau de la tête et esquissa un sourire plutôt pervers, son attitude agressive n'échappa pas à Ares.

Dans un mouvement rapide le voyageur obscur arriva au niveau de la peluche et l'attrapa violemment au niveau de la tête, serrant le coton dans sa main et forçant la créature à lâcher son arme. Tandis que A... Ou B tombait au sol le vieux sortit quelques mots tantôt menaçant tantôt inquiets envers Ares. Le voyageur obscur ne dit mot, il laissa son pouvoir s'échapper et recouvrit la créature de mélasse noire avant de la dissiper faisant disparaître la créature.

« A, B, on bouge, arrêtez de faire vos gamines. »


Le regard d'Ares se posa un instant sur le n°2 de la ligue B, bien souvent les autres voyageurs voyaient d'un mauvais œil Ares, et lui.

« Je suis pas là pour combattre ok ? »
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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Mer 18 Jan - 21:24

Rien de bien palpitant cette nuit, si on occultait le Yoda pervers et franchement dérangé, qui n’osait plus bouger depuis les avertissements de Joy, et la peluche de Super Sauveur, créée de toute pièce par Sarah non loin, qui se mettait à sauter partout et à grossir à force de participer aux rêves des gens. L’adolescent, assis sur un banc de la place, ne disait rien pour ne pas déranger les rêveurs et surtout les créatures qui coexistaient dans une insouciance heureuse. C’était un peu idiot à dire, mais heureusement que des endroits comme le pays du Coton Cotent existait dans Dreamland, pour décompresser et prendre du recul avec la guerre en cours. Comme une parenthèse douce et chaleureuse, où rien finalement n’avait d’importance. Sans doute attirée par l’odeur du coton, de quelques peluches sorties des machines à laver, de l’odeur de propre ou de chairs humaines typiques et rassurantes, Sissy, la chatte de la famille Killamanjiro apparût dans la capuche du jeune voyageur. Elle regarda où elle se trouvait, câlina son mathématicien de maître, et se lova en boule dans l’extension du sweat choisi pour la nuit, vert kaki et titrant « Teddy Tibbers », avec la tête d’un ours en feu au dos. Un souvenir de Firania et de la discussion qu’il avait eue avec Kael Dango au sujet de la géopolitique après la Celestiafest.

Un bruit se fit entendre, il tourna machinalement la tête et vit deux fées rentrer dans les maisons et rebondir en riant. Elles ajoutèrent immédiatement de la joie aux rires et de la folie à l’ambiance un peu folle et étrange qui régnait, entre les câlins et les chants d’enfants. Joy n’y fit guère attention, c’était plutôt l’apparition d’une tête qu’il avait entraperçue un jour dans un Dreamag, ou alors son visage lui rappelait quelqu’un, comme un vieux combat, dans une autre vie, une ancienne vie...impossible à dire, mais le voyageur ne semblait pas là pour profiter des câlins gratuits et de la jovialité des habitants, lui.

L’une des deux fées heurta le vieux Yoda, toujours assez discret non loin de Joy. Une scène de dispute éclata et la fée insulta le vieux, qui répondit par un sourire qui en disait long. C’était marrant, mais sur le nombre d’enfants et de peluches sympathiques quoique timbrées, la fée était arrivée droit sur le doux dingue de l’endroit. Comme quoi, il y avait un hasard qui devait bien s’amuser quelque part dans Dreamland, au Royaume de l’aléatoire et des lancers de dés, peut-être ? En tout cas, la fée ne resta pas sans défense. Le voyageur aperçut juste avant arriva droit sur le vieux et le fit disparaître. Joy vit tout de la scène, et comprit aussitôt de quoi il retournait. Un voyageur obscur, un pouvoir obscur, la guerre, retour de bâton immédiat. Les fées devaient être avec lui, et ils les protégeaient.

Tandis que l’obscur réglait son compte à Papi Flippant, avant d’apostropher les deux fées, du moins celle tombée au sol, Joy alla la voir. Il se pencha, pliant ses genoux au-dessus d’elle, et lui tendit sa main. La fée le regarda étrangement et s’envola vers le voyageur obscur, avec une sorte de curiosité, surprise, tête étrange, dans l’incompréhension, un peu d’amusement, et dans l’expectative. Elle voulait sans doute écouter ou voir son voyageur parler ou s’interposer à ce jeune voyageur qui avait essayé de la remettre sur pied. Ce dernier dévisagea le nouvel arrivant, pouvoir activé, prêt à lancer des formules. Aucune hostilité certes, mais c’était la guerre, là-bas, ailleurs, partout.



- A et B, en voilà des noms pour des créatures...qu’importe à quoi elles servent…



Il continuait de regarder les fées, et se dit qu’il y avait encore des progrès à faire dans Dreamland. Pour tout le monde et à tous les niveaux...Il tendit la main vers le voyageur, manière polie et civilisée de saluer. Même en guerre, même si ça pouvait partir en duel à mort, il y tenait. La civilisation était le seul rempart tenace à la barbarie, la politesse ou l’élégance des garde-fous à la folie qui s’emparait des hommes comme des créatures.



- Je suis Joy Killamanjiro, mais je crois que tu m’avais reconnu. Tu as un bon coup d’œil...Adès ? C’est ça ? Un lien avec les enfers peut-être ? Ou tu te décides de garder ton pouvoir rangé pour des nuits un peu plus...guerrières ? Moi aussi je ne veux pas combattre cette nuit, je suis en soirée de garde.



Il montra le groupe de rêveurs s’amusant avec les peluches, et dedans une jeune fille ressemblant un peu au matheux. Elle jouait avec une grande girafe qui utilisait son cou comme un toboggan immense qu’elle pouvait allonger.




- Je garde ma petite sœur cette nuit. Je sens que cette peluche de Super Sauveur va péter un câble à un moment, et je ne laisserai personne approcher la frangine ce soir. Dis-moi, tu viens du Royaume Obscur ?



Il montra de la main le banc avec des spécialités des cuisiniers de coton dans des sacs, qu’il avait mises de côté pour la nuit, et pour goûter les plats locaux, comme il faisait tout le temps quand il arrivait dans un Royaume. Il invitait le voyageur à déjeuner, en somme, pour discuter, avant que les rêves ne commencent à partir en vrille. Sissy, dans la capuche du jeune voyageur, foudroya le voyageur avec ses yeux polaires puis se rendormit en ronronnant faiblement, mais uniquement d'un seul œil.



- Si tu as du temps cette nuit, j’aimerais en apprendre plus sur le Royaume Obscur. J’étais à la Celestia, j’ai croisé les Ducs, et ce qu’ils ont fait est impardonnable. Cela étant, je suis un pragmatique de la politique, je fais des calculs, et je tiens des hypothèses à la fois factuelles, projetées, et empiriques. J’ai entendu le discours du Seigneur Obscur, et je veux savoir, peut-être pourras-tu me répondre, comment il est, et quels sont les torts des élémentaires dans cette histoire...je te l’ai dit, je ne pardonnerai jamais aux ducs, mais il m’a semblé, dans la façon de présenter les choses du Seigneur Obscur, qu’il y avait une différence entre eux, et lui. Ai-je rêvé, ou peux-tu confirmer mes propos ?



Il lui tendit une sorte de pancake de coton comestible, et croqua dans le sien. Le goût était étonnant, un peu cotonneux (gag !), mais très sucré, mielleux, riche et gras, tout en apportant une chaleur supplémentaire à l'ensemble, comme si du beurre de cacahuète, du nutella, de la crème de marshmallow et du sirop d'érable étaient déjà compris dans la pâte...un délice pour les enfants, c'était une certitude. Il donna au voyageur une sorte de boisson énergisante, gazeuse, et sucrée qui se buvait chaude avec des glaçons, et qui faisait ressentir les diverses températures d'un corps humain, pour être sûr de réchauffer les endroits qui en avaient besoin. Impressionnant.
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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Ven 20 Jan - 16:27

Ares commençait à quitter les lieux tandis que les actions du jeune voyageur attirèrent son regard, il voulait tenter d'aider A... Ou B, enfin la fée tombée au sol quoi. Celle-ci s'envola vers Ares sans vraiment comprendre quelle était la raison de cet acte. La seconde fée se moqua ouvertement du voyageur et de sa jumelle en parlant d’histoires de romances, de chevaliers blancs un poil jeune et d'une princesse en salopette.

Ce type était peut-être juste trop gentil, ou bien avait-il une raison particulière d'agir ainsi ? Dans tous les cas il attira l'attention d'Ares qui se retourna et se planta face à lui tandis que les fées se mettaient à lui tourner autour comme une petite nuée d'inscetes. Le n°2 de babys poursuivit en affirmant qu'il trouvait étrange comme nom A et B. Ares haussa les épaules, c'était compréhensible en soit, mais bon faut comprendre Ares aussi.

« Bof, j'arrive jamais à les différencier, c'est plus simple comme ça. Je suis même pas certain qu'elles arrivent à se différencier elle-même. »
« C'est moi A ! »
« Nan c'est moi ! »
« Nan ! »
« Si ! »

« Nan ! »


Et puis ça partit en pugilat, Ares lui resta stoique en entendant les deux armes se disputer, se jetant au sol comme de vulgaires bestioles. Tout en se roulant dans les poussières elles entamèrent un combat de jalousie qui se termina à l'arrivée d'un lion en peluche, elles lui sautèrent dessus dans un gros cri de joie, oubliant tout de la dispute qui arriva quelques secondes plus tôt. Le voyageur obscur dévisagea son homologue Baby, visiblement il y avait bien quelqu'un pour reprendre le flambeau, ce gamin paraissait sur de lui et dégager une aura intimant à ne pas le sous-estimer.

En y repensant Ares était quasiment certain de l'avoir aperçu à la Celestia, tandis qu'il y était invité ce gamin avait passé le survival, ou tout du moins c'était ce que se souvenait Ares. De plus sa famille de voyageurs est réputée pour abriter quelques membres relativement puissants, à la vue du départ de celui-ci il sera sûrement un élément précieux. En revanche du reste Ares ignorait une bonne partie de ce qui avait poussé ce gamin à en arriver là.

Le sicilien finit son analyse tandis que le baby reprenait la parole, s'adressant de nouveau à lui, mais en se présentant d'abord. Il réalisa également qu'Ares l'avais reconnu et le félicita pour ceci. Puis il se planta dans le nom du tueur de duc, ne manquant pas de surprendre Ares, lui qui était bien trop souvent reconnu maintenant. Puis il supposa un lien avec les enfers, tout en demandant si Ares gardait son pouvoir pour d'autres nuits. Dans tous les cas il ne voulait pas combattre non plus,

Tant mieux. Ca évitera un combat stupidement dangereux, surtout qu'il gardait une rêveuse derrière lui, sa jeune sœur. Il voulait éviter que la nuit ne se passe mal... Franchement, pourquoi empêcher quelqu'un de cauchemarder, il n'y a que dans ce genre de moments où l'on peut s'éveiller à Dreamland, donc en quoi est-ce un mal que de vivre des cauchemars ? Enfin, Ares n'avait pas à juger et ne le fit pas, se contentant de répondre, notamment à la dernière question lui demandant d'où il venait.

« Ares. Et non, pas de lien avec les enfers. Et non, je ne garde pas mon pouvoir pour d'autres nuits, simplement que je ne vois pas en quoi ça serait profitable au royaume obscur d'affronter un neutre comme toi. Et oui. Je viens du royaume obscur. J'en tire mes pouvoirs, j'en suis soldat et voyageur. Je dois bien t'avouer être assez étonné, en général les gens ne demandent pas ce genre de choses, ils se contentent de le savoir ou bien d'attaquer au moindre doute... La réputation tout ça tout ça. »

Ares saisit la main du jeune voyageur, il le saluait et Ares répondait, sans doute ne l'aurait-il pas fait avant, mais c'était le meilleur moyen de s'attirer des problèmes, donc il répondit calmement en lui serrant la main. Il semblait assez détendu, fait rare pour un Baby en présence de quelqu'un disposant d'une réputation à la limite du voyager killer, encore plus depuis qu'il est devenu l'un des émissaires du royaume obscur. Ares suivit le voyageur jusqu'à un banc sur lequel il y avait à manger.

Ares fit un signe négatif de la main, étant loin d'être fan de ce genre de choses. Il leva la main et de la fumée noire en sortit, s'élevant vers le ciel. Lorsqu'elle se dissipa une bouteille de bière se trouvait dans la main du voyageur obscur. Ares décapsula sa boisson et commença à boire tout en se tenant debout à proximité du jeune voyageur. De leur côté les deux fées s'élançaient dans les jeux un peu partout, rebondissant comme avant dans un fou rire permanent qui leur va si bien.

Puis le jeune homme reprit la parole, il voulait discuter du royaume obscur, pourquoi pas, Ares avait du temps à tuer. Apparemment ce gamin était à la Celestiafest, il y avait vu les ducs et ne semblait pas du tout apprécier leur comportement, pour autant il se présentait comme pragmatique, pour aller plus loin dans son analyse il voulait en savoir plus sur le seigneur obscur et demandait des informations à Ares. Ce dernier leva les yeux au ciel et but une gorgée de bière.

« J'ai jamais pu blairer les ducs. Ce sont qu'une bande d'ahuris incapables. Par contre, ce qu'ils ont fait à la Celestia, tu dois savoir que potentiellement quelques destructions viennent du combat de l'un d'entre eux avec moi. Les ducs ne sont pas les seuls à agir ainsi, tous les voyageurs obscurs ont pour ordre de semer le chaos dans Dreamland, d'y faire une guerre que le monde des rêves n'est pas prêt d'oublier... Pourtant... Tu as raison. »

Puis il fit une pause, prenant une nouvelle gorgée de bière, quelque chose lui disait qu'il avait encore pas mal à découvrir sur son seigneur, mais le choix de la loyauté était désormais le sien.

« Le seigneur obscur n'est pas comme les autres. Il souhaitait voir la paix maintenue et ne fait cette guerre que pour s'assurer que ce genre de choses n'arrive plus jamais. L'alliance élémentaire a déclenchée cette guerre il y a longtemps, bien avant le Celestia, ils ont attaqués de front le royaume avant de se faire repousser, ils cherchent à détruire le royaume obscur quand notre seigneur n'est qu’isolationniste. »


Il fit une nouvelle pause, posant sa bière au sol et faisant quelques pas devant lui. Malgré sa volonté à la base de ne pas vraiment prendre parti il trouvait désormais la cause de son royaume juste.

« Quant à notre seigneur... Les voyageurs obscurs sont tous différents, hautains, cruels, gentils, l'on voit de tout et la plupart d'entre nous ne peut blairer son voisin. Pour autant il n'y a qu'une chose qui nous lie, le respect pour le seigneur. Je n'ai jamais été aussi libre que depuis que je le sers. Nous agissons à notre guise, certains nous prennent pour des chiens comme les autres, mais nous sommes des soldats, au même titre que les autres, voir plus : nous avons une liberté qu'aucun seigneur élémentaire ne songe à accorder à ses voyageurs. Il nous prend pour ce que nous sommes, c'est là la première différence entre lui et les élémentaires. »

Étrangement Ares se sentait désormais réellement impliqué dans cette guerre, plus qu'il ne le devrait sans doute.
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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Sam 21 Jan - 11:12

Le matheux écouta les deux fées se disputer au sujet de leurs prénoms, et il éclata de rire en les entendant se réclamer de A ou de B. En effet, il comprenait un peu mieux le voyageur obscur, et son incapacité à pouvoir ou vouloir les nommer. Drôles de bestioles qu’il avait là...Dreamland recelait chaque nuit de surprises, et celle-ci en faisait partie. Mignonne, cette fois. Les deux fées se disputaient tandis qu’il jaugeait calmement son interlocuteur. Assez sombre (hi hi), du genre taciturne, expéditif, discret mais efficace ? En tout cas son allure et son air grincheux/indifférent semblaient indiquer un caractère solitaire. Ou alors était-ce sa vie, ses vies, son passé de voyageur...si l’article lui revenait correctement en mémoire concernant le voyageur obscur, il avait pas mal roulé sa bosse dans tout Dreamland, ce qui forçait le respect d’un jeunot comme Joy.


L’obscur corrigea l’erreur de son prénom. Arès...on passait des enfers à la guerre, comme un lien de causalité entre les deux. Le matheux lui sourit doucement, en inclinant la tête en signe d’excuse. Il écouta patiemment l’obscur et s’amusa de l’entendre parler des gens, de leurs réactions. Le matheux avait pris l’habitude, dans sa famille, de poser des questions directes. Sa mère les avaient tous éduqués dans ce sens : obtenir rapidement des réponses, prendre du recul, agir.



- Les gens restent toujours sur des jugements lointains, souvent erronés. Je préfère aller directement à la source, pour obtenir les informations utiles sans intermédiaire, ni même sans préjugé. Ce qui m’amène parfois des inimités dans Dreamland, comme tu peux l’imaginer…


Après un salut de main, ils s’assirent tous les deux et Arès refusa la politesse de partage du jeune voyageur, préférant sortir de sa fumée une bière. Pourquoi pas, après tout, même si Joy avait l’habitude de goûter aux couleurs locales de chaque royaume, en bon touriste qu’il était. Il se dît à un moment que la scène pourrait paraître étrange, lui le numéro 2 de la Baby bouffant sur un banc pour un remake de Forrest Gump avec un voyageur obscur en guerre contre le reste de Dreamland. Mais enfin, sa neutralité et son travail pour l’équilibre demandait une diplomatie que le reste de Dreamland ne comprendrait jamais. Parce que choisir un camp, c’était manquer de recul. Défendre un camp, c’était s’enfermer dans des idées. Les carcans empoisonnaient les débats stériles du monde réel, et le monde des rêves ne faisait pas exception à ce vice. A croire qu’on était obligé de choisir pour vivre, survivre, ou être quelqu’un de bien. D’engagé. Non, l’engagement prenait des formes multiples, ce que les guerriers engagés dans un camp ou dans l’autre refusaient souvent de voir, ou de comprendre. L’aliénation était présente dans les deux mondes, et personne quasiment ne luttait contre ça. Personne sauf le non-camp de l’équilibre. Ania peut-être ? Carvey, pas sûr. Qui restait-il, sinon Joy ?


La réponse d’Arès sur les ducs le fit sourire. Il était un peu comme lui, il bossait pour un but tout en détestant les acteurs de ce même but. Les ducs aussi rapidement expédiés, ça le faisait sourire, c’était une réaction typique de voyageurs, ignorant des subtilités d’êtres séculaires. Mais enfin, soit, il écouta la suite avec attention.


Car la suite, c’était la guerre, le chaos, et une guerre totale, un chaos impensable encore. Le passé ne sera jamais pire que l’avenir, disait Philip K. Dick. Encore une fois, les créatures comme les hommes donnaient le pire de leur générosité, et tout ça pour des histoires de territoires, de luttes intestines, qui provoqueraient des millions de morts si rien ne l’arrêtait. Il n’y aurait pas d’innocents, pas de coupables : tous responsables, chaque camp est responsable de la guerre, portant ses idéaux avec la folie du militant de base. Cette idée faisait vomir le mathématicien, dont les chiffres prévisionnels donnaient des nausées…



- Dans ce cas, puisque je défends l’équilibre et uniquement mes propres idées sur Dreamland, il est possible qu’on s’affronte un jour ou l’autre, Arès. Mais pas ce soir. J’aime l’idée de mettre la guerre entre parenthèses, certaines nuits. Les gens croisés dans divers royaumes m’ont dit de ne pas m’en préoccuper, comme si le fait de n’appartenir à aucun camp me donnait une liberté supplémentaire. C’est l’inverse, vois-tu, ça me donne le recul nécessaire pour avoir une vision libre, dégagée de toute conviction, de tout idéal, de toute militantisme...de toute subjectivité. Je n’ai que des chiffres et des rapports humains en tête...ce qui me donne le pire des camps, celui du comptage des morts, des dégâts, de l’horreur et du carnage. Voilà mon camp.


Il fit un temps de silence, comme si le poids que pesaient ses mots venait de tomber sur ses épaules. La vérité, c’est qu’il se sentait terriblement seul avec ce poids. Là où par exemple Kael marquait un point, c’est qu’un royaume à défendre permettait d’avoir un royaume à défendre. Un royaume, des gens, des bâtiments, une ambiance, une culture à défendre. Quand tu étais seul dans l’immensité des rêves, sans aucune autre personne pour t’encourager ou pour te dire quoi faire, la solitude était le pire des adversaires. Il sourit en pensant au Seigneur Obscur dont parlait Arès. Le premier Seigneur de Dreamland devait se sentir bien seul, lui aussi, pour déclarer une guerre de représailles, une guerre totale, une guerre détruisant la paix qu’il avait semblé privilégie. Étrangement, le fait de savoir qu’il voulait la paix faisait que Joy se sentait « proche » de lui...sans raison.


- Nous arrivons au nœud du problème. J’ai rencontré Kael Dango y’a pas longtemps au Royaume du Feu. Le lieutenant de Behemus tu sais. Il m’a dit que le Royaume Obscur a déclenché les hostilités, et qu’il fallait émanciper les Royaumes, que le but de l’alliance élémentaire était de rassembler les royaumes pour lutter contre l’Obscur. Mais ça ne colle pas, je n’ai pas insisté, mais son discours sonnait faux, ou trop partial. Parce que le Seigneur Obscur a dit clairement que les élémentaires ont commencé, pour diverses raisons. Parce que les élémentaires ont voulu jouer les gros bras, de ce que j’ai compris. J’ai compris certaines de leurs raisons, bien sûr, mais ce que je ne comprends pas, c’est comment ont-ils pu menacer la paix qui régnait, sous prétexte d’apporter la paix qu’ils ont menacée !!!? Et comment le Seigneur Obscur, qui voulait la paix, a-t-il pu raisonnablement annoncer la guerre totale ? On ne fait pas la paix en brûlant la moitié du monde ! Au final, je crois que chaque camp, comme toujours, se donne des prétextes pour LÉGITIMER son action. C’est là le nœud du problème, sans quoi le sens perd le sens, et les vivants se rendent compte qu’ils sont menés par le ressentiment, la folie, la fureur et pour part...le mystère.



Arès parla enfin du traitement des voyageurs obscurs par le Seigneur Obscur. La chose était claire, les autres voyageurs obscurs allaient possiblement foutre un bordel monstre, et il était clair que Joy ne les laisserait pas faire. Le voyageur obscur en face de lui semblait différent. Il agirait sous ordres, c’était une certitude, mais il respectait donc le Seigneur Obscur, non pas les autres ducs. Une bonne chose à prendre en compte, il en parlait à sa mère pour en savoir plus sur le Royaume Obscur. Ce qui était drôle, c’était de voir que dans tous les camps, les Seigneurs étaient des individus rassembleurs, qui faisaient l’autorité et l’unanimité. Qu’ils laissent ou non leurs voyageurs libres, ils étaient au centre des convictions, un peu comme pour une élection présidentielle. On votait pour un homme, non pour son parti ou ses idées. On se battait pour un homme, non pour son Royaume. Le reste, et en cela, il ne croyait plus vraiment les propos de Kael, le reste n’était que prétextes foireux et légitimation d’actions contestables. En cela, donc, les élémentaires étaient responsables de la guerre totale qui était arrivée, tout simplement parce qu’à force de légitimation, de prétextes et de confiance placée en une personne manquant de recul, on faisait absolument n’importe quoi. Le point soulevé par Arès était intéressant : le Seigneur Obscur voulait la paix. Il faisait l’unanimité. Joy avait une idée en tête, suicidaire mais censée. Logique, à dire vrai.


- Je vois, les ducs sont des crétins, le Seigneur Obscur change la donne. Ton discours coïncide avec ce que j’avais en tête : les élémentaires ont merdé, provoqués par les Meteors et par leurs envies maladives de contrôle et de pouvoir. Cela ne change en rien le fait que le Royaume Obscur va détruire Dreamland, et je serai là pour vous empêcher de le faire. Mais j’aimerais rencontrer ton Seigneur. Pas les ducs, le Seigneur Obscur. Je dois lui poser des questions essentielles sur Dreamland. Par tous les moyens possibles. Ca prendra peut-être des mois, des années, mais je lui parlerai. Tu sais...j’ai vu mon futur à la Celestiafest. Je vais parler à Silva, le premier Juge Meteor, et je sais que notre discussion va changer nos visions de Dreamland. Je sens que je dois trouver des réponses auprès du Seigneur Obscur. J’ai rencontré Ania, et elle m’a semblé trop fragile pour ce qui va arriver. Maintenant, moi, je me sens prêt. J’insiste : il faut que je rencontre le Seigneur Obscur. Suite à quoi, je fonderai ce camp introuvable, que je cherche encore, mais que je ne voyais pas, alors qu’il était en moi : l’équilibre.


La légitimation passait par tous les camps, pensait-il. Le prétexte pour trouver du sens, c’était valable pour tous les groupes. Il fallait sûrement fonder un groupe de recul nécessaire, des objecteurs de conscience, des lanceurs d’alerte, terme à la mode de l’autre côté du monde onirique...pour cela, il lui manquait encore des données, mais il avançait. Il était en train de choisir son camp. Mieux, de le créer.
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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Dim 22 Jan - 10:50

Ce garnement préférait obtenir les informations à la source plutôt que de croire les rumeurs ? Quelque chose de bien, sans aucun doute, mais pourtant si loin d'être parfait. Le regard d'Ares se posa sur ses deux armes en plein jeu tandis qu'il réfléchissait, est-ce qu'il était vraiment sain pour lui de perdre son temps ici quand il avait peut-être d'autre tâches à faire ? Sûrement pas, mais ça reposait après avoir traqué des voyageurs aussi longtemps autour du royaume obscur.

« Pour autant la source est rarement le plus fiable des informateurs. Dreamland est un monde de faux-semblants et de menteurs. Peut-être que tu y vois encore le monde des rêves que tant de babys voient... Mais il en est très loin. Le monde onirique est sans doute pire que notre monde à nous sur bien des points, tous mentent et cachent la vérité. Si c'est elle que tu cherches, qu'importe les interlocuteurs, tu te heurteras toujours à de la loyauté, de l'orgueil ou de la peur avant de l'atteindre. »

Ares n'avait plus une très bonne estime du monde des songes, celui-ci était un peu une sorte de joker en lequel il ne croyait plus, un moyen de s'évader de la vie réel, alors qu'il y avait bien plus importants à côté. Pourtant il y avait tout de même des nuits à passer, Ares ne voulait pas connaître la mort, même à Dreamland, alors il passait ses nuits comme il pouvait. Le regard du voyageur obscur se perdit sur la sœur du n°2 de la ligue B.

« Tu protège ta sœur hein ? Une rêveuse... Tu crois vraiment qu'elle en a besoin ? Question de logique, nous l'on est conscient de ce monde et nous tirons des pouvoirs de royaumes et seigneurs. Nous nous battons pour des royaumes, des seigneurs et des idéaux. Pour qu'au final ceux qui possèdent le réel pouvoir de décider de l'avenir de Dreamland sont les rêveurs. Ils ne craignent pas la mort ici, ils reviendront la nuit suivante sans problème et ils disposent du plus puissant des pouvoirs : ils bâtissent Dreamland comme personne, leurs pensées forgent le monde avec lequel nous devons faire. Les rêveurs n'ont rien à envier aux plus puissants seigneurs qui se montrent toujours incapable de construire le monde comme ils le veulent. »


Ce gamin avait beau être quasiment à la tête de sa ligue il avait encore une vision assez idéaliste de Dreamland, contrairement à ce qu'il en disait. Ares recula et s'assit sur le banc à côté du n°2 des babys, il leva la main et fit sortir une nouvelle bouteille de bière qu'il entama après l'avoir décapsuler. Un vrai bar ambulant je vous dis ! Le regard du voyageur obscur se balada entre tous les bâtiments avant qu'il ne reprenne une fois de plus la parole.

« Quoi que tu en dises, tu vois encore le monde de Dreamland avec des yeux de jeunot. A force de voyageur tu te rendras bien compte qu'il n'est pas aussi incroyable que tu l'as pensé, le frisson de la découverte est présent au début, je connais ça. Mais l'on finit par décanter, cette guerre va sans doute en faire réaliser à plus d'un que nous ne sommes pas au paradis ici, ni même en enfer. On est dans un monde parallèle au notre, avec son lot de corruption, de crimes et de guerre. Il n'est en rien différent du monde auquel une bonne partie des voyageurs pensent échapper la nuit. »


Puis il porta la bière à ses lèvres, tout en fixant droit devant lui les quelques peluches en train de jouer avec la jeune rêveuse et les deux armes. Elles en étaient la parfaite incarnation. Deux petites poupées mignonnes inoffensives ? S'il savait... Deux armes capable de concentrer le pouvoir obscur et offrant à Ares une bonne partie de son pouvoir. Sous leur tête mignonne il y avait deux armes, disposant chacune d'un amusement à tuer, cherchant le fun partout où il se cachait.

Joy reprit alors la parole, affirmant qu'un jour ou l'autre il est possible que les deux voyageurs s'affrontent, mais pas aujourd'hui, il tenait aussi à voir la guerre être oubliée certaines nuits. Et il pensait que ne pas être d'un royaume faisait de lui un troisième camp en soit, contrairement à ce que d'autres pensent. Il n'avait pas tord sur ce point là, c'était évident. Le sicilien engouffra de nouveau de la bière dans son gosier avant de répondre.

« Très fort probable. De toute manière, je me suis déjà dis que j'affronterais tous les voyageurs, lorsque l'on est en guerre et que tant de personne vous craignent, c'est une évidence. Dans les faits, à moi que tu ne sois un espion de l'alliance élémentaire, je n'ai aucune raison de t'attaquer maintenant, ni même de t'attaquer petit. Si nous devons nous affronter, garde bien en tête une chose : tu ne pourras que t'en vouloir pour les dégâts du combat. Quand tu arrives à un niveau comme celui que tu tiens, les combats ne sont pas anodins. Si l'on se bat dans une ville des bâtiments seront détruits, des créatures mourront comme dommages collatéraux. Si l'on se bat dans la campagne des champs disparaîtront, des vies seront ruinées. Quand tu en arrives à être un tant soit peu puissant, garde bien en tête qu'un combat aura des conséquences contre quelqu'un d'aussi puissant. Ton camp te semble sans doute très juste, pourtant si tu veux te battre pour un camp, qu'importe celui-là, tu occasionneras des dommages collatéraux lors des combats. C'est ainsi que le monde tourne : si tu ne veux pas faire de dégâts, ne te bats pas. Si tu veux protéger un idéal ou un royaume, alors bats-toi, mais accepte les dommages que tu occasionneras. »

Tandis qu'Ares parlait des ducs et du roi obscur cela semblait intéressé un peu plus par le sujet, qui était visiblement important pour lui, de même que les pensées de chacun. Ares but de nouveau un coup de son breuvage, tout en l'écoutant exposer les faits qu'il connaissait et son ressentiment vis à vis d'eux. Il était visiblement en quête de justice, une quête de fou que personne ne peut terminer, que personne n'a jamais put terminer.

Il expliqua que selon un lieutenant de Behemus le royaume obscur a déclenché les hostilités et que l'alliance se battait pour la liberté des royaumes. Ares toussa de rire en entendant le n°2 des babys lui dire ça, même lui n'y avait pas cru, et à raison. Les élémentaires étaient tous une bande d'idiots bouffis d'orgueil et de folie. Ce voyageur semblait en être le parfait exemple. Kael Dango... Un lieutenant de Behemus... Un fou... Une cible à éliminer. Ares nota le nom dans un coin de sa tête tandis que Joy continuait.

Puis il sembla s'emporter tandis qu'il se questionnait sur le pourquoi du comment. Comment avait-ils osés ? Pourquoi avoir briser la paix qu'ils cherchaient tant à avoir et qu'ils clamaient comme étant leur objectif. Une preuve de naïveté s'il en est. Ares posa sa bière au sol tout en écoutant le jeune voyageur terminer sa phrase, visiblement discutant d'un problème épineux auquel il tenait particulièrement. Ares finit pas répondre.

« Pourquoi ? Parce que c'est la guerre. Si tu cherches une raison à celle-ci c'est que tu es fou. Chacun construit des prétextes et tentent de se faire passer pour les gentils. Les élémentaires vont te dire qu'ils sont de gentils libérateurs et veulent une paix durable, le seigneur de l'obscurité te dirais qu'il faut que Dreamland retrouve la crainte qu'il avait jadis de lui pour pouvoir de nouveau se tenir à carreau, que la peur est le meilleur moyen de maintenir la paix. Qu'importe qui a raison, qu'importe même si quelqu'un a raison, c'est la guerre et c'est là la principale raison que je pourrais te donner petit. »

Joy continua alors, visiblement Ares avait remonté le seigneur obscur dans l'esprit du jeune voyageur, il exposa ensuite sa théorie celon laquelle les météors étaient le cœur du problème, puis avaient ammenés les élémentaires. Mais il ne pardonnait néanmoins pas l'envie de destruction du royaume obscur. Ares haussa les épaules, pour détruire ils n'avaient pas besoin d'approbation, s'il voulait arrêter la destruction il serait forcé d'en faire lui-même en combattant.

Joy prit ensuite la parole, il voulait parler au roi de l'obscurité, avançant qu'il pensait avoir le calibre pour faire bouger les choses à Dreamland, que dans son futur il avait vu une discussion avec Silva, le chef des météors, que ceci risquait déjà de faire bouger les choses. Et il voulait aussi discuter avec le roi du plus puissant des royaumes. Ares esquissa un sourire en l'entendant dire cela, puis il porta son regard au ciel avant de répondre.

« Tu as du cran gamin, le Roi de l'Obscurité ne reçoit pas des gens si facilement. Si tu veux te rendre au royaume obscur pour lui parler, grand bien t'en fasse, si tu pense avoir le calibre pour faire changer les choses alors va, change les choses. Mais si tu dois mettre un pied au royaume obscur, sois bien préparer, le royaume ne te laissera pas passer comme si de rien était. Il te mettra à l'épreuve, tu as intérêt à être bien préparé, mais si tu y arrrive, demande Varniak, de tous les ducs il sera le plus à même de te faire rencontrer le seigneur. La plupart des autres se contenteront de te tuer, mais ne fais aucun faux pas, sois irréprochable. Une fois devant le seigneur, motive toi, tiens toi droit et ne dis rien qui pourrait le contredire. Sa simple présence est déjà écrasante, si tu n'es pas prêt, alors n'y va pas. »

Ares se leva fit quelques pas avant de se retourner calmement en dévisageant le jeune voyageur. Un mince sourire apparut sur son visage.

« Et bien, la flambeau de la ligue B est plutôt bien tenu. Je ne doute pas que tu feras de grandes choses à Dreamland si tu gardes ce regard, pourtant tu as encore beaucoup à découvrir. Il te faudra encore beaucoup voyageur pour espérer approcher les plus hautes sphères de ce monde. Si tu veux rencontrer le roi de l'obscurité, alors prépare toi longtemps avant et ne pense à rien d'autre, le roi te mettra à l'épreuve, sois prêt à combattre, à persuader et à mourir en t'aventurant au cœur du royaume. »

Malgré la volonté qu'il avait cela ne suffirait pas, les ducs ne sont pas du genre à laisser passer n'importe qui, Ares non plus d'ailleurs, accéder au royaume obscur n'est pas une chose aisée.
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Lun 23 Jan - 11:00

S'il nous était donné de faire
Ce voyage démesuré,
Et de voler, de sphère en sphère,
A ce grand soleil ignoré;
Si, par un archange qui l'aime,
L'homme aveugle, frémissant, blême,
Dans les profondeurs du problème,
Vivant, pouvait être introduit;
Si nous pouvions fuir notre centre,
Et, forçant l'ombre où Dieu seul entre,
Aller voir de près dans leur antre
Ces énormités de la nuit;



Victor Hugo Les Contemplations
Livre 3 - Les luttes et les rêves, XXX- Magnitudo Parvi
lien




La discussion allait bon train, et le matheux entendait bien les arguments du voyageur obscur. Il appréciait le fait que, malgré le choix du camp sombre, Arès pouvait parler en toute liberté, sans forcément poser ses propres convictions en son royaume sur ce qu’il disait. Il parlait de Dreamland avec la voix de celui qui en a vu, qui avait bourlingué un peu partout dans le monde onirique, et il apportait donc des idées intéressantes au jeune voyageur, qui buvait ses paroles et les plaçait comme il faisait toujours dans son tableau d’idées, d’hypothèses et de calculs littéraires, pour discuter avec raison de la géo-politique compliquée de Dreamland. Il reprit les arguments d’Arès point par point, non sans amusement en sentant la désillusion chez le voyageur noir.



- Des menteurs et des apparences, voilà qui est bien normal, dans un monde semblable au monde réel. Je ne le vois que comme un vase communicant, non pas le lieu de vie idéal. Déjà parce qu’il y a une majorité de monarchies, ce qui me fera toujours doucement rigoler. Je ne cherche pas la vérité, mais la cohésion. La cohésion permet à chacun de vivre, d’expérimenter ou de défendre sa propre vérité, dans un respect mutuel. Ce qu’on appelle l’équilibre. Mais tu l’as dit, les menteurs, les apparences, les croyants et les militants pourrissent ce monde, comme ils pourrissent notre réalité. Je ne rêve plus, et j’ai assez voyagé pour me méfier de ce monde, comme on m’a dit de me méfier du monde réel. Cependant, contrairement à toi, je crois encore au pouvoir de l’espérance.



Joy commençait à connaître cette position du cynico-responsable/destructeur. Soit tu la jouais cynique qui prenait sur lui pour bouger les choses, soit il fallait être le cynique qui ne respectait plus rien. Asassins, voyageurs killers, bons samaritains et mères thérésas, il y en avait pour tous les goûts. Le matheux ne prétendait à rien d’autre que d’apporter autre chose que des pulsions, des complexes ou encore des illusions perdues...mais dans un monde de tarés, se montrer sain d’esprit, du moins, selon son pouvoir et sa personnalité, rationnel, pouvait être de longue haleine. Il sourit en entendant parler Arès de sa sœur. Tout était finalement dans les interprétations qu’on faisait, les bonnes idées comme les erreurs fondamentales – non pas importantes, mais aux fondements des réflexions.



- Je ne la protège que si on la menace. Je la surveille. Si jamais il lui arrive un truc, je dois soit l’extraire soit insister pour qu’elle s’éveille. Ordre familial pour qu’elle devienne voyageuse. Et j’suis de corvée ce soir, j’avais autre chose à faire, mais pas le choix. Je suis d’accord avec toi, les rêveurs ont un pouvoir exceptionnel, mais un pouvoir qui s’ignore, ce qui n’est pas un pouvoir en soi. Le pouvoir doit s’exercer, et les rêveurs, s’opposant par le non-exercice du pouvoir, forment un équilibre intéressant, sous-estimé. Les Seigneurs exercent le pouvoir, dans un complexe d’impossibilité de création, d’identité et de revendications qui les rend ç moitié fous, à moitié lucides, et souvent terriblement hautains et orgueilleux. Les rêveurs devraient leur apprendre l’humilité, mais l’exercice du pouvoir ne rend jamais humble. Il suffit de nous voir, nous, dans l’entre deux, entre la modification du monde et l’exercice d’un pouvoir personnel, pour le comprendre. Rien de plus orgueilleux qu’un voyageur qui pratique, exerce et développe son propre pouvoir...ce qui devrait nous remplir de compassion pour les Seigneurs, et d’une moindre mesure les créatures.



Arès avait peut-être beaucoup voyagé et vu plus de choses, sa vision de Dreamland était biaisé par ce qu’il avait vécu. La subjectivité modifiait toujours le changement pris avec recul, impartialité, cohérence factuelle et une neutralité qui devait être forcée, pour obtenir la meilleure réflexion possible. Mais les faits étaient parfois trop durs à supporter. Le rêve comme le réel étaient difficiles d’approche, au final. Difficiles à assumer pleinement.



- Oui je suis jeune, mais tu te trompes sur mon compte. Je n’ai aucun idéaux sur ce monde, je le considère comme un monde avec plus de potentialités que le monde réel, simplement parce que nous avons, nous les voyageurs, des pouvoirs personnels que nous exerçons selon nos choix. Mais je ne crois ni au paradis, ni à l’enfer, ni à l’idéal incroyable du monde des rêves. Il est fou, taré, hystérique, magnifique et sans doute plus intéressant sur certains points que le réel, mais il n’est pas le réel, il n’a pas la tranquillité de notre monde. En bref, il porte son lot d’inconvénients, de ratages, de folie, de mensonge, et tous les défauts. Ce n’est que l’autre réalité, le monde des rêves, et je crois que toi, comme tant d’autres, tu as attendu beaucoup de choses, et que tes déceptions faussent complètement tes visions. Je suis un jeunot, et n’ayant jamais attendu quelque chose de ce monde, ni une libération, ni une fuite en avant, je ne le vois qu’avec des faits, des chiffres, des rapports sociaux, vivants, et des lignes de fractures politiques. On ne s’échappe pas, mais je te l’ai dit, le pouvoir personnel rend les gens à ce qu’ils sont...des tueurs, des guerriers, des profiteurs ou des gens qu’on pourrait qualifier de bien. Mais un mec qui aide un pauvre peut lui-même porter un égoïsme qui s’ignore.



Il réfléchit un peu et observa le voyageur prendre une nouvelle bière. Lui mangeait tranquillement avec délice les spécialités locales, qui avaient de quoi faire changer d’avis sur les merveilles du monde des rêves le voyageur obscur, mais Joy ne voulait pas insister. Il sourit doucement, conscient que son interlocuteur ne trouverait aucune beauté à ce monde, parce qu’il avait décidé que ce monde n’en valait tout simplement pas la peine. Déprimant…



- Là où tu te trompes, encore une fois, c’est que la guerre, les mensonges et la corruption, on peut lutter contre. Victor Hugo, un auteur français, parlait des luttes et des rêves, et ça m’inspire beaucoup. Nous passons notre vie à lutter et à rêver. Ce n’est pas tant un idéal qu’une utopie. Et il y a là une différence énormissime ! Tu veux réaliser un idéal, tu veux l’appliquer. Or une utopie n’existe pas, c’est un lieu imaginaire qui doit t’aider à modifier les choses dans un sens qui te semble moral. Dans ta vision du monde bien sûr. Jamais aucun terminus, que des voyages à faire. Et en cela, nous portons notre nature avec une pertinence inégalée : nous sommes des voyageurs, non des bâtisseurs. Nous devons lutter pour nos rêves, pour créer un lieu qui n’existera jamais, mais qui doit trouver ses bâtisseurs. Rien à voir avec un idéal créé sur des mirages ou des problèmes psychologiques…



Arès parla de la guerre et d’affronter tous les voyageurs. Il y avait là une rupture entre les deux voyageurs. Arès devait combattre le monde entier, peut-être dans une certaine forme d’utopie, alors que Joy considérait le combat comme une lutte de dernier recours, de survie, ou de protection. Signe que les humains comme les créatures n’étaient pas aussi évolués qu’ils le prétendaient. A l’instar des Meteors, le principe du troupeau comme moyen d’action relevait de l’animalité. Or, le matheux privilégiait l’humanité, c’est-à-dire l’action personnelle conjointe à celle du collectif. De manière civilisée, c’est-à-dire pacifique.



- Tu raisonnes comme un voyageur qui ne contrôlerait pas son pouvoir, c’est amusant. Je t’ai parlé de pouvoirs personnels, et nous répondons en termes de dégâts, d’assumer, de destructions, de dommages...voilà qui est bien pessimiste. Je m’amuse de voir que les pouvoirs sont liés uniquement à la destruction, la puissance à la guerre. Nous sommes dans l’ancien monde, dans une énergie négative, et tu en es un magnifique représentant. J’aspire, moi, à d’autres choses. Développer un art chirurgical du combat, ne cibler que celui qui doit l’être, réduire les destructions, se comporter en gentleman civilisé, même dans un duel à mort. Mais tu as raison, celui qui combat doit être prêt à en assumer les conséquences. Or, j’ai l’impression que personne n’assume, sinon le Seigneur Obscur, et de fait, son royaume. Pour tout te dire, je sens que j’ai le pouvoir de tout faire disparaître une fois que je maîtriserai complètement le zéro, alors tes paroles, je les comprends sans doute mieux que quiconque, car j’ai le pouvoir de tout détruire, à terme. Mais je veux que mon pouvoir exercé soit positif, et aide Dreamland, plutôt qu’il le détruise. Je pense que c’est une question de choix à faire et à défendre. Comme la guerre, en somme. Enfin, j’assume toujours ce que je fais, tu as sans doute mal compris mes propos. S’il faut tuer, je le fais. S’il faut détruire, je le fais. Je pense simplement que nous pouvons aspirer, et espérer, à beaucoup mieux. Et ce n’est pas idéaliste de le dire, ça relève de la lutte, d’une guerre que tout le monde se refuse de lancer.



Le matheux sourit et écouta encore le voyageur obscur. La discussion était intéressante, et des chiffres se bousculaient dans la tête de l’adolescent, qui avait de la suite dans les idées. Il parlait avec un voyageur qui savait de quoi il parlait, qui pouvait lui répondre avec des arguments très sensés qu’il entendait bien sûr, mais qui faisait surtout avancer sa réflexion sur Dreamland, qui l’enrichissait pour mieux étoffer son bagage socio-politique. Silva n’avait qu’à bien se tenir après une telle nuit...mais ce ne serait pas suffisant, il faudrait beaucoup plus au matheux pour parfaire son discours face au Premier Juge. Arès répondait ensuite sur les élémentaires, ce qui fit pour la première fois tiquer Joy.



- Ne pas trouver de raisons pour faire la guerre, c’est surtout ça qui est une définition de la folie. La guerre pour la guerre n’amène rien de bon, l’histoire nous le montre, et le futur le montrera encore. Je crains que ta pensée soit formatée par la normalité de la guerre, qui n’est pourtant pas une chose normale. Non, les prétextes donnent du sens, précisément ! Et pourquoi ? Parce que sans le sens, le peuple, les voyageurs et les convictions t’abandonnent, s’épuisent et se tarissent, et la vérité éclate : les désirs, l’orgueil, la bêtise dirigent les guerres et en construisent les sens. Le reste, c’est l’emballage du papier de chocolat pour faire joli et faire passer la pilule. Rien d’autre.



Arès finissait sur le Seigneur Obscur. Le matheux rigolait, car il savait bien qu’il n’était pas prêt, mais en tout cas l’idée de le rencontrer un jour pour parler de Dreamland était on ne peut plus séduisante. Ce qui le faisait rire, c’était la façon qu’avait le voyageur obscur de dresser des barrières entre une idée, une volonté, et l’objectif final. Comme un trésor qu’on devait protéger à tout prix, comme un honneur, finalement comme un orgueil. Car ce qu’Arès semblait ignorer malgré son expérience de voyageur, c’est que la guerre prenait bien des formes, et parfois les pacifiques, les traditionnelles, ou les normalisées étaient pire bien que les destructrices, car c’étaient les plus insidieuses, les plus compliquées à débusquer et à abattre dans les esprits. Il retint que le Royaume mettait les gens à l’épreuve, même pour échanger, ce qui disait peut-être quelque chose de terrible et de fascinant sur les raisons qui ont poussé les élémentaires à attaquer le Royaume Obscur. Peut-être qu’en recevant les Seigneurs du reste de Dreamland, le Seigneur Obscur aurait obtenu la paix qu’il désirait tant, en fait ? Joy croyait – par l’éducation de sa mère – que le dialogue sauverait le monde, et il ne pouvait que constater que le manque de dialogues avait plonger le monde des rêves dans le chaos. Orgueil, bêtise, et rien d’autre…


- Je note ce que tu me dis, Arès, et je serai prêt, le moment venu. Cependant, dis-toi simplement qu’un Seigneur aussi puissant et aussi lointain ne peut être qu’une source de guerres. Demande-toi enfin les raisons de cet éloignement, et essaie de sortir la tête de ton camp pour réfléchir plus rationnellement à ce qui s’y passe. Enfin, je ne crois pas aux hautes sphères comme tu dis. J’ai parfois l’impression d’être un privilégie juste en buvant un coup avec des créatures très simples de ce monde. Les Seigneurs, comme les gens de pouvoir, sont parfois moins intéressants que le commun des peuples. Mais nous les entendons plus largement que les autres, ce qui nous berce d’illusions, et nous rend dépressifs, désespérés, fous, etc...Non, pour nous comme pour les autres, nous devons nous parler, et ne pas perdre espoir. En ce que nous voulons changer et faire, de manière irréalisable. Tu te dis que j’ai du cran en voulant rencontrer le Seigneur Obscur, mais je ne fais que demander l’impossible, en me forçant pour ignorer justement que c’est impossible. A partir de ça, les choses changent. Mais dans la désillusion et la perte d’une vision positive de ce monde des rêves comme de la réalité, rien ne bouge, en effet.


Joy finissait son repas et souffla un coup en s’allumant une clope. Il parlait calmement, comme rassuré dans son chemin. Arès était un voyageur des plus intéressants, et son propre chemin donnait des ailes au matheux, qui savait maintenant ce qui lui restait à faire. Il observa Sarah qui jouait avec des peluches et sourit doucement.


- Je pense créer un camp sans idéaux ni idées à défendre. Des objecteurs de conscience, des lanceurs d’alerte, des explorateurs apatrides et des tarés prêts à tout pour penser le futur. L’équilibre a besoin de bras, et tu me donnes cette nuit les armes pour le créer. Il y a des guerres de toutes sortes, tu sais, n’en déplaise aux Meteors comme aux Seigneurs...



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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Mar 24 Jan - 17:16

Cette discutions était pour le moins intéressante, aucun doute là-dessus. Ares resta en place tout en examinant les arguments du jeune voyageur. Il avait une vision intéressante, nouvelle du monde, gentil et idéaliste, certes, mais il savait que c'était le cas et le revendiquait. Une sorte de pragmatisme idéaliste... Le genre de truc bien bizarre quoi. Ares ne dit rien tandis que le jeune baby montrait une détermination sans faille et rudement bien construite.

Afin de ne pas faire durer ou par flemme du narrateur il n'y aura pas 56 paragraphes pour en parler, pour autant Ares l'écoutait proposer ses contre-arguments d'un air assez impressionné, pour un gamin il savait de quoi il parlait. Il avait des bases et un visions que l'on sentait travaillée, il savait que certains points étaient des rêves, mais il affirmait cela comme une force, un objectif à ne pas atteindre, une motivation toujours plus grande, mais...

« Au moins tu crois en tes mots. Mais envers et contre tout ce que tu dis, j'entends encore le discours d'un Baby qui ne connaît pas encore vraiment dans quoi tu mets les pieds. »


Ares se retourna et fixa le décor calme autour de lui. Ce royaume était calme ? Non, ce n'était qu'une accalmie avant qu'un conflit, quel qu'il soit n'éclate. Le jeune voyageur s'imaginait que si l'on maîtrisait son pouvoir alors les combats pouvaient être contrôlés, il avançait également que son pouvoir avait le potentiel de tout détruire. Si Ares sourit un brin au début il perdit son sourire lorsque le jeune Killimanjaro affirma le potentiel de destruction de son pouvoir. La mine sombre et quelque peu déçu le voyageur obscur fit de nouveau face au jeune baby.

« Tout faire disparaître ? Tu as encore beaucoup à voir pour comprendre à quel point tu fais erreur. Ton pouvoir est sans-doute puissant, mais crois-moi, tu n'as encore jamais vu le pire. Les ténèbres renferment des capacités que je peine à imaginer alors que j'en viens. Tout faire disparaître ? Si jamais tu devais tester ce pouvoir, assure toi bien de ne pas le faire face à un duc obscur, ils disposent du réel pouvoir de destruction le plus grand qui soit. »

Pour s'être entraîné contre Ades à de multiple reprises le voyageur obscur savait de quoi il parlait, ce jeunot s'imaginer que son pouvoir lui offrirait la capacité de régler tous ses problèmes ? Pour la première fois le voyageur obscur voyait une réelle naïveté chez ce garnement. Le voyageur obscur ferma les yeux tout en soupirant. Puis il fit signe de la main à A... Ou B... De le rejoindre, la fait accourut et Ares l'attrapa au vol tandis qu'elle se transformait en pistolet.

« Tu pense pouvoir éviter les dommages collatéraux d'un combat grâce à ton zéro ? Tu pense que maîtriser son pouvoir suffit à un voyageur pour vaincre ? Non, ta maîtrise ne suffira pas, même si ton pouvoir est puissant. Une fois que tu auras croiser les plus hautes sphères tu comprendras. Ton pouvoir, ta maîtrise, ton corps, ton esprit, ton équipement, tout doit être optimisé à 100% pour avoir une chance de victoire, rien n'est laissé au hasard une fois dans la fosse aux lions. Et Dreamland n'est pas le seul à enseigner ceci gamin. »

Une fois de plus Ares parlait en connaissance de cause, durant son temps ou il était un combattant dans les arènes de syracuse il avait prit l'habitude de porter des vêtements amples, cela restreignait les mouvements, mais offrait une grande chance : l'adversaire ne pouvait connaître les contours du corps et les esquives n'en était que plus facile, une fois l'attaque échouée la riposte devait être fatale, ou tout était fait pour rien. Ares pointa son pistolet sur le jeune baby, sans pour autant avoir l'air agressif.

« Cet outil est capable de contrôler mon pouvoir pour lui donner d'autres formes et avantages que ceux que je lui offre en temps normal. »

Le sicilien laissa retomber son bras et lâcha le pistolet qui se changea de nouveau en fée une fois au sol, sur le cul la petite fée secoua la tête avant de repartir en volant vers son aire de jeu. Ares semblait juger du regard le jeune voyageur cette fois. Il replaça sa main dans sa poche en fixant le jeune voyageur.

« Tu as encore beaucoup à voir avant de pouvoir réellement comprendre, mais crois-moi, si tu pense pouvoir changer les choses par la seule chose de ton pouvoir, tu as tord. »
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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Mar 24 Jan - 17:56

Le matheux sourit tranquillement à la réponse du voyageur obscur. Il y avait ce côté « tu as six ans ? Moi à ton âge, j’en avais sept », de ceux qui forcément, étant plus vieux, parlent d’expérience de choses qu’eux-même n’avaient pas vécu auparavant. L’argument était amusant, à chaque fois qu’il sortait, comme s’il fallait toujours casser la naïveté, la fougue, pour laisser place au vétéran. C’était pas ma guerre ! Joy répondit avec malice, en faisant un clin d’œil au voyageur.



- Et si je garde les mêmes propos une fois dans la Major, et bien installé, tu diras quoi ? Je vais demander à ma mère de t’apprendre la vie, en tant que voyageuse de la Special. J’dis ça sans vouloir t’offenser, c’est juste que les frangins m’ont bassiné avec ce discours, et je n’ai toujours écouté que mon paternel, qu’était un voyageur brillant de la Major, et ma mère m’a assez parlé de Dreamland, qu’elle arpente depuis 20 ans...donc bon ! Moi j’pense que personne sait dans quoi on met les pieds, l’expérience collective continue, sans bien ni mal, juste un fil que rien n’arrêtera. Après quoi on fera les comptes, dans dix, vingt ans.



Puis Arès s’assombrit. Manifestement, le pouvoir obscur avait l’orgueil obscur. Il était vrai qu’on en parlait comme étant le pouvoir le plus brutal de tout Dreamland, le plus dangereux, le plus efficace. Le plus dur à vaincre, aussi, peut-être. Il était clair que les voyageurs obscurs partaient avec de véritables avantages dans les applications de l’obscurité, mais Joy en savait assez sur les ligues de voyageurs pour savoir qu’un pouvoir ne signifiait rien. L’application non plus. Il y avait comme un point Godwin avec les ducs obscurs, ce qui amusait l’adolescent qui restait un peu insouciant, une manière pour lui de tromper l’actualité la plus immédiate, la guerre, les assassinats devant tout Dreamland, ce genre de choses oui…Il laissa Arès développer ce point précis, il était vrai que sur la question des pouvoirs, il avait encore à apprendre, comme à peu près tout le monde. Chaque nouveau voyageur un peu chanceux et un peu débrouillard pouvait être un monstre de destruction en un temps record…



- Justement, puisque tu y fais mention...deux choses sur le pouvoir. D’abord, oui j’ai encore beaucoup à voir, mais je ne pense pas faire une erreur énorme. Chaque pouvoir possède un potentiel de destruction énorme, et la peur, la crainte, l’inconnu sont justement des outils pour créer la psychose. Le pire n’existe pas, tout est dans l’utilisation. Dans le contrôle, précisément. Le Seigneur Obscur l’a prouvé récemment, tu ne crois pas ? Ensuite, deuxième chose. Je parle de pouvoir personnel exercé, je ne parle pas de MON pouvoir en particulier, je parle du pouvoir que chacun reçoit, dispose, exerce dans le monde des rêves. Qui donne l’orgueil et la sensation de toute-puissance justement. La potentialité, la possibilité de destruction...tu vois, tu vas trouver ça naïf, mais je considère que le pouvoir du Seigneur Obscur, qui pourrait mettons détruire tout Dreamland est identique à un pouvoir banal pouvant détruire un arbre, une plante, une feuille d’herbes. Carvey appelle ça mon côté hippie, pourtant la destruction prend bien des formes. Le reste, le pire comme tu dis, ce n’est qu’une hiérarchie a posteriori, un classement d’orgueil. Je me méfie, moi, d’un pouvoir qui pourrait tout détruire, et je ne limite pas ça au seul Royaume Obscur. Qui restait tranquille jusqu’à présent, donc dans un contrôle de l’exercice du pouvoir, contrairement à l’Alliance Élémentaire. Tout est là.



Il suivit le raisonnement du voyageur obscur, qui tentait de le mettre face aux réalités de Dreamland. Il y avait du travail pour les rêveurs qui voyageaient, les idéalistes pragmatismes, les artisans de l’équilibre. Le travail en prévision était titanesque, et Joy tremblait de frayeur face à la montagne infranchissable qu’il devrait affronter. L’œuvre d’une vie, aussi éphémère soit-elle, sûrement. De l’orgueil, nécessaire, ce qui le remplissait de compréhension et de compassion envers l’humanité des voyageurs, tout aussi paumée que lui au final.



- Je n’ai pas dit ça. Je dis que je cherche à éviter les dommages collatéraux. Mon zéro, justement, risque de devenir incontrôlable. J’ai assisté à quelques batailles, à quelques combats. Je hais la manie des voyageurs de se croire dans un jeu vidéo où la vie des créatures n’a aucune importance. Je me dis, peut-être naïvement, que le principe de dommages collatéraux est une arnaque vieille comme le monde pour justifier une violence débile, non contrôlée justement. Une violence qui n’ose pas avouer son impuissance à se contenir pour être optimisée. Je suis un mathématicien, je compte les dégâts, contrairement aux autres. Ce ne sera pas facile, non, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer, sans quoi nous laissons tout tomber ici même, sans jamais rien faire. Sur l’optimisation, tu vois donc que je te rejoins. Je parle du contrôle du pouvoir comme nécessité, mais pas dans une nécessité de victoire, comprends-moi bien. La logique des ligues, paradoxalement à mon classement, je la trouve risible, dérisoire, ridicule. Je ne marche pas aux médailles, je n’ai pas besoin de décorations ni d’honneur. L’orgueil, encore, règne en maître.



Il médita cependant les propos d’Arès. Il sentait qu’il ne parlait pas non plus dans le vide, et sa mention au monde réel indiquait qu’il s’y connaissait autrement qu’en étant un simple voyageur. Un bon gars, qui a dû sans doute en voir des vertes et des pas mûres…



- Tu as raison, cependant. Il faut se donner à fond, dans les combats, dans le monde réel, et dans les convictions que l’on porte. Je suis jeune, tu l’as dit. Mes idées vont évoluer, notamment grâce à toi cette nuit. Mais je ne renoncerai pas...ce que tu ne sembles pas avoir saisi, et c’est bien là-dessus que j’ai insisté, c’est que le pouvoir fait tout comme il ne fait rien. Là dessus, les Seigneurs sont encore à la ramasse...j’aimerais pouvoir passer mes nuits sans utiliser le mien. J’aimerais pouvoir changer les choses en n’utilisant rien sinon les paroles, les chiffres, les faits, des choses logiques sur lesquelles s’appuyer. Mais la maladie du monde des rêves, c’est le pouvoir – les pouvoirs, politiques, personnels, sociaux, les ligues, et tout ce qui donne cette formule à la bouche : les hautes sphères de Dreamland.



Joy éclata de rire en abordant ce point, tout en fixant l’une des petites fées / armes du voyageur, qui bondissait sur lui pour jouer, jusqu’à se disputer avec l’autre.



- Comme quoi, ici comme dans le réel, nous restons fascinés par ce qu’on nomme de nos jours abusivement l’élite. C’est valable pour le Royaume Obscur...mais allez, je crois que tu as raison, et c’est pourquoi je souhaite rencontrer ton Seigneur. Pour apprendre. Je n’arrêterai jamais d’apprendre, comme je ne renoncerai pas à ce que je t’ai dit ce soir. Nous verrons plus tard, par-delà les guerres et les combats, qui aura raison. Et puis on crèvera tous et on n’en parlera plus…



Il fit un temps de silence, et tendit le bras vers le voyageur, l’air amusé encore, quoique un peu remis à sa place, à la fois par les arguments de l’obscurantin, et par sa propre méditation.


- T’aurais bien une petite bière pour moi, avec tout ce que tu t’envoies ??
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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Jeu 26 Jan - 17:34

S'il gardait les mêmes idées même une fois qu'il aura arpenté Dreamland ? Un mince sourire naquit sur les lèvres d'Ares tandis que le n°2 des Babys lui répondait. Il avait du cran, c'est bien, mais il était encore un peu trop gamin pour comprendre l'étendu de ce dans quoi il mettait les pieds. Buté, pour sur, mais le voyageur obscur avait confiance, il finirait par voir la vérité, il n'était pas assez stupide pour l'oublier ainsi.

« Alors tu seras un abruti, un de plus dans la foule d'idéalistes totalement stupides à naïf parcourant Dreamland. »

Ares se retint d'aller plus loin, aussi stupide qu'était ce gamin il ne fallait pas non plus lui gâcher la surprise, il croyait sa mère, tant mieux, mais si elle pensait comme lui alors elle était simplement l'un de ces naïfs parcourant dreamland. Il semblait croire qu'être à Dreamland depuis longtemps donnait de la légimité, grave erreur. Du recul, oui, mais la vérité, non, certains anciens sont toujours aussi stupides malgré les années qui passent, Ania Karine en était le parfait exemple, loin d'être un modèle d'intelligence elle nourrissait un idéal gamin honteux pour sa position.

Ou peut-être Ares était-il simplement trop jaloux pour voir la vérité ? Non, aucune chance. Enfin, la discutions continue et le jeune garnement faisait toujours preuve d'une confiance excessive en un monde dont il ne comprenait pas encore tout. Ares secoua doucement la tête de gauche à droite tandis qu'il tentait de dire comment il voyait le pouvoir. Malgré tout le voyageur obscur n'en dit pas plus, rien ne servait de brûler les étapes et ce gamin était rudement loin de savoir tout, une fois qu'il en aurait vu assez alors il changera d'avis, mais pas avant.

Puis il continua, parlant des dommages collatéraux et des vies gâchées par ce fait. Ares secoua de nouveau négativement la tête, voilà qu'il était déçu d'entendre le discours gentillet de ce baby. Au moins était-il conscient de sa naïveté. Ares ne put s'empêcher de se dire que c'était là une preuve qu'il avait une chance de s'en tirer, de plus il semblait tenir le classement SMB en basse estime, un point pour lui.

« Je ne peux te contredire, le classement du Dream-mag n'est qu'une blague, ils s'amusent à catégoriser les voyageurs, jusqu'au jour ou quelqu'un leur fera comprendre que leurs services ne sont plus requis. Quand au reste... Je te l'affirme, tu es bien naïf. Tu te soucis des vies et pense que les dommages collatéraux peuvent être éviter ? Sais-tu juste ce qu'est une guerre ? Que ce soit ici ou dans notre monde la guerre est quelque chose de sale, ça fait des morts et de nombreux dommages collatéraux, c'est un fait qu'il te faut accepter, des gens mourront sans rien avoir demandé, parfois comme dommage collatéral, parfois comme symbole pour le camp d'en face. Et tu ne pourras rien y faire. Lorsqu'un combat difficile apparaît alors il y a des dommages collatéraux. Si tu n'en veux plus, alors il te faudra surpasser de loin tout ce que Dreamland peut offrir, de sorte à ne jamais rater ton coup et à ne pas avoir à esquiver, à terminer en une seule attaque concentrée sur ton ennemi un combat qui pourrait durer des jours. »


Ares marqua une pause avant de continuer.

« Mais personne ne peut atteindre ce niveau, car la perfection est un idéal que l'on ne peut atteindre et tu le sais. Dans les combats tu devras esquiver, ton adversaire esquivera et vous ferez des dommages non voulus, c'est un fait des plus ordinaires. »

Sans doute ne changerait-il pas d'avis, mais au moins Ares lui avait-il dit la vérité. Dans le fond Ares avait déjà tué des créatures, souvent, leur avait même fait connaître pire que la mort, souvent, il s'en moquait. D'aucun dirait qu'il devait attacher de l'importance à la vie des créatures... Pourquoi faire, il n'en attachait pas à celle des voyageurs, tuer était parfois une nécessité qu'il acceptait et appliquer, encore plus en temps de guerre.

Soit le gamin voulait coupait court à la conversation, soit il se remettait en cause, dans les deux cas Ares ne pouvait qu'approuver. Lorsque le jeune homme lui demanda une bière Ares invoqua son pouvoir et lui en lança une avant de continuer la sienne.

« Prend. Des fois je me dis que je serais mieux en bar ambulant qu'en soldat. Enfin, l'on ne fait pas toujours ce que l'on veut. »

Il but de nouveau tout en fixant la sœur du jeune voyageur puis cette poupée de super sauveur dont avait parlé l'autre voyageur. S'il la craignait pourquoi ne pas la détruire avant qu'elle ne cause des problèmes ? Enfin, il ne le questionnerait pas plus sur sa logique, il était encore trop inconscient pour raisonner comme il le devait.
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Sam 28 Jan - 15:14

- Ce sont les idéalistes qui façonnent le monde...les abrutis sont ceux qui regardent les choses se faire sans se bouger le fion, c’est l’enseignement de ma daronne ouais.


Le matheux souriait gentiment. Les voyageurs étaient après tout des gens du monde réel, qui n’avaient pas, bien sûr, les mêmes visions des mondes, ni les mêmes espoirs, éducations, rêves, de par les vécus différents, les afflictions de la vie ou les aléas qui font mal ou qui te construisent comme ceci ou comme cela. Il sentait une résignation solide et compréhensible chez le voyageur obscur, une résignation raisonnée, pensée, réfléchie, peut-être pour mieux se protéger, peut-être aussi pour éviter de se poser d’autres questions, pour éviter un surplus de mauvaises surprises dans Dreamland. Si la vie de Joy pouvait soutenir celle de Dreamland, il savait depuis longtemps, bien avant de devenir voyageur, que d’autres utilisaient le monde des rêves comme fuite, divertissement, passe-temps, un monde où il était possible de s’affirmer ou d’être quelqu’un d’autre. Certains voyageurs, enfin, se comportaient comme des consommateurs typiques, c’est-à-dire usaient ce monde sans jamais apporter leurs pierres à l’édifice. Tout était discutable même si rien n’était faux, bien sûr. C’était juste une façon d’être au monde, même celui des rêves.

Il s’amusa de le voir critiquer le Dreamag. Il avait senti depuis quelques temps que le classement était en lien avec des événements plus que des personnalités. Il avait cependant un pouvoir aux applications étonnantes, d’autres voyageurs ne pouvaient pas en dire autant. Mais quand Relouland jugeait les voyageurs, qui jugeait Relouland ? Sur quels critères ? Et quid de la célébrité nouvelle qui prenait les voyageurs et les transformait en cibles vivantes pour les voyageurs killers ? Un effet pervers – un de plus – du système de ligues, afin de créer du mouvement, de l’animation, et au final, assister aux jeux du cirque. Arès en vint à répondre sur les dommages collatéraux...le matheux savait que c’était un combat perdu d’avance, l’obscur avait une vision trop noire (gag) de Dreamland pour repenser ou re concevoir son pouvoir, ses actions, ses techniques. C’était revenir sur son identité de voyageurs – toujours ceux qui se croient volontairement ou pas dans un jeu vidéo où il était normal de détruire et de tuer. Une erreur fondamentale, qui prendrait des années à Joy pour faire changer les mentalités sur le sujet, sans nul doute.




- C’est parce que je sais ce qu’est, et ce qu’était une guerre, que je réfléchis comme d’autres dans le monde réel à la réduction des dommages collatéraux. Nous allons dans le monde réel vers une guerre de frappes chirurgicales. Bien sûr tu me donneras des exemples de dommages collatéraux, c’est simplement un vice de langage, et un manque de visions d’ensemble. Pourtant, nous sommes passés de bombardements qui rasaient une ville entière, y’a 70 ans, et des attaques de drones, d’hélicoptères traquant les cibles plus particulières. Bien sûr, il demeure encore des bombardements massifs, mais plus la technologie avance, moins les dégâts sont importants, pour un même engin. Raison pour laquelle, d’ailleurs, quand les hôpitaux, les écoles ou bien les civils sont tués, c’est toujours pour une raison autre que strictement la guerre. La guerre telle qu’on l’entend, un conflit armée entre deux camps. C’est une forme de progrès, car la guerre raisonne simplement davantage en termes d’objectifs, d’efficacité, de résultats. On capitalise et on optimise, c’est tout. Et dans Dreamland, si personne ne le fait, c’est simplement parce que les voyageurs se croient – de par leurs pouvoirs personnels exercés en liberté – dans un jeu vidéo, dans un autre monde où rien n’est grave. En bref, nous ne faisons aucun effort pour réduire les dommages collatéraux. Je me souviens d’une nuit passée au Royaume des Pandas, j’y ai croisé un ancien ami, un voyageur du feu, Joel Hamel. Pour un seul combat, il a cramé la moitié de la capitale du Royaume, et ça ne lui a posé aucun problème, ni aucun remords. Je parle de ça, cette absence d’importance donnée à ce monde. Pourquoi ? La guerre ne justifie aucunement la guerre, on t’a dit ça pour normaliser, même pire : naturaliser la guerre. C’est normal, c’est comme ça, c’est naturel, et ceux qui disent le contraire sont des idiots. Non, moi je dis que ceux qui ne réfléchissent pas à ça sont des idiots, des incapables et des voyageurs qui méritent d’être jugés, comme dans le monde réel, pour crimes contre l’onirité !



Il s’enflamma un petit peu et vida d’un coup la bière pour reprendre son souffle. Il s’essuya avec sa manche et en demanda une autre au voyageur obscur.




- Me surpasser dans cet objectif, j’en ai bien l’intention, mais je ne pourrai pas réussir tout seul. Je connais des gens, un groupe qui pourrait m’aider, mais nous sommes trop...différents. Quant à la perfection, tu te trompes de logique. L’utopie qu’on veut mettre en place relève de ce qui sera toujours irréalisé, jamais réalisable, sans quoi tu perds le sens étymologique de l’utopie – le lieu qui n’existe pas. C’est précisément ce que je demande : de l’irréalisé, pour tendre vers une perfection et d’abord, un respect envers ce monde, c’est-à-dire, finalement, envers nous-mêmes. Guerre ou pas, car la guerre est anecdotique. Nos vies, nos morts sont anecdotiques. Ce que nous mettrons en œuvre, nos mouvements, nos idées perdureront et seront reprises par nos héritiers, si nous luttons et si nous rêvons assez fort, et assez longtemps. Non, ce n’est même pas un idéal, c’est comme ça qu’on crée le monde.



Le matheux s’étira en voyant la peluche de Super Sauveur grossir et commencer à péter des câbles non loin. Il activa son pouvoir et prit encore un temps pour répondre au voyageur obscur.



- Bien sûr, avant cela, je vais devoir lutter contre les inconscients et les hooligans de ce monde. Je suis prêt. J’ai détruit, j’ai tué, et je détruirai et je tuerai encore. Si c’est nécessaire, je n’hésiterai jamais une seule seconde. Cela étant, pourquoi ne pas immédiatement tuer ? Parce que les gens changent, et peuvent changer même une seconde avant d’être tué. D’autres non.


Il regarda la peluche qui taper des poings pour écraser les rêveurs en gueulant. Il enlevait ses vêtements, déchirait son propre corps et déversait l’intérieur de son corps en pluie de laine et de coton sur les rêveurs qui criaient et prenaient leurs jambes à leurs cous. Joy vit sa sœur foncer vers lui, et le bras de la peluche qui grossissaient encore. Il utilisa son pouvoir et fit monter Super-Sauveur-Coton dans les airs. L’autre se débattait en vomissant sous le choc de la lévitation, des pluies de cotons pourris qui s’écrasaient sur la place dans une odeur immonde. Le matheux se tourna vers l’obscur tandis que les rêveurs allaient ailleurs en se bidonnant ou en pleurant.



- Tu vois, une seule formule, et le voilà hors d’état de nuire. Tu veux peut-être que je te le laisse ? Toi aussi, tu verras, tu peux réduire les dommages collatéraux et faire ce qui doit être fait pour laisser ce monde en paix, sans toucher aux autres personnes autour.
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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Mer 1 Fév - 17:39

« Les idéalistes façonnent le monde ? Ah ! Quelle bonne blague. Les idéalistes sont ceux qui s'imaginent un monde qu'ils ne verront jamais. Le monde est façonné par les luttes entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, agir ou non n'influe en rien sur ce fait, chaque personne apporte une pierre à l'édifice, qu'il le veuille ou non. Les idéalistes sont simplement ceux qui s'imaginent apporter plus de pierres. »

Ares était quelque peu amusé par les divergences d'opinion entre les deux voyageurs, celui restait relativement jeune et stupide, pourtant il avait une pointe de pragmatisme qui pouvait changer la donne plus tard, avec un peu de chance il comprendrait enfin ce que voulait dire Ares... Dans le cas contraire le voyageur obscur devrait sans doute l'éliminer, comme tous ceux s'opposant directement à lui. En espérant juste qu'il n'ait pas à le faire avant.

Joy entendit faire une lecture de la guerre moderne à Ares. Moins de pertes ? Des frappes chirurgicales ? Vrai et faux. L'on frappe et l'on fait des dommages collatéraux, donc les gens gueulent, quelle stupidité. Mais la vraie guerre n'est plus celle que l'armée mène, mais celle qu'elle ne peut voir. Le Killimanjaro semblait choqué que les voyageurs ne se soucient pas des dégâts qu'ils causaient.

C'était anormal. Peut-être. Dispensable. Sans-doute. Pour autant les choses allaient-elles changer ? Non. Peut-être faudrait-il qu'il lui ouvre les yeux une dernière fois pour lui faire faire un choix, rapidement Ares prit la décision de montrer une autre façon de voir les choses ou le monde. Le sujet arriva sur Joël Hamel, un voyageur du feu, de mémoire Ares l'avait affronté une fois, rien de bien glorieux celui-là.

« Tu crois que la guerre est celle que tu vois à la télé ? Les belles images de ton pays qui combat sans tuer de civil ? Non, ce n'est pas ça la guerre gamin. La guerre c'est le sabotage, les attaques sur des objectifs précis avec les dommages matériels qui vont avec, ainsi que la suppression des témoins gênant. Lorsque deux armées se batent dans une ville, qu'il y est drone et moyens, il y aura des dommages collatéraux, car la guerre n'est pas propre. Je vais te conter une histoire gamin. J'ai bossé pour la mafia en italie pendant quelques années, j'ai vu ce à quoi ressemble ce que vos journaux et vos politiques cachent. »

Ares se tut un instant de nouveau, son visage se ferma tandis qu'il repensait à certaines choses forgeant le caractère qu'il avait vu et fait durant cette sombre période de son histoire.

« Un jour, ou plutôt une nuit, je faisais une mission banale. Certains ne voulaient plus payer la protection de la famiglia. Je suis rentré dans le magasin la nuit, pendant que les propriétaires dormaient. Discrètement, j'ai gravi les escaliers. J'ai poussé tout doucement la porte de la chambre d'où les ronflements provenaient. Le léger grincement n'a pas suffit à les reveiller. J'ai levé le bras et j'ai appuyé sur la gâchette, trois fois. Une dans la tête de la propriétaire, puis une dans chaque jambe du propriétaire. Il a hurlé. J'ai fais un pas en arrière et j'ai vu la gamine qui sortait de sa chambre, son grand frère l'a rattrapé pour la cacher dans la chambre en me faisant face. J'ai tiré dans sa jambe, j'ai regardé le propriétaire hurlant dans son lit et je lui ai dis : il te reste deux nuits pour accepter de payer avant de ne plus rien avoir à sacrifier. »


Ares fixait le Killimanjaro l'air sévère, il embellissait un peu l'histoire, mais pensait vrai. Il avait fait des choses horribles pour certains à Dreamland, et pourtant tellement pire hors de ce monde des rêves. Il laissa quelques secondes planer avant de reprendre.

« Devine quoi ? Il n'a pas payé. Je suis revenu le lendemain, à peine ai-je poussé la porte qu'il a tiré avec un fusil sur la porte du magasin, j'ai pris un ricochet de la balle dans les côtes. Je me suis plaqué au mur et j'ai fais signe au reste d'intervenir. Ils ont prit la voiture et sont passé à pleine vitesse, en tirant avec des armes automatiques. La vitrine et l'intérieur furent brisés par les balles. La boutique ne valait plus rien, alors on a décidé qu'on avait plus à la protéger. Je suis rentré avec un collègue, j'ai tiré dans le bras du propriétaire et mon collègue dans la dernière jambe valide du frère. Puis tandis qu'ils hurlaient j'ai recouvert le sol d'essence et d'alcool. Mon collègue est monté à l'étage et a tiré deux fois, j'ai entendu la gamine crier. On est sortit et j'ai mis le feu à la boutique. »

Ares fit une nouvelle tout en fixant le sol, il était sans doute proche du psychopathe, pourtant l'histoire n'était pas belle, même pour lui. Des souvenirs peu agréables, même pour lui. Ares n'était pas un grand fan de son passé dans la mafia, mais cela forgeait le caractère. Il replongea son regard un poil marqué par l'histoire qu'il venait de conter dans celui du n°2 des babys.

« Alors non gamin. La guerre sans mort ça n'existe pas. Alors non gamin. Les dommages collatéraux ne disparaîtront pas. Tu ne t'es jamais dis que certains combats existent pour ces dommages collatéraux ? Tu as été élevé en pensant que tu savais ce qu'était la guerre grâce aux magnifiques caméra de tes journalistes ? Que tu le savais car tu avais lu les livres ? Non gamin, la guerre n'a pas changé, la seule différence, c'est que aujourd’hui les gens refusent de la regarder en face. Les gens n'ont pas changés, alors leurs actes non plus. »


Malgré tout avait-il au moins compris qu'il lui faudrait de la puissance s'il voulait parvenir à faire face à son rêve, il comptait réunir avec lui plusieurs personnes capable de lui apporter l'aide qu'il voulait. Un beau rêve, hélas inaccessible. Mais au moins était-il conscient de cela, peut-être aussi que le monde n'était pas aussi rose qu'il le pensait maintenant. Mais au moins était-il prêt à faire quelques dommages, un peu, dans le but d'accomplir ce rêve intouchable.

Comme preuve de ses mots il utilisa son pouvoir sur la peluche commençant à s'énerver un peu plus loin, tout comme il l'avait craint. Il l'immobilisa en l'envoyant voler dans le ciel, sans toucher le reste autour, affirmant qu'il avait ainsi prouver qu'il pouvait agir sans dommages collatéraux. Ares fit un pas en avant et sa main se recouvrit de mélasse obscur, il fit un geste vers la peluche et un jet d'obscurité s'y déplaça, emportant sur le coup la peluche qui disparut alors.

« Impressionnant, tu arrive à arrêter une peluche, mais pourrais-tu m'arrêter moi, par exemple ? Mon pouvoir est un pouvoir obscur, je détruits et j'absorbe en grande quantité, de plus je ne suis pas une peluche. Crois-tu pouvoir réduire les dommages collatéraux à zéro ? Non. A moins d'accepter ta mort dès le début et sans combattre, ou bien de pouvoir me tuer en un coup de petite envergure. »

Ares secoua la tête de gauche à droite, il n'y croyait pas, les élémentaires en première ligne étaient la preuve que les dommages collatéraux faisaient partie des combats.
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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Jeu 2 Fév - 10:22

Le débat continuait et le voyageur obscur apportait des réponses satisfaisantes au voyageur des maths, qui souriait et voyant son interlocuteur chercher les failles dans l’argumentaire, et se débattre dans les idéaux.



- C’est bien ce que je dis, en effet. Les idéalistes façonnent le monde parce que justement, ils s’imaginent un monde qui ne sera jamais. Tu confonds ce qui est à jamais irréalisé, et ce qui est irréalisable, comme tant de gens. Le principe d’un idéal, comme d’une utopie n’est pas d’être réalisé, de voir le jour, mais d’être réfléchi pour façonner petit à petit le monde. C’est ainsi, du reste, que le progrès social demeure, et que nous évoluons. Et les guerres ont fait partie de ce progrès social, qu’on le veuille ou non, dans la douleur – raison pour laquelle nous essayons de les diminuer, pour évoluer cette fois différemment, et la tâche est énorme. Je parle ici du monde réel, et non pas de Dreamland, tu l’auras compris. Ce n’est pas une question de pierres à poser, dès lors, mais plutôt de plans à distribuer au préalable.



Il sourit en entendant l’argument sur les images et la télévision. Les Killamanjiros étaient trop nombreux pour que la télévision soit un objet de divertissement voire de culte pour la famille. Quand vous êtes sept à vouloir regarder un programme différent pour chacun, la télévision s’oublie rapidement, surtout quand dans les repas de famille les paroles des parents et des enfants étaient les seules qu’on écoutait. Il ne dit rien mais prit en compte cette tendance à rabâcher la corruption ou la  propagande médiatique, comme si, malgré les filouteries, les images mentaient. Les images de guerre ne montraient que la guerre, qu’importe le camp, et on pouvait du reste allez dans chaque camp, et voir leurs images respectives, de nos jours.



- Je ne crois rien sur la guerre, elle est, je te l’ai dit, en évolution, en progrès, comme tout le reste. Je regarde assez peu la télévision, mes journées sont assez bien remplies, et du reste j’ai vu des reportages tout à fait intéressants, comme d’autres, à la télévision. Là encore, les gens – les voyageurs – se trompent de combat. La télévision comme le pouvoir lié à une phobie, c’est uniquement un outil. Je ne dis pas que la guerre est propre, non, je dis que la guerre tend à devenir propre, c’est-à-dire dans les réductions de pertes, l’optimisation d’objectifs, et la réduction des dommages collatéraux. Je ne dis pas qu’il faut zéro mort, mais je t’invite à voir les images des bombardements du XXe siècle, et les utilisations actuelles des moyens donnés à la guerre. Les faits vont dans mon sens, et je ne dis que les faits. Oui, la guerre n’est pas propre, mais enfin, ce serait un prétexte légitime pour ne pas essayer de proposer des guerres propres ? Ton argument, je le connais. Tu fais partie de ces gens qui disent : c’est comme ça, ça sert à rien d’essayer de lutter. En fait, c’est l’argument traditionnel de la normalité. Typiquement avec ces idées, le progrès est impossible à trouver, ou alors tu te trouves comme un chien à suivre ceux qui l’ont fait pour toi. On t’a enseigné le goût de la normalisation, pour éviter de penser, de réfléchir, de remettre en question. On laisse le cynisme et la désillusion régner en maîtres. Pourquoi ? Ça t’évite de penser idéal, utopie, amélioration, en gros, changements de monde. Alors oui, d’autres façonneront le monde par leurs idéaux, tandis que tu ne feras que répéter les mêmes erreurs en chialant.



Le matheux se trouva un peu dur, d’ailleurs ce fut le moment où Arès décida de parler de sa vie. L’adolescent l’écouta attentivement et comprit un peu mieux les raisons de ces pensées noires, et pourquoi le voyageur obscur tenait ce discours. Rien de bon ne pouvait émerger d’une vie dans la mafia italienne, quand trop d’horreurs mêlées aux vérités se donnent à voir dans une violence inouïe, que l’humain n’est pas prêt à supporter. Il fit un temps de silence.  Il reprit quand le voyageur obscur lui posa des questions à partir de cet exemple. Là se trouvait un dilemme...fallait-il raisonner froidement, en scientifique, ou laisser libre cours à l’émotion qui le prenait ? Il soupesa les deux possibilités, et se dit qu’Arès était un solide gaillard, prêt à prendre des coups, même verbaux.



- Je ne vois pas en quoi ton histoire est liée à la guerre. Tu  étais dans la mafia, dans un règlement de comptes – au sens propre du terme. Sans vouloir t’offenser, j’essaie de dégager mes expériences de vie quand je réfléchis conceptuellement, et ton histoire, aussi puissante et sanglante soit-elle, n’a peu ou prou rien à voir avec le sujet dont on parle, même si je vois tout de même où tu veux en venir. Tu m’as sans doute mal compris : je pense que les dommages collatéraux existent et existeront, mais qu’ils sont évitables. Puisqu’ils sont évitables, nous pouvons travailler à les éviter. Maintenant, que certains combats soient concentrés sur eux, que des actions violentes n’y fassent aucunement attention, j’en suis parfaitement conscient, je dis justement que nous devons travailler dessus. Au-delà des images qu’on peut en voir, car nous avons tous pratiquement que des images de ça, nous pouvons la modifier en la remettant en question. Tu penses que rien n’a changé, alors que tu as le pouvoir de changer les choses. Tu dis que les gens ne changent pas, alors que le monde réel comme Dreamland évolue en permanence, et sans attendre les résignés de la vie...Et c’est justement parce qu’on peut changer les choses, et que je la regarde en face, la guerre, que je souhaite m’investir différemment dans Dreamland. Poser la première pierre. Distribuer d’autres plans à des gens qui penseront aussi, comme moi, que chacun à sa manière, on peut changer beaucoup de choses. Victor Hugo parlait des luttes et des rêves, et nous sommes en plein dedans.


Il fit un temps de silence. Le voyageur obscur le prenait pour un bisounours, et il savait depuis quelques temps maintenant que la parole devait être suivie d’actes forts, puissants, revendiqués, sans quoi les beaux parleurs ne méritent que le mépris. Il savait ce qu’il lui restait à faire, à proposer, et à mettre en lumière dans Dreamland.



- Oui, je peux réduire les dommages collatéraux à zéro, parce que mon pouvoir me le permet. Je ne suis pas un gentil garçon, ni même un idéaliste pacifique. J’ai en moi des formules cachées que je dois trouver au sein du Labyrinthe dans lequel je suis né à Dreamland. Une de ces formules, par exemple, te ferait disparaître dans la seconde, uniquement toi. Le zéro absolu. Tu me prends pour un idéaliste, mais je suis l’exemple type de ce que la guerre peut faire émerger : un monstre ou un acteur de la paix totale. Un tueur ou un sauveur. J’accepte la mort, j’accepte les dommages collatéraux. Cela n’empêche aucunement de travailler pour le monde…



Joy médita longuement. Le Seigneur Euclide lui avait parlé, au début, de la puissance de son pouvoir, et de l’utilisation des mathématiques. Les chiffres doivent aider à la cohésion sociale, disait-il, et le voyageur était d’accord avec ça. Mais il le savait depuis quelques temps, il le pressentait : les chiffres avaient d’autres buts, d’autres destinées. Il comprit, en discutant avec Arès, qu’il faudrait un jour, une nuit, après un énième combat, passer à la vitesse supérieure, et aller chercher les formules d’assassinat qui étaient planquées par Euclide dans ce fameux Labyrinthe. Avant ça, ses paroles n’auraient aucune valeur, et c’est ce que faisait remarquer Arès.



- J’ai compris ton message, l’ancien. Pas sur les dommages collatéraux, car nous sommes de deux espèces irréconciliables : celle qui voit le verre à moitié vide, et celle qui le voit à moitié plein. Ni sur la guerre, ni sur les gens, de facto. Non, mais quand j’aurais atteint ton niveau, quand la mort sera dans mes formules, à ce moment, nous nous combattrons, et nous nous dirons par nos pouvoirs nos arguments à ce moment là.


Il se leva en voyant sa petite sœur se réveiller. Ils en étaient au milieu de la nuit, elle irait rêver sûrement ailleurs dans Dreamland. Il tendit sa main à Arès, en souriant.



- Je dois te remercier, cette discussion m’a donné des idées, notamment sur le camp des arbitres de cette guerre, que je compte rassembler. On se retrouvera sûrement quelque part, sur un champ de bataille ou comme cette nuit, un coin tranquille et oublié par les affres de la bêtise des Rois. De toutes les espèces de salauds possibles.
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Ares
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Ven 3 Fév - 15:48

Il était sur de lui, conscient de sa condition d'idéaliste mais s'en plaisait, grand bien lui en fasse. Un poil décevant pour quelqu'un qui lui semblait un peu pragmatique, il faisait erreur, tout comme un tas d'autres types dans son genre, simplement en fait était-il un crâneur se prétendant capable de faire bouger les choses en disant cela alors qu'il n'était qu'un nom de plus le long de cette longue file d'incapables.

Il avait foi en l'humanité, en son caractère et en ses capacités. Une foi qu'Ares avait perdu il y a longtemps en se retrouvant au fond du trou, au pire de ce que l'humanité peut faire. Ce gamin était trop jeune, aussi bien à Dreamland comme dans la réalité pour voir la vérité en face. Un gosse choyé par ses parents vivant dans un confort évident et une réalité altéré par leur condition de vie. Un vrai petit prince incapable de comprendre que l'évolution du monde n'est pas une progression, ni une régression d'ailleurs, mais simplement une série d'avant et d'arrière que l'on ne peut arrêter.

« Ton raisonnement te parais peut-être clair et évident. Mais il est simplement stupide, tu mets de beaux côtes à côtes ? Sois-en fier, ils décrivent à quel point tu es dans l'erreur. »

Les discussions philosophiques étaient sans doute agréables, pourtant elles tournaient plus autour d'un choc entre deux opinions, ce gamin méritait bien le titre de rêveur, il voyait une différence entre irréalisable et à jamais irréalisé ? De jolis mots pour décrire une différence n'existant que dans les esprits les plus tordus. Quelque chose restant à jamais irréalisé est, par définition, irréalisable. Et quelque chose d'irréalisable sera à jamais irréalisé.

Il pense que le monde est dans le bon sens et que l'utopie est un but à poursuivre, un objectif. Quelle connerie, l'essence même d'un but est d'être réalisé, sinon rien ne sert de se battre pour, si l'on sait qu'il n'arrivera jamais. Ce gamin savait donc sa cause perdue et pourtant se battait pour. Folie ou courage ? Cela dépend du jour, aujourd'hui ce n'était rien de plus qu'une folie de plus pour les voyageurs.

Il regarde assez peu à la télévision mais y a vu des reportages ? Il se contredisait lui-même, s'emmelant les pinceaux devant cette réalité qu'il refusait d'avoir. Il classait Ares avec ceux qui disent simplement qu'il est inutile de lutter. C'est vrai, car ça l'est, il pensait que le progrès était ainsi impossible à trouver, il associait cela à une envie de ne pas faire bouger les choses, pensant que certains bâtiront alors le monde tandis que les cyniques n'auront que leurs yeux pour pleurer.

« Tu fais toujours preuve de la même vision gamine ici et là. Tu vois des images de villes rasées hier d'autres aujourd'hui et trouve les anciennes pires ? Pourquoi ? Car les choses ont changées ? Si les choses ne sont pas les même, ça ne signifie en rien qu'elles changent, simplement que la dimension est différente. Les guerres sont les mêmes, seuls les acteurs sont différents, jusqu'à ce que demain ceux d'hier reprenne la main. Les choses ne changeront pas parce qu'une bande d'idiots pensent pouvoir les faire changer. Plus que cela ne sert à rien de lutter... Je ne vois pas pourquoi lutter. Cela fait années que l'humanité se perd dans les mêmes conneries, c'est dans sa nature qu'elle refuse de voir. Un mort et les gens pleurent.Un mort et les civils veulent la fin de la guerre. C'est de là que vient simplement ton changement, la lâcheté de ceux soutenant la guerre, ils ont peurs de porter leurs idéaux jusque dans un conflit armé, car ils ont peur de ce qui en découlerait, car qu'importe hier ou aujourd'hui : c'est la même chose. Aussi bien à Dreamland que chez nous, la nature de ce que dieu a créé est de détruire et de tuer, quelques illuminés ne sont que des fous au milieu de la horde de tueurs qu'est l'humanité gamin. Tant mieux pour toi si tu peux penser ainsi au milieu de ton confort exemplaire, le jour ou tu verras la réalité entre deux hommes armés tu finiras bien par comprendre la différence. »

Ce gosse faisait preuve d'une vision tellement centrée sur son cas et sur ce que sa famille, ses amis et ses informations lui donnent que c'en était difficile de lui faire voir la réalité, si bien qu'Ares se décida à évoquer simplement son passé dans la mafia et ce qu'il avait fait et vu pour mettre les choses au clair avec ce gosse, sans réel espoir au fond que d'éveiller simplement en lui une vision moins bisounours des choses.

Il ne voyait pas le point commun avec la guerre, pauvre gamin. Il s'imaginait simplement qu'une guerre avait des règles. Il continua, affirmant toujours que les dommages collatéraux étaient évitables et qu'ils devraient être évités, qu'il fallait travailler cela, affirmant malgré tout opinion de rêveur, citant de nouveau un célèbre écrivain. Ares soupira, quelque peu dépité par la naïveté de ce petit être. Il le laissa finir avant de reprendre la parole calmement.

« Une guerre n'est pas un combat entre deux états petits, ni un endroit dans lequel deux armées s'affrontent dans les règles de l'art. Un combat est une lutte de tous les instants entre deux camps ne souhaitant que la mort de l'autre, utilisant toutes les ressources à disposition qu'importe le coup pour mener ce combat. Qu'importe ce qu'un vieux a dit il y a plus d'un siècle, ils n'ont pas raison parce que tout le monde le dit. »

Il affirmait pouvoir réduire les dommages à zéro car son pouvoir le lui permettait, affirmant qu'il pouvait toujours gagner avec son fameux zéro absolu, il se prenait pour un cas d'école ou n'importe quel autre exemple. Ares le laissa continuer sans rien dire, son pouvoir était puissant, surement, pour autant s'il estimait y avoir là un pouvoir surpuissant surclassant tous les autres il se trompait fortemment. Il y a une réalité bien connue à Dreamland.

Nul ne surpasse l'obscurité. Le pouvoir élémentaire du royaume obscur était le plus puissant des pouvoirs, Ares n'avait jamais eu de doute là-dessus et n'en avait toujours aucun, tant pis pour ceux s'imaginant pouvoir l'égaler. Le petit voyageur continua, affirmant que même s'ils ne s'accorderaient pas sur la question de point de vue ils se feraient face un jour, montrant leurs arguments à coups de pouvoirs. Un tel combat saurait se montrer intéressant et surtout dangereux, ce sera la preuve de montrer l'impact des dommages collatéraux, s'il voulait les éviter alors il perdrait.

Ares ne répondit pas tandis que Joy se levait et lui tendait sa main. Il donna une dernière phrase, affirmant qu'un jour ou l’autre ils se reverraient, en adversaire ou de nouveau en discutant comme cette nuit. Le voyageur obscur sera la main du jeune second de la ligue B avant de répondre.

« Loin d'un champ de bataille si tu veux toujours éviter les dommages collatéraux, mais je ne doute pas qu'un jour on se fera face dans un combat, ce jour là préoccupe toi de toi avant des dommages collatéraux, sinon je ne manquerais pas d'exploiter cette faille pour t'abattre. D'ici notre prochaine rencontre, si tu veux te hisser à mon niveau, utilise toutes les armes que tu peux, prends la tête de ta ligue, montre que le flambeau chez les baby est tenu par quelqu'un de capable, aussi naif soit-il. »


Ares fit signe aux deux fées de le suivre tandis qu'il s'éloignait calmement, il restait une bonne partie de la nuit à passer, donc autant tuer le temps en s'assurant qu'aucun espion de l'alliance ne soit dans le coin.
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Joy Killamanjiro
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MessageSujet: Re: Les ours ont la mémoire tendre [câlin Arès]   Ven 3 Fév - 21:12

Épilogue








La nuit suivante, le matheux se décidait. Il avait longuement parlé avec sa mère, ses frères, ses sœurs, Scarlet même qui donna son avis, et puis enfin son père, qui lui souhaita un courage qu’il n’aurait sans doute pas eu en tant que voyageur. L’air grave, le clan Killamanjiro avait approuvé sans effusion de joie pourtant le choix du deuxième fils. Joy allait proposer quelque chose de différent pour Dreamland, et son altercation verbale et polie avec Arès l’avait décidé. Il était temps de jouer des coudes et de montrer d’autres chemins possibles, parallèles et non dénués d’intérêts. Il était temps de placer un pavé dans la mare, aussi petit et insignifiant soit-il, aussi gamin ou utopiste, comme le disait Arès. Parce que c’était une nécessité. Sans quoi la guerre selon Arès, et ses avis dépressifs gagneraient et continueraient à alimenter la normalité lancée à chaque phrase. L’argument « c’est comme ça, pas comme ça, petit, je vais t’apprendre comment ça se passait...pardon, comment ça se passe » selon un vécu particulier, très peu pour lui. Il y avait différentes chapelles, différentes opinions, mais chacune valait qu’on se batte pour elle. Et si l’obscur savait comment armer la sienne, Joy lançait ses premières armes dans la mêlée.


Il apparût dans le royaume des journalistes, et alla voir directement un œil d’araignée typique des caméras qui se trouvent partout dans Dreamland, et qui relayent les informations au Dreamag et à tous les journalistes existants, créatures ou même voyageurs. Il se présenta bien sûr comme le numéro 2 de la ligue Baby, connu ou reconnu, c’était selon, depuis la Celestia, membre du Clan Killamanjiro et voyageur des mathématiques. Quitte à souffrir de sa réputation, autant s’en servir pour une fois. D’autres caméras-yeux apparurent autour pour confirmer l’information de la première, et des créatures furent envoyées à leurs tours pour prendre en notes les propos du mathématicien. Il n’en espérait pas moins, et glissa quelques pourliches pour être bien sûr que les informations seraient retransmises. L’affaire est trop importante pour être laissée à des marges d’erreurs insoupçonnées. Il écrivit la dernière ligne de son texte quand la première caméra montra des signes d’impatience, et lui mit un peu la pression pour qu’il se décide à agir, et qu’ils aillent, eux les journalistes, travailler ailleurs. Joy éclaircit sa voix, et d’une voix augmentée prononça son discours sans frémir.





Voyageurs, créatures de tous les royaumes, de toutes les ligues, de tous les horizons, de toutes les nations, groupes, natures, camps, Joy Killamanjiro vous parle. J’annonce à tous les paumés pris entre deux feux, les pacifiques, les bons vivants, les pragmatiques, les neutres-bons-non-alignés, les vétérans de guerres interminables, les inquiets du futur, les utopistes, les gens en grève, les voyageurs sans groupes, les pensifs réflexifs extensifs du savoir intensif, les créatures oubliées, les fatigués des luttes royales, les illuminés, les amoureux, les romantiques, les crèves-la-faim, les arbitres de tous les sports, les Poufsouffles et toutes les maisons de Poudlard, les hobbits et les chamanes, les bikers, les espèces en voie de disparition et les barmaids sans pourboires...J’annonce à tous ces gens, à toi l’inconnu perdu entre les zones que je compte, nous comptons surveiller attentivement cette guerre qui arrive en rugissant, par grondements terrifiants ! Nous sommes là pour apporter l’équilibre, pour surveiller le bon déroulement des opérations, pour gérer les blessés, les exodes, punir les tueries injustifiées et abattre les chiens enragés qui se déverseront sur vos villages et vos familles. Nous sommes l’équilibre, et nous venons remettre la balance de la Justice dans son droit chemin. Que chacun d’entre vous réfléchisse en âme et conscience à sa place durant cette guerre, et la conclusion sera simple : l’équilibre apportera la paix. Si vis pacem, para bellum.

Je vous attends. Il n’y aura pas de chef, de direction. Chacun d’entre vous, œuvrez comme vous l’entendez, ne faites rien dont vous pourriez rougir, et je vous le dis, artisans infatigables de l’équilibre, un jour, nous nous réunirons et notre camp aura le dernier mot. Celui des générations futures.

A vos armes, à vos cœurs, à vos espoirs, à vos luttes et vos rêves !
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